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points d'aurore : 682
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Âge : 24 ans.
Région d'origine : Kalos.
Orientation : Lunasexuel.
Métier : Médecin diagnosticien.
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Mendokusai
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  Mer 24 Jan - 23:46
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  Mer 24 Jan - 23:46

« Fais pas ton chieur, Sato. Je nous ai dégotés deux nanas splendides. L'une d'elle est une connaissance dans le domaine juridique, et elle m'a dit qu'elle allait amener avec elle une amie. On va s'amuser ensemble toi et moi, t'en as bien besoin pour te décoincer, hein ? Allez, j'dis vingt-et-une heure, d'accord ? »
« Mendokusai, arrête de me coller, Steiner. À force d'être tout le temps sur mon dos, les infirmières finissent par croire qu'on est gays et je pense que c'est pour ça que t'arrives pas à avoir un ticket avec elles. Et puis une sortie de ce genre, alors que t'es c- » m'interrompis-je un instant, avant d'enchaîner le sourire au coin des lèvres et la mine interrogatrice : « Et puis zut, tu as raison Steiner ! La vie est bien trop courte pour ne pas en profiter ! Alors ouais, on se dit ça. On va s'marrer, mon pote ! » fis-je, faussement enthousiaste.

Un banal échange entre moi, Yoichi Sato, médecin spécialiste en tout ce que les autres toubibs sont incapables de faire, et Dimitri Steiner, chirurgien de notre hôpital merdique à Élyséa. Un gars gentil, dans le fond, même s'il est un peu trop collant à mon goût. Et un peu trop queutard, à celui des femmes. Passer la soirée avec un mec lourdingue dans son genre était à la centième position des quatre-vingt-dix-neuf choses les plus chiantes à faire. Et encore, je me suis forcé pour ajouter les bénis dîners avec les beaux-parents et les enfants farceurs d'Halloween. De purs moments de bonheurs !

Trêve d'ironie, je me demandais surtout pourquoi un médecin comme lui, avec une bonne situation, une petite amie et des avantages non négligeables, irait se vautrer de la sorte. Je le voyais souvent en train de reluquer les nouvelles infirmières, tenter sa chance avec tout ce qui avait un "B". Pas en notes scolaires, mais plutôt en tour de poitrine. Je n'allais pas l'empêcher de faire son coureur de jupons, de un parce que ça ne me concernait pas et de deux parce que je me fichais pas mal des mst qu'il pouvait se choper. Ou refiler, à l'occasion. Je n'étais personne pour lui dire que ce qu'il faisait était mal, car après tout, le serment d'Hippocrate disait bien : « Quoi que je voie ou entende dans la société pendant, ou même hors de l'exercice de ma profession, je tairai ce qui n'a jamais besoin d'être divulgué, regardant la discrétion comme un devoir en pareil cas. », pas vrai ?

« Eh Steiner, file moi ton portable s'il te plait. J'dois passer un appel, et j'ai oublié le mien chez moi. » mentis-je allégrement.

Sitôt demandé, sitôt fait. Le brun me fila son appareil sans une once de suspicion, me permettant de débusquer l'information désirée avec facilité. Il n'était pas le type à être très discret sur sa vie privée, étalant avec une insolence rare ses "performances" personnelles et ses histoires diverses et variées. Sa petite amie, Alicia, travaillait pour une entreprise en tant qu'attachée de presse et il était logique qu'elle soit rarement à Élyséa. De là à ce qu'il court les plumards ... M'enfin, toujours est-il que sa présence me posait autant de problèmes qu'elle n'en résolvait, ce qui ne le rendait pas indispensable mais paradoxalement nécessaire lorsque j'en avais besoin. Il me prit pour confident, voire ami, dès mon premier jour de service ici il y a deux ans. Et depuis il a toujours tenté de me faire complice de tous ses plans foireux. Je n'y avais jamais accordé de suite parce que le gars avait une personnalité que je dépréciais, mais il savait me rendre service en m'emmenant au travail et me déposant chez moi, car « Ma voiture est toujours chez le garagiste. Ah, des semaines qu'ils me font poireauter, les voleurs ! Les filous du vingt-et-unième siècle les plus légaux qui soient ! » fulminai-je avec mensonge, pour ne pas payer l'essence. Disponible quand j'avais besoin d'un transport, de monnaie ou quand j'oubliais que je n'avais pas oublié de me faire un déjeuner pour piquer dans son assiette. Un garçon presque parfait, si son défaut ne résidait pas sous sa ceinture. Un abruti total avec les femmes mais, eh, je ne suis personne pour juger, hein !

« Docteur Sato, une patiente vous attend dans la salle d'examen numéro un. C'est le doyen de l'hôpital qui tient à ce que tous ses médecins terminent leurs heures de consultation aujourd'hui. Et ce, même s'ils doivent rentrer tard chez eux. » fit l'infirmière en me filant le dossier avec un contentement non dissimulé.

Mendokusai, moi qui me faisais une joie de rentrer chez moi à seize heures trente, me voilà obligé de subir les lubies d'un vieil administratif qui ne sait plus quoi faire de son autorité. Et après, ça s'étonne que les toubibs d'ici travaillent en étant désagréables ! Me voilà forcé de me diriger vers la salle où se trouvaient une septuagénaire, aux seins parfaitement siliconés, avec un jeune homme ayant la vingtaine, portant des lunettes de soleil. Étonnant, dans une pièce en intérieur alors qu'il n'y a pas vraiment de soleil à l'extérieur. Ouvrant le dossier, je me mis à consulter les symptômes de la dame : Douleurs dans le bas ventre, nausées, vertiges, sautes d'humeur et ... retard dans ses règles ? Curieusement, je les regardais tous les deux. L'homme ne semblait pas savoir ce dont souffrait la femme qu'il accompagnait, mais me fixait derrière ses verres fumés impénétrables. Je réfléchissais un instant, avant de prendre l'air ravi du médecin qui allait annoncer une bonne nouvelle :

« C'est prodigieux. On fait plus de dix ans de fac de médecine pour voir des cas pareils apparaître. C'est franchement merveilleux ! L'agénogénèse, ou la faculté de tomber enceinte même après avoir passé l'âge. Les symptômes que vous présentez pourraient être de banals symptômes de la vieillesse mais dans votre cas, les analyses que l'infirmière vous a fait faire tout à l'heure sont formels : Vous êtes enceinte, madame. Mazel tov ! » fis-je, la mine joyeuse.

Je me retins néanmoins de rire, à voir la réaction stupéfaite des deux personnes en face de moi. L'homme osa même retirer ses lunettes, dévoilant un strabisme que j'avais deviné. Un gigolo qui traîne avec une vieille pleine aux as, dommage que le défaut physique qu'il eut était bien visible - notamment pour lui -. Il n'y avait plus qu'à espérer que sa "dulcinée" ait une moins bonne vue que lui. Ou pas.

« C'est ... c'est super, docteur. Je suis comblé avec cette nouvelle, sincèrement. Je ... je dois sortir prendre l'air, je veux réaliser toute l'ampleur de cette nouvelle. » fit le conjoint, désabusé, en sortant de la pièce.

J'étais maintenant en face de la dame, qui n'avait soufflé mot depuis mon petit discours. Je rangeais mes affaires et me préparais à sortir, quand elle m'attrapa par le bras pour me retenir. Un instant durant, nos regards se croisèrent, et elle me lança, calmement :

« Je ne suis pas enceinte, docteur, n'est ce pas ? J'ai simulé ces symptômes et l'ai forcé à m'accompagner à l'hôpital parce que -. »
« Parce que vous êtes une idiote de croire qu'un jeune et fringant beau gosse comme lui pourrait vous aimer pour qui vous êtes ? Vous êtes tous les deux des hypocrites à chercher en l'autre le contraire de ce que vous montrez. Lui veut votre fric, et vous voulez vous persuader que vous êtes encore jeune. Vous êtes encore plus refaite que les contrefaçons de la Joconde et vous enorgueillissez de votre richesse. Vous vous êtes sûrement aperçue qu'il se tapait une de vos copines du club de tennis ou de mah-jong, et vous vouliez le garder pour vous toute seule, c'est bien ça ? Disons que je vous y ai aidée. Et la prochaine fois que vous voudrez un compagnon fidèle, faites comme vos comparses, et achetez-vous un chihuahua ! » fis-je, avec mon sarcasme habituel, espérant que cela ne me coûterait pas ma licence professionnelle ... Évidemment que je plaisante, je travaille au noir. Non, ça aussi était une plaisanterie. Décidément, je suis un sacré bout-en-train, pas vrai ?

Dix-huit heures, Steiner n'était plus à l'hôpital et je devais rentrer par mes propres moyens. Mendokusai, quand je pense à ce qui m'attend ce soir ... J'ai vraiment hâte d'y être, et je ne plaisante qu'à moitié. Trois quarts d'heure pour arriver chez moi, dans mon petit appartement à Élyséa. Suffisamment grand pour permettre à une personne de vivre dans le confort, pas assez pour ramener une équipe de call-girls déguisées en pom-pom girls, malheureusement ! J'allumais la télé, buvant un verre en zappant de façon désintéressée. En face de moi, sur la table, gisaient quelques cigarettes, à moitié écrasées dans le cendrier. On pouvait également distinguer un ou deux joints, que je ne fumais que lorsque j'étais frustré suite à un cas ou que j'étais particulièrement en colère. Parfois, la drogue avait un effet positif sur mes nerfs. Un livre de médecine, ouvert à la page vingt, décrivant les symptômes de la maladie de Wilson constituait ma lecture de la veille, avant que je ne m'effondre sur le canapé. C'était à ça que se résumaient mes soirées, à lire ou écrire, quelques fois regarder la télé avec les meilleurs tubes de Valentine Vallory en fond. J'avais prévu d'aller à son prochain concert, qui devrait se dérouler à Kalos. Ce serait cool, à l'occasion.

Quelques fois, la solitude me pesait. À force d'enfiler les verres de Scotch, je parvenais à l'oublier, mais elle revenait toujours plus tenace, plus présente. Un message vocal de ma mère sur le répondeur, qui demandait de mes nouvelles. Je lui répondis d'un laconique « Je vais bien maman, merci. » avant de retourner à mes pensées. Et les voilà à nouveau interrompues par une des chansons de Valentine, qui étaient la sonnerie de mes messages reçus sur portable cette fois-ci. "Gros Lourdaud" m'indique qu'il est arrivé. Le temps d'enfiler ma veste en cuir, de boutonner un peu ma chemise blanche et de changer mon jean, et me voici armé pour aller à la soirée tant souhaitée par mon collègue le chirurgien.

Le trajet se déroula comme tous les trajets en voiture avec Steiner. C'est-à-dire de la musique de mauvais goût trop forte, lui qui raconte une nouvelle fois des aventures dont la véracité reste à prouver et moi qui somnole car n'ayant pas eu assez de repos cette semaine. Je n'avais pas eu de "vrais" cas ces derniers temps, alors on m'a demandé d'aider les urgentistes. Enfin, "demandé" ... oui, on va dire ça comme ça. Je ne sais pas s'il y a des micros posés par là, qui pourraient me coûter mon job. Dans tous les cas, disons que je traverse une période mouvementée, professionnellement parlant, et changer d'air comme ça peut avoir un effet bénéfique.

Nous voici arrivés au luxueux Caesar. Établissement récent mais assez connu, fréquenté par une classe à laquelle je n'appartenais pas. Je tournais le regard vers Steiner, l'interrogeant de mes yeux. Le chirurgien avait compris ma crainte, mais me rassura instantanément :

« J'sais que t'es du genre proche de tes sous Sato, et t'en fais pas. J'vais m'assurer de tout te payer, sauf les putes parce que j'suis pas ton père, et aussi être galant avec les femmes. T'sais, elles aiment bien quand on leur paie plein de consommations, pour que la soirée soit plus folle plus tard. » fit-il, en m'adressant un clin d’œil complice.
« Sympa ... » répondis-je, avec ironie.

L'intérieur du bar, très cossu, avait son charme je devais l'avouer. Les tables n'étaient pas toutes occupées, mais c'était compréhensible. Vingt-et-une heure vingt, ce n'était pas encore l'heure des "habitués", je pense. Ou bien les prix pouvaient dissuader plus d'un de venir ici de façon répétée. Dans tous les cas, j'étais de plus en plus intéressé par le reste de la soirée, d'autant plus que Steiner m'indiqua rapidement la table à laquelle nous allions nous asseoir. Nos cavalières d'un temps étaient même en avance par rapport à nous : Une blonde, un peu plus grande que l'autre fille, aux cheveux courts et aux yeux bleus, semblait monopoliser la conversation tandis que son amie, une demoiselle aux cheveux écarlates à la grande beauté, l'air plus timide, écoutait poliment. Steiner me prit par le bras et m'emmena avec lui pour nous attabler avec elles, n'hésitant pas à les interrompre pour prendre la parole :

« Yoo les filles ça va ? Désolés du retard, vraiment, mais mon ami ici voulait se faire beau pour vous deux. Et quoi de neuf depuis le temps Nadia ? Tu es radieuse, franchement ton nouveau boulot doit t'aller. Ah, pardon j'suis un mufle, j'ai oublié de me présenter : Dimitri, chirurgien à l'hôpital Jean-Soin à Élyséa. Et voici mon ami Sato. Lui, j'sais pas en quoi il est spécialisé, mais c'est un balèze. Il arrive à soigner des gens de façon incroyable, même ses supérieurs le complimentent. Si c'est pas génial ça ? Et toi ma mignonne, tu fais quoi dans la vie ? Ah mais j'suis bête, je vais nous chercher des rafraîchissements, je reviens ! » fit-il, sans laisser à qui que ce soit l'opportunité d'en placer une.
« En fait c'est Yoichi ... » fis-je à l'intention des deux demoiselles, attendant que mon "ami" revienne. « Et je ne pense pas qu'on aura besoin de trop boire pour être dans le coaltar, vu que Dimitri est déjà bien saoulant. » ajoutai-je, avec moquerie, tout en jetant des coups d'yeux la jeune femme aux cheveux rouges, celle-ci m'intéressant bien plus que la fameuse "Nadia" qui paraissait être une amie à Steiner.

En parlant du loup, celui-ci se ramena avec quatre verres de mojito, ayant décidé qu'il ferait également serveur ce soir, en plus de chauffeur et d'animateur. Il nous servait tous avant de rapidement reprendre sa place et de monopoliser, à nouveau, la conversation :

« Alors, vous racontez quoi ? Eh Nadia, j'dois dire que ta copine est franchement canon ! » dit-il, sans la moindre pudeur.

Ah ! Cette soirée promettait d'être longue, mendokusai.
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  Jeu 25 Jan - 6:14
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  Jeu 25 Jan - 6:14

« Maître Cunanan est à la Cour aujourd’hui, il ne peut répondre à son portable… Non, je vous l’ai déjà dit… Non, je ne suis pas autorisée à fournir une opinion juridique… Oui, je sais que c’est important… Non, je sais…. Écoutez…. Écoutez monsieur, je peux vous mettre en contact avec l’un des collègues de Maître Cunanan qui sera en mesure de répondre à vos questions. Oui, il est très compétent. Un instant, je vous transfère. » *clic* « Maître Fontaine ? Un policier de la Ligue pour vous sur la ligne 2, il veut savoir si sa perquisition est légale et s’il peut procéder. Oui, c’est urgent… Merci. » *clic clic*

Je poussai un soupir en déposant le combiné. Ce travail allait finir par me faire pousser des cheveux blancs et il n’en valait même pas la peine. Comment un policier qui, justement, avait une urgence pouvait-il trouver cela pertinent de me faire répéter pendant 20 minutes que l’avocat qu’il désirait contacter était occupé et que je ne pouvais moi-même répondre à ses questions. Mais bon, c’était derrière moi à présent et je pu me pencher sur autre chose, replaçant une mèche écarlate derrière mon oreille. Plus qu’une demi-heure avant la fin de la journée de travail, c’était juste assez pour repasser sur les dossiers des avocats pour qui je travaillais et les leur préparer pour le lendemain matin. Ainsi, ils sauraient exactement sur quoi se lancer en arrivant au bureau et cela leur ferait gagner un temps précieux, et à moi aussi d’ailleurs. J’étais bien concentrée lorsque, soudainement, un craquement de chaise quelque part sur ma droite me fit serrer les dents. Sans doute ma collègue qui s’était replacée plus confortablement, rien de bien important.

J’avais déjà hâte de quitter le bureau. Je pourrais laisser Charmeleon sortir de sa Pokéball, lui qui détestait ça, puis aller faire quelques courses sur le chemin du retour. J’avais une folle envie de salade de fruits depuis le matin et c’était l’occasion rêvée de me faire plaisir. Je pourrais m’installer en pyjama sur le canapé et regarder pour la cinquième fois de la semaine une comédie musicale sur laquelle j’avais terriblement flashé. Je souriais d’impatience à l’idée de murmurer mes nouvelles chansons préférées en me prenant pour une reine du lycée pleine de sass pour essayer d’oublier comment ma vie était monotone et triste. Enfin, j’aurais bien aimé les chanter à pleine voix, mais la vérité est que je manquais de—

« Oh Lunaaaa ? »

Je sursautai. Derrière, un rire —un gloussement, vraiment—, s’éleva. Je me retournai, l’air sérieuse et un peu ennuyée. Nadia, ma collègue, avait fait rouler sa chaise jusqu’à moi. Jambes croisées, lime à ongles en main, son regard me détaillait de haut en bas pour une raison inconnue. Je me redressai sur ma chaise, appuyant le dos contre mon dossier sans la quitter du regard, attendant une explication.

« Ça va fait pas cette tête, on dirait que t’as un balai dans le… Ahem. Tu fais quelque chose ce soir ? Allez, dis non. S’teuh-plaaaaait ! »

« Je sais pas, je travaille là. T’as déjà fini tes trucs ? »

« Bah non, je finirai demain. » Mon regard se fit plus insistant, accusateur. Elle s’en défit néanmoins de vastes signes de la main, comme si Nadia était en train de chasser une mouche non-désirable. « Non mais c’est bon. Cunanan est pas rentré au bureau après le procès de ce matin, tu sais bien qu’il est rentré directement chez lui. Fontaine est occupé avec ton flic là et Calvary…. Oh oh… Tu savais que sa maîtresse appelle encore au bureau ? Je lui ai transféré y’a quoi, dix minutes ? Puis on s’barre bientôt de toute façon, y’a personne qui bosse jusqu’à la fin de l’heure. » Touché. Je détestais l’admettre, mais quelque part elle avait raison et, aussi droite que je sois, ça faisait définitivement un peu chier d’être la seule à bosser. De son côté, la blonde avait interprété mon silence comme une autorisation à continuer, toute contente d’avoir réussi à me faire baisser ma garde. « Alors, il y a ce mec tu vois, celui qui est médecin, tu te souviens ? Alors, il avait envie de remettre ça et bah, c’est un médecin, il est bourré de fric, et il m’a invité au Caeser, même qu’il paye les consommations. Le seul problème bah, c’est qu’il m’a demandé de ramener une copine que je pourrais lui présenter et lui il ramène un de ses potes pour moi, tu vois le deal ? »

« Non. » Petit moment de silence empreint de malaise. « Alors, le deal, c’est— » Je retournai ma chaise vers Nadia, un peu énervée cette fois. « Non. Ça ne m’intéresse pas. J’ai autres choses à faire que de… d’aller me frotter à… à des inconnus, dans une… » Une maison de débauche et de vices et de Giratina !! Ouais bon, j’avais bien envie de répondre ça, honnêtement, puisque ça n’aurait pas été trop loin du fond de ma pensée, mais j’avais quand même envie de me garder une petite gêne. « Oh allez ! Tu vas faire quoi ? Regarder la télé en bouffant du chocolat et en pleurant toute seule parce que même ton Pokémon t’aime pas ? Allez, ça te fera un peu de bien à ton ego d’aller pecho un peu. Surtout qu’avec ce physique… t’as plus de chances que moi là, faut que tu en profites ! » Je pinçai les lèvres. « Ouch. » Et elle était repartie, fière comme un paon. « Je passe te chercher vers vingt heures, on ira se faire une petite bouffe entre copines avant d’y aller ! » Et le mal était fait.

Fast forward à quelques heures plus tard. J’étais enfin chez moi. J’avais jeté mes pantalons sur le sofa et Charmeleon était allé s’installer dans un coin bien calmement. Moi ? J’étais dans la cuisine, penchée sur le comptoir, chassant mes cheveux de devant mon visage avec frustration alors que je menais le combat le plus épique de l’année. En effet, je bataillais avec mon ouvre-boîte qui tournait dans le vide et n’avait rien accompli, sinon charcuter le papier autour de la conserve dans laquelle se trouvait ma précieuse salade de fruits. « Meeeeeeerde !! J’en ai marre ! Cochonnerie de saloperie de arrrgggh ! » Découragée, je lançai l’ouvre-boîte sur la table, là où un *poc* bien fort me fit soudainement craindre d’avoir endommagé mon mobilier. Puis, comme si ça ne suffisait pas, l’objet était tombé sur le sol, dérangeant probablement du même coup mes voisins du dessous. Je poussai un énième soupir de désespoir, abandonnant l’objet de mon désir pour aller m’asseoir auprès de mon Charmeleon. Il releva à peine la tête vers moi, préférant faire semblant de m’ignorer pour ne pas m’encourager à le chouchouter. Pas ma faute si je ne pouvais me retenir de lui caresser le dos comme à un chat parce que la chaleur de sa peau était réconfortante. « T’es sûr que t’as pas de pouces opposables toi ? Non, mais je demande juste hein. »

Tout juste au moment où il me tournait le dos, mon portable commençait à sonner de son jingle habituel. I want to ride my Doduo all day~ Super, maintenant j’allais avoir la chanson en tête toute la soirée. N’ayant pas envie de me lever, j’allongeai ma jambe à son maximum pour coincer le bout de mon pantalon entre mes orteils et tirer vers moi. Plus qu’à y récupérer l’appareil et répondre à… Nadia. Merde. Il était presque vingt-heures et j’avais totalement oublié que— bon, d’accord, je n’avais pas oublié du tout, mais j’espérais bien qu’elle l’avait fait. « Je suis devant chez toi, dans la petite voiture mauve ! Dépêche j’ai faim !! » Et c’est ainsi que j’avais fini par ranger ma conserve dans l’armoire et que j’étais allée enfiler des vêtements pour sortir. Un pull sombre, une jupe rouge, des collants et de hautes bottes. Je m’étais aussi forcée à mettre un peu de mascara et du rouge à lèvres, ou plutôt rose à lèvres puisque c’est la teinte la plus sombre que je possédais, tout en sachant trop bien que je le regretterais toute la soirée durant.

Je revins au salon, me plantant devant Charmeleon en mode très awkward, comme si j’attendais son verdict. Bien sûr, le lézard n’était que peu impressionné, son poker face étant un signe retentissant de son indifférence. Une fois de plus, soupir de ma part. « D’accord, c’pas grave. Tu m’accompagnes au moins ? » Surpris, il n’avait toutefois pas attendu plus longtemps pour me tourner le dos et s’installer confortablement, comme prêt à s’endormir. Je croisai les bras, mécontente. « Bon, alors dans ce cas je m’en vais. Toute seule. Une fois la nuit tombée. Dans un endroit que je ne connais pas. Alors qu’il y a des terroristes et des révolutionnaires qui se cachent dans les ombres et attendent de frapper les jeunes et innocentes jeunes femmes rousses. » L’air grognon, Charmeleon regardait vers moi, par-dessus son épaule, et avait laissé échapper de la fumée de ses narines en guise de protestation. Et pourtant… le voilà qui se levait en traînant des pattes, trop protecteur pour me laisser y aller seule, quand bien même il aurait préféré ne pas être en ma compagnie. « Je savais bien que je pouvais compter sur toi ! Aller hop, dans la pokéball pour l’instant. »

Je quittai mon appartement, non sans avoir vérifié au moins trois fois que j’avais bien verrouillé, et me dirigeai vers la voiture de Nadia. Cette dernière baissa la musique lorsque j’entrai, déjà bien énergique et loin de son attitude morose du bureau. « Yo yo yo ! Qu’est-ce que tu portes ? T’as cru que t’allais à un brunch ou quoi ? Enlève-moi ces collants, on voit même pas ta peau au travers ! Puis attache tes cheveux, comme ça on va mieux voir que ton pull est trop serré à cause de tes gros— »

« Nadia ! » Répliquais-je, courroucée. La blonde sembla vexée, mais ne se laissa pas arrêter pour autant. « Aller hop, puis j’ai du maquillage dans ma sacoche, ça va pas là ton rouge à lèvre de petite fille. T’es une femme, on va s’arranger pour que ça se voit. Aller ferme la porte et laisse-moi faire, ils vont se battre pour te payer un verre. » Je fronçai les sourcils, sceptique. « Tu m’as pas dit que je devais rencontrer ton ami là ? » Elle ricana tout en fouillant dans sa trousse de maquillage. « Ouais, mais si tu le trouves moche tu en trouves un autre. On s’en fout de ça. » Bizarrement, je regrettais déjà mon choix d’avoir accepté de sortir de chez moi. Enfin, "accepté". Après ces ajustements à ma tenue, nous étions parties manger un morceau, comme convenu, puis direction le Caeser.

Bien sûr, nous étions arrivées les premières. C’est, bien sûr, Nadia qui avait choisi la table. Déjà, elle était partie dans un long monologue, me laissant à peine le temps d’en placer une. Je ne pouvais que rester là avec les yeux un peu vides, allant en son sens chaque fois qu’elle marquait une pause pour m’en laisser la chance. À ce rythme, j’avais presque hâte que l’autre duo fasse son entrée pour attirer son attention et me libérer de ce piège vil. Du moins, ça, c’est ce que je pensais avant qu’ils ne se présentent finalement. Le plus bavard des deux interrompit Nadia qui ne sembla pas du tout s’en formaliser, écoutant plutôt son ami avec malice, totalement dans le même délire que lui. Dimitri, un chirurgien. Eh bah. C’est pas comme ça que je les imaginais, mais bon, on m’avait souvent dit que j’avais trop d’espoir en autrui. Puis, sans transition, le voilà qui se permettait de m’appeler… sa mignonne… tout en me demandant ce que je faisais dans la vie. Je me raidis sur ma chaise, détournant le regard et esquissant un sourire fort nerveux. Du bout des doigts, j’étais allée toucher la Pokéball de Charmeleon, comme pour y trouver un peu de réconfort. Heureusement, il avait changé de sujet presque aussi rapidement, s’éclipsant pour aller chercher des breuvages. « Ha ha ha ! Toujours plein d’énergie ce Dimitri ! »

Plus retenu, l’autre individu que j’avais à peine eu l’occasion de remarquer vu l’entrée du premier, corrigea les présentations faites par son collègue. Il enchaîna d’ailleurs sur une blague, sans doute pour détendre l’atmosphère. Avec un peu de chance, lui était plutôt sur ma longueur d’ondes. En tout cas, niveau humour… Je dus me retenir de ricaner, mes épaules se relevant quelque peu alors que je tentais d’étouffer mon hilarité. J’étais bien contente de voir que je n’étais pas la seule à le penser. J’allais ouvrir la bouche pour y ajouter une remarque, pour le relancer, mais j’avais été devancée par Nadia. « Ha ha ha ha ha ! Oh, Yo-i-chi ! Tu es tellement drôle ! » Sans attendre de permission, voilà qu’elle avait changé de chaise pour se retrouver du même côté que le jeune homme aux cheveux argentés. Sans le moindre scrupule, la blonde s’était collée à lui, m’arrachant un « Erh » de dégoût que je lâchai tout en me détournant de la scène. Pourtant je la connaissais cette fille, elle était pas conne au fond, mais quand elle agissait comme ça je me posais des questions. Pour ne rien arranger, l’autre revenait tout juste, s’installant à mes côtés maintenant que la place était libre. Super.

Bien sûr, je n’adressai même pas un regard au breuvage qu’il venait de déposer devant moi. Étant novice dans ce genre de choses, j’ignorais ce que c’était, ce que ça contenait, et je ne faisais pas du tout confiance à ce Dimitri. Hors de question que je touche ce verre, même pas du bout des ongles. Puis merde, c’était quoi ces manières. Moi je suis canon ? Non, mais mec, je suis juste là, je t’entends. Pas l’occasion de faire la gueule néanmoins, Nadia essayait de pousser son propre agenda. « Au fait, Luna, tu lui as pas répondu ! Dimitri voulait savoir ce que tu fais dans la vie ! » Le sourire qui avait accompagné cette suggestion était trop malicieux pour que je me sente à l’aise de répondre à la question qui m’avait été posée. Malheureusement, tous les yeux étaient tournés vers moi, je ne pourrais donc pas y échapper. Je me tournai donc vers le chirurgien, me forçant à établir un contact visuel pour être un minimum polie et, surtout, le surveiller.

« Je suis secrétaire juridique, je travaille dans le même bureau que Nadia. Et dans mes temps libres… Je collectionne… des goodies de Weezing. J’ai une fixation sur ce Pokémon et j’aimerais bien en faire l’élevage plus t—Ouch ! » Je me tournai vers ma collègue qui venait tout juste de me donner un coup de pied sous la table et qui me faisait les gros yeux. Retrouvant néanmoins son sourire sans plus attendre, elle s’empressait de rectifier ma bourde avec enthousiasme. « Ce que Luna veut dire… c’est qu’elle adore les Pokémons ! Ha ha ! Elle a beaucoup d’amour à donnez voyez, même si elle est un peu timide, mais faut pas se laisser intimider ! Elle est juste tellement… elle aime s’occuper des autres ! Ouais, elle aime s’occuper des Pokémons, et pas que !! Ha ha ha ! »

Kill me please.
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  Ven 26 Jan - 22:25
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  Ven 26 Jan - 22:25

Mendokusai, j'étais tombé sur la version féminine de Steiner. Plus de poitrine, plus d’œstrogènes et plus de blabla. Nadia se montrait d'ailleurs toute aussi entreprenante que notre "ami" commun en venant prendre la place du chirurgien qui était, jusque là, assis à mes côtés pour poser sa tête sur mon épaule, exagérant ses réactions lorsque je faisais des remarques ou soulignant avec insistance mes dires. Agacé, moi qui n'aimais pas le contact rapproché forcé, je la repoussais sans vergogne, les mains sur son crâne, avant de lui balancer une cinglante réplique :

« Je suis allergique aux gâteaux. Et ta tronche de cake me donne des boutons. » fis-je, ennuyé par sa façon d'être bien trop factice à mes yeux.

Là où j'étais véritablement fort, c'était dans le décryptage des motivations de chacun. Il n'était pas nécessaire d'être un expert en psychologie humaine pour voir que la femme aux cheveux rouges, prénommée Luna, était venue contre son gré par ici. Son expression corporelle parlait pour elle, et il n'y avait guère besoin de la voir s'exprimer davantage pour saisir que les réactions du collant Steiner la mettaient mal à l'aise. Elle n'avait, cependant, pas le même aplomb que moi, préférant riposter avec politesse au lieu d'afficher une répartie mordante à son encontre, l'empêchant tout de même de se montrer trop intime avec elle. Il ne supportait pas l'alcool, cet abruti, et il en abusait constamment. Cela le rendait encore plus lourd que d'habitude, et qu'il ne compte pas sur moi pour que je le ramène à la maison, ce con ! Cependant, je lui mentais en disant que c'était moi qui le récupérais, ivre mort, et l'aidais à rentrer chez lui. Du coup, je me faisais payer des dîners gratuits de sa poche, en signe de reconnaissance car sa copine ne le voyait pas revenir saoul, tout en m'offrant divers services pour ma "sollicitude". Ah ! Qu'il est agréable d'être avenant et gentil envers son prochain. Et que c'est lucratif, surtout !

Si le ton de la blonde, trop fort pour être naturel, m'exaspérait, je trouvais néanmoins du réconfort dans la façon de faire de Luna. Petit brin de femme sorti de son élément, la secrétaire juridique proposa une description d'elle qui lui seyait à merveille. Elle devait cacher certaines choses, ou exacerber son penchant pour la collection. En général, ce sont des choses que l'on dissimule, qu'on a honte de révéler et elle le faisait, en gardant un air des plus neutres. Cela me fit esquisser un sourire, piquant au vif ma curiosité insatiable. Elle se revendiquait comme une amoureuse des Pokémons, me laissant rouler des yeux un court instant. Évidemment, tout le monde aime les Pokémons par ici, tout le monde veut faire dresseur et tout le monde aimerait explorer les différents pays en compagnie de leurs Pokémons ... Trêve de remarques sarcastiques, je risque de devenir bientôt plus salé que les factures de fringues de Valentine Vallory !

L'amie de Luna, elle, se lâchait à mesure qu'elle s'enfilait les verres d'alcool. Elle décrivait sa copine comme un mélange de boule d'amour en manque (d'amour, bien entendu) et d'une fille capable de se montrer plus entreprenante, pour peu que les conditions soient réunies. Cette jolie étiquette, vendeuse dans certains cas, ne paraissait pas êtree nécessaire pour Steiner qui avait en apparence jeté son dévolu sur elle. Celui-ci, se rapprochant de la Rouge avec une insistance gênante, même pour moi, prit un verre d'alcool avant de commencer à parler. Bien haut, bien fort, pour que tout le monde nous entende :

« Ce mec-là, c'est un génie ! » dit-il en pointant le doigt vers moi, m'étonnant au passage « Il a sauvé un ado en plein trouble dans sa vie, qui s'était enfilé un cocktail à base d'encre d'imprimante pour en finir, en le saoulant. Non non, pas en l'emmerdant, en le saoulant. Docteur Yoichi Sato a sauvé un gamin déprimé avec des shots de tequila. Et le pire ? C'est que c'était même pas pour déconner ! Alors ouais, on me reproche mon penchant un peu trop prononcé pour la boisson, mais moi, moi au moins, je suis pas aussi pété que ce type-là. En parlant de pété ... héhéhé, je crois que j'ai un coup dans l'nez.» commença à divaguer le brun, apparemment dominé par la quantité astronomique de breuvage ingurgitée. Il puait l'alcool et semblait avoir perdu le contrôle de lui-même. Je restais là en observateur, ne cherchant pas à intervenir pour ne pas être mêlé à ces histoires.

De son côté, Nadia n'avait pas abandonné l'espoir de me voir m'intéresser davantage à elle, celle-ci essayant d'adopter le comportement flegmatique de Luna. Il était normal qu'une personne taciturne et silencieuse attirât davantage l'attention qu'une autre bruyante et bavarde. On découvre déjà tout de quelqu'un qui accepte de s'ouvrir facilement, il n'y a dès lors plus de mystère, plus d'intérêt à la quête de la compréhension. La blonde n'avait aucun trait de caractère qui me plaisait, se laissant aller à des gestuelles, à un comportement qui ne l'honorait guère. Elle se forçait à être comme ça, elle voulait coûte que coûte se faire remarquer et c'était bien dommage pour elle. Je ne doute pas qu'elle puisse posséder d'autres qualités, qu'elle devait être en soi une personne charmante. Mais dans ce contexte-là, elle n'était ni plus ni moins qu'un boulet. Un boulet dont je devais me débarrasser, car le cumul avec Steiner rendait la soirée franchement pesante.

Quand on parle du loup.

« MAIS MOI ! » hurla Steiner, nous faisant légèrement sursauter et tourner les regards vers nous. Cela avait créé quelque malaise, obligeant même Nadia à se tenir à carreau. Celle-ci avait beau tenter de ramener l'ivrogne à nous, rien n'y fit. Steiner avait décidé de nous mettre la honte, et il allait sortir l'artillerie lourde : « JE SAUVE DES GENS EN LES OUVRANT. Oui, monsieur, madame, vous m'avez bien entendu. » fit-il, magistral, à l'attention de l'assistance. « Je ne veux pas rester un petit chirurgien de pacotille, nonononon» dit-il, en pointant le verre devant le nez de Luna, avant d'ajouter : « JE VEUX ÊTRE LE ROI DES PIRATES ! » lança Steiner avant de se faire rembarrer par un des serveurs, plutôt costaud, qui nous avertit.

« Si votre pote ne dessaoule pas tout de suite, je vous vire du bar. Avec une petite plainte pour emmerdement public. » fit le serveur, courroucé.
« Je ne sais vraiment pas si ça existe comme motif d'exclusion. Après, si vous pouviez nous apporter du miel, ça l'aiderait à se tenir à carreau. » répondis-je, avec un faux sourire de politesse.
« Y a intérêt. » me dit le serveur avant de me tourner le dos.

Le serveur revint rapidement, avec entre ses mains un petit pot de miel que je m'empressais de faire goûter au chirurgien. Cela l'aiderait, sans doute, à moins subir les effets néfastes de l'alcool. Steiner me surprit, néanmoins, en se mettant à sangloter. Celui-ci s'adressa d'abord à Nadia, lui posant une drôle de question :

« T'as un copain, Nadia ? »
« Euh, non ? Si j'en avais un, tu crois que j'aurais accepté cette soirée ? Après, à voir comment il me traite, peut-être que je ne suis assez bien pour personne, au fond ... » répondit la blonde, légèrement blasée.

Ce fameux il, c'était bien de moi qu'elle parlait, hein ? Son regard se tourna instantanément vers moi, lorsqu'elle avait utilisé ce mot. Mendokusai, la voilà qui commençait à montrer de la tristesse, de la mélancolie et à faire sa "le monde ne m'aime pas". Je ne savais pas comment réagir lors de pareilles situations, car d'habitude je fuyais les contacts humains comme la peste. Mais là, étrangement, j'étais coincé et je réfléchissais au moyen d'adopter une attitude adéquate sans trop trahir mes principes. Au moment où j'allais me résigner à poser ma main sur l'épaule de Nadia, Steiner m'interrompit brusquement avec ses pleurnicheries. Pour une fois qu'il me sauvait la mise en se plaignant.

« Et ben moi, si ! Et elle est géniale, et super douce, et parfaite, et gentille, et sexy ... Et regardez-moi, une loque, qui pue l'alcool et les clopes, qui essaie de coucher à droite et à gauche avec la première bonnasse qu'il rencontre. Et excuse-moi Luna, tu es vraiment sexy, et je t'échangerai n'importe quand contre ma copine ... Mais regardez-moii ! Je suis le pire. Le pire, tu entends Sato ? Même toi tu ne te marres plus, tu t'emmerdes et ça se voit ! Des fois, j'aimerais tellement être comme toi ... » me dit le brun, avant de pleurer sur l'épaule de la Rouge.

J'étais assez interloqué par les propos de Steiner. Que quelqu'un m'envie ma situation d'homme célibataire, malheureux et solitaire, était bien quelque chose que j'entendis pour la première fois. Un instant troublé par ses dires, je restais là, silencieux, à me repasser sa tirade en boucle dans ma tête. Il était donc, lui aussi, triste à ce point ? Il admettait ouvertement ses défauts, qu'il était un minable et qu'il aurait mieux été de passer une agréable soirée en compagnie de sa dulcinée plutôt que de venir dans ce bar avec un plan drague foireux. J'avais l'impression que je devais dire quelque chose pour désamorcer la situation, et l'idée me vint en regardant Steiner sangloter comme un enfant. Je me levai, allai relever le chirurgien pour lui offrir une posture plus digne, avant de lui lancer, la main sur l'épaule, le sourire réconfortant.

« Si tu veux rattraper le coup, t'auras qu'à me payer le resto pendant toute la semaine, Steiner. Vraiment, je te pardonnerais ton écart de ce soir. » lançai-je à mon comparse.
« T'es le meilleur pote qu'un type comme moi puisse avoir Sato. Merci ! » fit-il, apparemment encore embrumé par l'alcool. Après tout, tant mieux s'il prit ma proposition pour une tentative de réconciliation. Moi, tant que j'étais gagnant ...
« C'est normal. Les amis sont faits pour ça. Allez, viens avec moi, j't'emmène aux toilettes pour t'aider à décuver. Il faut qu'on finisse cette soirée mieux qu'on ne l'a commencée, tu ne crois pas ? » questionnai-je avec enthousiaste.

Voyant que les choses s'étaient calmées, je pris mon ami par dessus mon épaule pour l'aider à se relever, puis l'emmenai aux toilettes pour hommes. Je prévins les deux demoiselles que nous n'allions pas être longs, histoire de leur laisser le temps de se remettre de toute cette histoire. Aux portes des sanitaires, j'offris un billet conséquent au concierge pour qu'il s'occupât de mon ami, m'autorisant un retour express à notre table. Ainsi débarrassés du buveur lourdingue, je pus entamer une conversation plus calme avec Luna. Pour mieux la connaître, disons.

« Le concierge a offert de s'occuper de Steiner. Un vrai bon gars, ce travailleur. Sinon, Luna, j'ai remarqué que votre accent n'était pas commun. À Kalos on ne parle pas comme ça, et je sais que les régions de Kantô, Johto, Hoenn et Sinnoh ont un dialecte plus ou moins commun, qui diffère du vôtre. Alors racontez-moi tout. Vous vous plaisez bien ici ? » demandai-je, le sourire aux lèvres.
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  Sam 27 Jan - 2:06
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  Sam 27 Jan - 2:06

Mon malaise continuait de s’accentuer alors que Steiner semblait décidé dur comme fer à monopoliser mon attention. Se rapprochant de moi malgré mes regards légèrement dégoûtés, il s’empressait de nous raconter les prouesses médicales de son confrère qui, malheureusement pour ce dernier, étaient amoindries par l’haleine d’alcool qui flottait en ma direction. Le dégoût étendu sur tout mon visage, seul un sourire crispé demeurait de ma politesse excessive et de mon envie profonde de ne pas me démarquer en le jetant en bas de sa chaise pour l’éloigner violemment de moi. Mon seul réconfort résidait dans le fait que, à ma ceinture, la pokéball de Charmeleon attendait sagement d’être ouverte en cas de besoin pour remettre ce saoulons à sa place à coups de casse-brique. Ouaip, son ego en bénéficierait. Le voilà qui parlait de ses propres prouesses, scandant qu’il sauvait des vies en ouvrant ses patients.

« Il sauverait encore plus de monde en la fermant… » Maugréais-je pour moi-même au travers de son discours égocentrique. Heureusement, ma petite remarque passa inaperçu. Maintenant qu’il attirait l’attention des autres tables vers nous, même Nadia était trop occupée à essayer de le calmer pour me faire les gros yeux. Je sursautai lorsqu’il brandit son verre en ma direction, ce qui me fit me braquer encore plus, si c’était seulement possible. Au final, je choisis de simplement regarder dans une autre direction, le menton dans la paume de la main, déterminée à tout bonnement l’ignorer et laisser les autres le gérer. Peut-être que, si je l’ignorais avec assez d’application, il allait même disparaître totalement et cesser de chercher à attirer mon attention. C’est ce qu’on dit aux enfants qui se font intimider : ignore-les et ils vont bien finir par en avoir marre. Arceus soit béni, un serveur venait enfin nous avertir. J’étais à deux doigts de le supplier de m’amener en cuisine avec lui. Quoi que bon, je ne savais même pas bien faire la vaisselle alors… Mouais.

Voilà que son collègue à la chevelure d’ivoire avait fait commander du miel. Était-ce supposé aider ? Ce n’était pas moi le médecin, je n’en avais donc aucune idée et, en vérité, ne me sentait pas très concernée. Enfin, ça c’était jusqu’à ce que Dimitri commence à larmoyer, franchissant un nouveau cap et montant de niveau dans l’arbre de compétences des chieurs de première. Même Nadia s’était mise à l’encourager, elle-même de mauvaise humeur à cause du déroulement de la soirée. Révélation choc de l’heure : cet enfoiré assis à côté de moi avait une copine. Qu’est-ce qu’il ne fallait pas entendre… Bah la suite, visiblement. Le voilà qui recommençait, parlant de moi sans le moindre respect avant d’avoir le culot de s’appuyer sur mon épaule. Ma réaction fut instantanée et le grincement des pattes de ma chaise fit tourner une ou deux têtes des tables voisines qui suivaient les rebondissements de notre soirée tel un feuilleton. Sans ménagement, j’adressai un coup de coude dans sa direction générale pour le forcer à s’éloigner de moi, le surplombant d’un regard méprisant, le visage couvert de dédain.

« Don’t you dare touch me. »

Et j’avais tourné les talons sans plus de cérémonie, me dirigeant vers les toilettes des femmes pour aller m’y enfermer. Je pouvais sentir mon cœur pulser dans mes tempes et, à ma ceinture, la pokéball de Charmeleon s’agitait fortement. Sans doute avait-il senti mon changement soudain d’attitude. S’il était indépendant et distant, mon lézard de feu n’était pas moins combatif. C’est un trait que je lui avais découvert un peu par hasard, sans nécessairement savoir quoi faire pour le combler. Ou sans avoir vraiment essayé même, mais qu’importe. Je poussai la porte de la salle de bain et ne m’arrêtai que face au comptoir, paumes appuyées contre celui-ci. La tête basse, je n’osais même pas relever les yeux pour croiser mon reflet. Je devais d’abord me calmer, laisser ma respiration se stabiliser et retrouver un semblant de repères.

Retrouvant graduellement mon calme, je fis quelques pas dans la pièce où j’étais visiblement seule. Ouf. Si une part de moi regrettait cet éclat, tout le reste était bien heureux d’être parti. D’ailleurs, c’est bien ce que je comptais faire. Je retournerais à notre table et je leur annoncerais mon départ. Je leur dirais que ça avait été une soirée agréable, un mensonge éhonté, mais nécessaire selon la politesse. Puis je partirais, toute seule, en m’accompagnant seulement de mon Charmeleon. Espérons qu’à cette heure les transports en commun soient encore ouverts. Mon regard sombre croisa finalement la glace, y découvrant un visage rougi et des sourcils froncés. Je respirai un grand coup, libérant ma longue crinière écarlate de la queue de cheval faite par Nadia plus tôt. Comme il me faisait du bien de sentir le poids de mes cheveux sur mes épaules et dans mon dos, ça avait quelque chose de rassurant. À présent parée, je quittai la pièce avec toute la dignité que je pouvais me trouver. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, à mon retour, je vis le duo de médecins s’éclipser à leur tour. Autant dire que nous ne fîmes que nous croiser. Allais-je m’en plaindre ? Certainement pas.

Je m’assis face à Nadia qui avait l’air franchement désespérée et un peu pathétique. Loin de la jeune professionnelle confiante qui gloussait plus tôt en évoquant la maîtresse de maître Calvary. « Nadia, je m’en vais. Tu pourras t’excuser pour moi ? C’était une agréable soirée, mais je dois vraiment rentrer. » La blonde tourna vers moi de grands yeux. J’avais dit un truc qu’il ne fallait pas ? Visiblement que oui puisqu’elle pointait à présent son index vers moi avec accusation, comme si elle en avait gros sur le cœur et que j’étais sur le point d’apprendre très exactement quoi. « Oh que non, Luna Highwind ! Tu restes avec moi et tu m’aides à réparer ce merdier ! J’en ai marre—Je ! Je suis à deux doigts de craquer ! Dimitri se comporte comme le pire des cons et—Et Yo-i-chi ne me regarde même pas. Il s’en fiche totalement ! Il a passé la soirée à te dévisager, je suis pas une cruche non plus ! J’en ai marre de me faire rejeter tout le temps, c’est la dernière fois ! Pourquoi il faut toujours que ça tombe pas sur moi hein ??! »

Je regardai à gauche et à droite, soudainement extrêmement gênée. À une table un peu plus loin, un trio de filles riaient entre elles, jetant parfois des coups d’œil en notre direction. Je déglutis, n’aimant pas du tout la situation dans laquelle nous nous étions embourbées. M’humectant les lèvres d’un peu de salive, je tentai de retrouver mon calme et posai ma main sur la sienne en guise de réconfort. « Ne dit pas ça voyons. Tu es une très belle jeune femme. Allez, relève la tête. Tu es magnifique et je suis certaine que ce Yoichi n’attend que de pouvoir être avec toi. Il doit être timide, c’est tout. » Nadia me regardait avec un air ému, mais toujours incertaine. « Tu dis n’importe quoi… » Une tactique que je connaissais par cœur, pour l’avoir employé à plusieurs reprises moi-même, sans nécessairement parvenir à de bons résultats. « Mais non, je le pense vraiment. Tu es… euhm… très séduisante. Et euhm… tu vas voir. Quand Yoichi va revenir, il va s’intéresser à toi maintenant qu’on n’a plus Dimitri dans les pattes. Tiens, je crois que c’est lui justement. »

Nous nous retournâmes à l’unisson pour regarder le jeune homme parcourir les derniers mètres pour rejoindre la table. Je ne pus m’empêcher de le fixer intensément, comme si j’essayais mentalement de l’implorer de s’intéresser à la blonde. Pourvu qu’il se tourne vers elle et que j’ai l’excuse parfaite pour rentrer chez moi maintenant que mon rencard était officiellement un infidèle totalement ivre. Et… verdict ? Sinon, Luna, j'ai remarqué que votre accent n'était pas commun. Je déglutis en esquissant un sourire nerveux alors qu’il terminait de formuler sa question. « Ah… vous avez l’oreille fine… pour remarquer ça malgré tout le bruit. » Je ne pouvais toutefois pas y échapper plus longtemps. Me tournant en direction de Nadia, je pu admirer son air totalement démoli, me fixant avec de grands yeux l’air de dire : je le savais. Ou peut-être était-ce plutôt : sorcière, traîtresse, tu m’as menti ! Un des deux, je n’en suis pas totalement certaine.

« Nadia… »  Trop tard, la voilà qui se levait en grandes pompes, marchant en direction de la sortie avec le nez bien en l’air. Je poussai un soupir, me frottant les yeux de la main avant de finalement reporter mon attention vers Yoichi qui devait être, ma foi, assez confus. « Elle est juste… vexée. » Je marquai une pause, cherchant ce que j’allais bien pouvoir lui dire. Seuls, tous les deux, à une table pour quatre. Malaise. « C’est vrai, je ne suis pas d’ici et… Je suis désolée, je peux pas. Je ne recherche pas… ce genre de choses. Je ne devrais même pas être ici. Je devrais être chez moi, devant la télé, en train d'engueuler mon ouvre-boîte et de... » Abrège, Luna, il n'a pas besoin de savoir les détails ou les tribulations de ta conserve de salade de fruits. « Je préfère ne pas vous faire perdre votre temps puisque nous ne sommes décidément pas ici pour les mêmes motifs, donc voilà. Je vous souhaite une bonne fin de soirée. » Sur ce, je me relevai, me préparant à ramasser mes affaires pour me diriger vers la sortie. J’avais besoin d’aller prendre de l’air frais, de passer le pas de la porte et de quitter tous ces regards désagréables. Je voulais partir, m’éloigner, respirer et sentir la brise dans ma chevelure. Une chose était certaine : hors de question que j’accepte d’accompagner Nadia une seule autre fois.
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  Sam 3 Fév - 20:33
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  Sam 3 Fév - 20:33

Alors que je m'étais mis en tête d'essayer de développer un contact avec Luna, celle-ci se montra plutôt réticente à l'idée de s'ouvrir à moi. Un moment interloqué, je pris sur moi pour ne rien montrer de mon sentiment, laissant les choses se dérouler comme elles devaient le faire. Si le départ de l'amie à Steiner ne m'émeut pas le moins du monde, la décision de son acolyte aux cheveux écarlates me rendit curieux. Le fait qu'elle ne voulait pas trop en dévoiler sur elle, après une question sur ses origines, rendait l'équation intéressante à résoudre, vivifiant mon intérêt pour elle.

Un ouvre-boîtes ? J'avais beau me creuser la tête, rien n'y fit. Croyant au départ à une métaphore sexuelle, je retins un rire avant d'analyser brièvement le reste de sa phrase. Précisant qu'elle devait être chez elle, à mener une vie de célibataire endurcie et à faire ce que toute personne active, mais seule, ferait, Luna distillait ça et là des indices sur sa personne. Elle le faisait sans doute inconsciemment, elle qui parlait et se comportait de façon mature et digne. Elle me souligna clairement que nous n'étions pas ici pour les mêmes motifs, ce qui serait certainement correct, mais j'avais deviné que nous étions ici en ayant suivi le même procédé : Suivre un ou une amie casse-cou. Résultat des courses : Une soirée plutôt gâchée, la faute à nos camarades exubérants.

Je n'attendais pas longtemps pour me lever, laissant Steiner se débrouiller dans les toilettes afin de rattraper rapidement Luna. Si pour Nadia, le glas de fin était sonné, je voulais néanmoins faire comprendre mes intentions à la jeune femme rousse, et essayer de sauver ce qui restait de ce fiasco nocturne. Celle-ci était dehors, me laissant l'aborder avec douceur et délicatesse. Pour ne pas l'effrayer, je me mis à lui répondre de ses mots de tantôt, avec un ton plutôt détendu :

« Vous savez, ce n'est pas parce que j'avais l'oreille fine que j'avais remarqué votre accent, mais plutôt parce que j'étais inté- » fus-je brutalement interrompu par une tornade. La tornade Alicia, qu'elle s'appelait.

Non, ce n'était pas une catastrophe naturelle, quoiqu'à bien y réfléchir  ... Enfin, elle n'a jamais été recensée par les météorologues, même si à mon sens il serait utile pour les autres Kalosiens d'avoir vent de cela. En réalité, je ne souhaiterais pas, même à mon pire ennemi, d'avoir Alicia Whitaker en petite amie. Une femme hystérique, autoritaire, qui malmène ce pauvre Steiner et le mène à la baguette ... Parfait pour lui, quelque part. Un homme aussi dissipé que mon collègue avait besoin de ce genre de mégères pour le remettre sur le droit chemin, bien qu'elle soit exécrable pour la plupart des humains normaux.

« SATO ! » hurla la sorcière, me faisant sursauter. « Tu m'as envoyé un message pour me dire que Dimitri et toi alliez passer la soirée ici, dois-je en conclure que vous êtes venus pour choper de la morue ? Et il est où, ce salaud de Dimitri ? RÉPOND ! » ne baissa pas d'un ton la femme aux cheveux châtains, tirant des conclusions hâtives et dénuées de sens.

Pour le coup, je pouvais la comprendre. Elle devait sans douter suspecter la vie de débauché que menait son compagnon, lui qui avait un passé peu reluisant. Chassez le naturel, il revient au galop, pas vrai ? Surtout si la jument est longtemps absente de l'écurie, m'enfin bon ... Alicia, quant à elle, était une femme de principes. Ayant reçu une éducation stricte, rigoureuse, elle grandit en croyant fermement au prince charmant, sans pour autant négliger son apparence. Distinguée et toujours bien portante, elle n'admettait aucune faiblesse et ne savait pas se détendre, rendant les interactions avec elle difficiles. Pas dupe pour un sou, elle remarquait quelques fois mes combines, visant à manipuler son copain, me forçant à me montrer plus subtil, plus malin dans mes agissements. Notre relation n'était donc pas ce qu'on pourrait appeler un lien de franche camaraderie, bien que j'admette volontiers que j'aurais pu mieux m'entendre avec elle qu'avec Steiner. Les moments de rigolade en moins, le sexe en plus.

Car oui, Alicia Whitaker était une belle femme, à n'en point douter. Étonnant, d'ailleurs, qu'elle ne soit pas du genre à utiliser son physique pour attirer les clients dans son travail. Plutôt grande, aux longues jambes et aux formes à peine visibles sous les amples accoutrements qu'elle portait, son caractère de chien constituait la principale couille de l'ensemble. Tout allait toujours à l'excès avec elle, et lorsqu'elle voulait modérer les choses, elle le faisait avec un tact quasi-inexistant. C'était elle qui me poussait à plaindre son petit-ami, me laissant lui tenir compagnie quelques fois.

« Il est à l'intérieur, en train de dessaouler. » lançai-je, avant de me rattraper rapidement, au vu du regard embrasé que la demoiselle me jetait. « Il m'a dit que c'était la dernière fois qu'il passerait une soirée au bar, parce qu'il comptait se ranger, et te demander en mariage. » finis-je, les yeux assurés.

Je pouvais voir, à l'expression d'Alicia, qu'elle était profondément bouleversée par la nouvelle. Exprimant un hallelujah ! qui me surprit, tant l’enthousiasme de la jeune femme était visible, elle qui s'efforçait d'être plus impassible qu'il n'était permis. Elle me serra contre elle avant d'entrer dans l'établissement, un pas derrière l'autre, comme une petite fille qui faisait des galops. Un sourire de surprise me fut arraché à la vision de cette scène, inhabituelle au possible, avant de me retourner vers Luna, pour finir mon propos. Celle-ci devait nous prendre pour des fous, à nous voir ainsi réagir :

« Ce ... ce ne sont pas vraiment mes amis ... » tentai-je de me dédouaner, au début. «  Si vous voulez, on peut aller ailleurs, pour changer de cadre. Je ne sais pas, boire un verre ... ou utiliser un ouvre-boîte pour une conserve. » fis-je, plus doux.
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  Sam 3 Fév - 21:36
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  Sam 3 Fév - 21:36

Je m’arrêtai quelques pas plus loin, ayant besoin de prendre une pause pour reprendre mes esprits. À côté de tout le bruit qui se trouvait à l’intérieur de l’établissement, le bourdonnement lointain de la ville était paisible. Je frissonnai, mais cela me fit du bien. Enfouissant les mains dans les poches, le menton dans mon manteau, je fermai les yeux pour m’isoler brièvement du reste du monde, laissant ma frange cacher mon visage. Je ne remarquai pas immédiatement le bruit de la porte derrière moi, ne me retournant que lorsqu’une voix s’éleva plus doucement. Je regardai d’abord par-dessus mon épaule avant de finalement lui faire face. Maintenant que nous nous tenions ainsi, il était plus facile de remarquer l’écart de grandeur entre lui et moi. Mieux encore, il m’était plus aisé d’entendre sa voix, d’en profiter, presque. Certes le soir faisait en sorte qu’il y avait ici moins d’éclairage qu’en intérieur, mais cela ajoutait à l’intimité de la scène. Était-ce étrange de me sentir seule avec lui maintenant que nous étions dehors alors que, à l’intérieur, j’avais l’impression d’étouffer ?

Me vouvoyant, il tentait de m’expliquer sa démarche de plus tôt, demeurant à une distance respectable, sans élever la voix. Aurait-il compris ce que son collègue avait tout bonnement ignoré ? Il semblerait bien, en tout cas, puisque rien de ce qu’il fit ne me donna envie de prendre la fuite. Au contraire, ce respect de mes barrières me donnait envie de me rapprocher d’un pas pour mieux l’écouter, pour comprendre ce qu’il avait à me dire. Selon ses dires, il n’avait pas l’oreille fine, il était simplement inté—

Je sursautai lorsque la nouvelle venue l’interrompit de sa voix forte. Reculant d’un ou deux pas, je me décalai et demeurai silencieuse pendant que la femme, qui semblait connaître Yoichi, lui demandait des comptes. Pas besoin d’être une lumière pour comprendre qu’elle était la fameuse copine de mon rencard infidèle. J’espérais simplement qu’elle ne me remarque pas, surtout lorsqu’elle parla de morue et qu’une hilarité intense se saisit de moi. Je pouffai de rire, plaquant ma main devant ma bouche pour espérer étouffer le moindre son. Le médecin aux cheveux d’ivoire, néanmoins, semblait tout à fait familier avec ce petit numéro. C’est avec la même attitude calme, toujours en contrôle, qu’il lui répondit. En même temps je suppose que l’inverse aurait été surprenant, il fallait des nerfs d’acier dans sa profession. Trop clément envers son ami, pour mon goût en tout cas, il peignit un portrait de la situation qui sembla convenir à la dame. C’était ironique de la voir aussi autoritaire et rigide, mais tout de même se plier au traitement exécrable que lui réservait son copain. Amour ou manque d’estime de soi qu’elle compensait en jouant aux mégères ? Difficile à dire sans être à sa place et, vu ma solitude profonde, je pense que je préférais ne pas l’être, de peur de finir comme elle.

Toujours est-il que l’inconnue repartait avec une démarche toute enjouée, complice de son malheur. Enfin, peut-être étais-je celle qui était trop critique. Je ne connaissais guère ces gens, après tout, mais ma première impression était faite. Perdue dans mes pensées, j’étais prête à tourner les talons, oubliant que ma présence était encore requise. Yoichi s’était retourné vers moi et, après un court moment de silence, tint à me faire savoir que ces individus n’étaient pas ses amis. Si une part de moi avait envie de le condamner pour la façon dont il se défilait, je ne le pouvais pas pour la simple et unique raison que ce serait me nuire également. « Oh, je comprends. Nadia non plus n’est pas… C’est juste une collègue. » M’empressais-je de rajouter pour aller en son sens, achevant bien de marquer la séparation entre nous, ceux qui avions été forcés de venir et eux, qui en avaient fait un mode de vie. Comme si nous n’avions pas été interrompus, le voilà qui retrouvait son ton plus doux, comme s’il tentait d’amadouer un Pokémon sauvage. Il me proposa d’aller boire un verre, de changer de cadre ou, même, d’utiliser un ouvre-boîte. Bizarrement, ce fut la formule magique. Voilà que je faisais deux pas en sa direction, nous positionnant comme deux amis qui parlaient confortablement alors que mes joues étaient passées au rouge et que, paniquée, je tentais de me justifier.

« Non, mais c’est parce que… En fait… Mais c’est que… L’ouvre-boîte… » Honteuse, je cherchais son regard pour montrer que j’étais sérieuse, pour espérer rétablir mon image. « C’est juste que… » Et voilà, à mon tour de rebaisser la voix, de parler plus doucement. Mon regard se faisait fuyant de nouveau, mais je n’avais pas reculé pour autant. Comme quoi les choses les plus incongrues sont parfois les plus importantes. « J’ai passé la soirée à essayer de manger de la salade de fruit, mais je n’ai pas réussi à en ouvrir la conserve… C’est ridicule, je suis désolée, je ne sais même pas pourquoi je raconte ça. Vous devez me trouver… incroyablement bizarre. » Les bras croisés, je poussai une grande expiration pour me donner un peu de courage avant de finalement recroiser son regard. « Je n’aime pas l’alcool et je ne couche jamais le premier soir, ni même le second ou le troisième. C'est même fort possible que je ne couche pas du tout. J’aime les gens capables de tenir une conversation intéressante et je suis capable de manger la moitié d’une pizza à moi toute seule, même que je pourrais sans doute le faire là maintenant. Vous voulez toujours qu’on aille ailleurs ? » Parfois je devrais m’enregistrer et me réécouter pour réaliser toutes les conneries que je peux sortir à la minute.
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  Sam 3 Fév - 22:20
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  Sam 3 Fév - 22:20

Le contraste entre la Luna du bar, et celle de ces récents instants était saisissant. Tellement, que je dus me concentrer pleinement, deux ou trois fois, pour comprendre que ce qui m'arrivait là était bien réel. Elle avait tout de la demoiselle désirable, celle qui attirait les regards, éveillait les sens et animait les pensées les plus folles. À son coup de hanche, les hommes se retournaient, les femmes aussi, mais pas pour les mêmes raisons. Les uns la regardaient avec les yeux brillants, cachant en eux un obscur sentiment de désir, d'amour, d'intensité, tandis que les autres la foudroyaient du regard. Jalouses, envieuses de ce corps vénusien. Aphrodite avait décidé d'exister au travers de ce petit brin de femme de vingt-trois ans, pour le bonheur des uns, et le malheur des autres.

L'hypocrisie m'aurait foudroyé si je refusais d'admettre que c'est ce qui m'attira chez elle, en premier lieu. Fascinante était l'opposition entre cette apparence parfaite, aux courbes voluptueuses, sculptées par la main d'Arceus lui-même, et ce tempérament timide, enfantin presque. Superficielle, elle l'est, mais n'était-ce là pas le propre de toutes les femmes ? Coquette, soigneuse, imbue de son apparence, Luna me regardait avec des yeux emplis de malice, souhaitant me percer à jour sans se l'avouer. Entreprenante sans jamais dépasser la limite, elle me tendait des appâts pour me capturer dans ses filets. Ses iris transpiraient l'intelligence, l'ingéniosité, mais laissaient également parfois filtrer une certaine sensibilité, qu'elle aimait à cacher. Une petite fille dans un corps de femme, et quelle femme ! Voici le résumé de ce début de soirée partagé avec cette belle secrétaire juridique.

De ces conclusions, je ne m'étonnais guère de déduire que la jeune fonctionnaire n'aimait pas les sorties de ce genre, où on pouvait la regarder, parfois avec insistance. Je me rappelais des coups d'yeux de son amie Nadia, qui avait visiblement insisté pour qu'elle l'accompagne. À regrets, la blonde avait très vite compris qu'elle ne faisait pas le poids face à son amie, finissant par se montrer outrée dès lors que Luna ouvrit la bouche pour parler d'elle, l'interrompant sans manières. Un ancien ami à moi, venant d'un pays où on ne connaissait pas les Pokémons, avait la formule idéale pour exprimer ce sentiment. Nadia avait, pour sa comparse, les yeux de Jésus et le regard de Judas.

L'histoire de l'ouvre-boîtes - similaire aux écharpes rouges dans les romans à l'eau de rose - revenait encore sur le tapis. Cette fois, néanmoins, elle apporta la suite des évènements, me permettant de tout comprendre avec clarté. Simple petite mésaventure, qui collaient bien à son personnage. En se rapprochant de moi, je m'aperçus que je la dépassais d'une vingtaine de centimètres, environ, et qu'elle était bien plus courte sur pattes que je ne l'aurais cru. Un petit sourire alla s'installer au coin de mes lèvres, la trouvant bien plus mignonne que je ne l'aurais cru. Mendokusai, Yoichi, réveille-toi ! Si tu ne lui réponds pas, elle risque de penser que tu te moques d'elle !

Heureusement, mon salut vint d'elle, une nouvelle fois. La langue déliée, Luna me parlait de ce qui semblait être une suite de règles à respecter en cas de rendez-vous avec elle. Si moi je n'étais pas subtil, alors la concernant, je ne trouvais pas les mots ! J'étais assez bluffé par son aplomb, elle qui parlait tour à tour de sexe, puis d'alcool et enfin de nourriture. Elle décrivait des habitudes que le commun des mortels considérerait comme "intimes" mais dont elle ne paraissait avoir aucun mal à parler. Je n'avais pas les mots pour lui rendre la pareille, dans l'immédiat, laissant un silence s'interposer entre nous durant de longues secondes. Secondes qui se vêtirent du manteau de l'éternité.

« Rien n'est vraiment bizarre pour moi, vous savez, Luna. » finis-je par briser la glace avec mon début d'interaction, avant de rapidement enchaîner.  « Je suis médecin diagnosticien, ce qui sous-entend que je ne traite que des cas niveau 5. Ce sont des maladies qu'un médecin lambda ne peut pas trouver chez les patients, et qu'on m'envoie parce que ... c'est comme ça. J'aurais même tendance à dire que c'est le bizarre qui m'intéresse. » achevai-je de raconter.

J'ôtai le téléphone de ma poche, pour regarder l'heure. Vingt-deux heures quarante-cinq. Parfait. Mario & Luigi, les deux célèbres pizzaiolos de la rue d'à-côté, toujours bondée de monde, travaillaient encore. Avec tout le remue-ménage de la soirée, nous n'avions pas mangé. Du moins, je n'avais pas mangé, et je pense que Luna non plus, avec ses insinuations sur la pizza.

« Vous venez ? Je ne sais pas si vous les connaissez, mais ces deux frères à l'accent bizarre font les meilleures quatre fromages du pays. Je suis un irréductible fan de leurs recettes.  » l'encourageai-je, avec le sourire.

Alors que mon langage corporel l'incitait à me suivre, nous entamâmes une marche vers le lieu de restauration que j'ai cité. Si Luna travaillait et vivait à Élyséa comme elle l'avait dit plus tôt dans la soirée, alors elle comprendrait forcément de quel établissement je veux parler. Elle qui se décrivait comme une amatrice de nourriture, avec sa salade de fruits qu'elle ne put manger aujourd'hui, serait ravie de faire un petit test gastronomique bienvenu.

Sans vraiment avancer, je me retournai vers elle, l'air interrogateur. Profitant de l'occasion pour admirer son joli visage, je finis par m'exprimer, avec une certaine ironie :

« Le système juridique d'Unova est si pourri que ça pour qu'une personne de votre âge, qui doit nécessairement avoir un diplôme d'avocate, ou de notaire, vienne travailler en tant que secrétaire juridique à Kalos ? Vous savez, tout n'est pas rose ici, loin de là.  » dis-je, en levant les yeux au ciel.

Me rappelant qu'une déduction aussi surprenante pourrait l'étonner, voire la surprendre négativement, j'enchaînai immédiatement avec une explication pour la rassurer :

« J'ai eu un voisin, un médecin, originaire d'Unova. Il parlait avec le même accent que vous, alors j'en ai retiré que vous veniez de là. » ajoutai-je, plus calme, en avançant pour de vrai, cette fois. Et à tous les niveaux.
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  Sam 3 Fév - 23:28
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  Sam 3 Fév - 23:28

On pouvait dire que je n’y étais pas allée de main morte. Dans ce genre de contexte, l’honnêteté était, pour moi, fort importante. Je n’avais pas envie que l’on me fasse perdre mon temps et, inversement, je n’avais pas envie de faire perdre du temps à quelqu’un d’autre. Je préférais encore mettre mes cartes sur la table, avoir honte, repartir chez moi et essayer de me convaincre que je ne le reverrais jamais de ma vie pour mieux laisser le souvenir de cette soirée me hanter vingt ans plus tard. Et donc, c’est à ça que je me préparais en attendant la réponse de Yoichi, scrutant son subtil sourire et son regard carmin qui, pourtant, avait la douceur de la soie en se posant sur moi. Le moment de silence était long. Pas inconfortable, mais effrayant. Je me demandais ce qui se passait dans sa tête, ce qu’il allait me dire. Sans doute me trouvait-il ridicule, un peu folle même. C’était un peu triste de m’imaginer ça parce que, déjà, ça me semblait trop réaliste et, surtout, parce que j’aurais aimé lui faire bonne impression. J’aurais aimé lui plaire, non pas parce que lui me plaisait particulièrement, il était encore trop tôt pour cela, mais simplement parce que j’aimais que l’on m’aime. Enfin, j’aurais aimé que l’on m’aime, plutôt.

Vint finalement sa réponse alors qu’il m’expliqua que, pour lui, rien n’était bizarre. Intéressée, je penchai très doucement la tête vers la droite, le regardant comme si ses paroles étaient inscrites sur son visage plutôt que dans le son de sa voix. J’en appris plus sur sa profession ou, plutôt, sa spécialisation, me demandant ce qu’était un cas 5. Que se passait-il pour cette pauvre personne qui était un cas 4 et qui avait besoin d’aide, mais qui n’était pas assez malade pour se prévaloir de ses services ? Valait sans doute mieux me recentrer sur ses paroles. Yoichi était intéressé par le bizarre. Ainsi, il ne niait pas que je l’étais, mais précisait simplement que c’était particulièrement ce qui l’attirait. Devrais-je le prendre comme un compliment ? Je n’en étais pas tout à fait convaincue, mais quelque part ça me représentait bien. Je n’étais pas meilleure ou pire, simplement bizarre, différente. J’étais hors catégorie puisqu’il fallait avoir soi-même un brin de folie pour s’intéresser à une personne comme moi.

Malgré tout, il n’avait rien répondu à ce que je lui avais dit, à se demander s’il m’avait seulement entendu. Pire, il avait sorti son portable qu’il regardait pour une raison inconnue. Je restais plantée là, les mains dans les poches, à me dire que le médecin allait bientôt trouver une excuse pour me dire que, malheureusement, il était temps pour lui de rentrer. J’allais ensuite faire mon propre bout de chemin, seule avec Charmeleon, et cette éventualité m’attristait plus que je n’aurais aimé me l’avouer. Ouais, gagné. Le voilà qui avait bougé, s’éloignant vers une direction sans pour autant se détourner de moi. Il allait s’excuser et… Vous venez ? Qui ça ? Moi ça ? Voilà qu’il me parlait de deux frères qui, supposément, faisaient la meilleure quatre fromages du pays. Et il me souriait, paisiblement, espérant que je veuille bien lui emboîter le pas. Et moi j’étais là, avec de grands yeux brillants et un large sourire que j’avais du mal à étouffer. Mes joues étaient un peu rosées et, dans mon enthousiasme, j’aurais pu jurer que même ma chevelure s’était gonflée quelque peu pour ajouter à mon expression. Autant le dire clairement, j’étais à deux doigts de sautiller sur place si je n’avais pas eu autant de retenue en tant que personne. « J’ai hâte de goûter ça ! »

Nous nous étions mis en marche, un duo dans la nuit, direction la pizzeria. Mon camarade semblait ne pas avoir été trop repoussé par ma franchise puisque, maintenant qu’il en avait la chance, il me questionnait de nouveau sur ma personne. Plutôt que de prendre la fuite, il cherchait à en apprendre plus sur moi. Même, il avait pris de l’avance, le coquin. Le voilà qui me questionnait sur le système juridique d’Unova, arguant que j’avais fort probablement un diplôme d’avocate ou de notaire malgré que je me contentais d’un boulot de secrétaire. Pourquoi, donc, venir à Kalos ? Sans doute n’aurais-je pas remarqué d’irrégularité dans sa question s’il n’avait pas ressenti le besoin de se justifier. Il avait donc eu un voisin en provenance d’Unova, ce qui lui avait mis la puce à l’oreille. Avec tout ça, j’avais oublié mon absence de réponse à sa question du bar. Je tentai de feindre la gêne, bien que j’étais surtout réellement ennuyée.

« Mon accent est si mauvais ? J’espérais avoir réussi à le cacher un peu… J’ai toujours peur que ça me nuise au travail. » Terminais-je en faisant une semi-moue manifestant mon mécontentement. Seule dans un environnement nouveau, j’étais assez complexée par ce qui pouvait me faire sortir de la masse et indiquer à tous que je n’étais pas à ma place. Peu étonnant de la part d’une jeune femme aussi inquiète par le rejet. Mais qu’importe, l’heure était à la discussion et non pas à l’introspection. « Par contre, vous me donnez plus de crédit que je n’en mérite. Je ne suis pas avocate, j’ai simplement une formation de technicienne juridique. C’est un peu comme une secrétaire, sauf que l’on peut monter presque entièrement les dossiers des avocats, on ne peut simplement pas aller représenter quelqu’un à la Cour ou formuler une opinion juridique. Ça me classe donc parmi les parajuristes. Puis le système est différent, c’est vrai, mais ils ont chacun leurs bons côtés. Disons juste qu’Unova se base beaucoup plus sur la jurisprudence, donc il y a plus de challenge à monter un dossier là-bas. Enfin, je n’en ai pas monté ici remarque, je suis simplement secrétaire, vu que je ne connais pas toutes les lois d’ici. » Le temps de ces explications, mon visage avait retrouvé un teint normal et ma voix s’était faite solide, pleine de confiance. Lorsque je parlais d’un domaine qui me passionnait, je m’en retrouvais changée, sérieuse, mature et professionnelle. Il était aisé de remarquer que je maîtrisais un domaine, mon attitude en entier s’en retrouvait affectée.

Plutôt que de me tourner vers le ciel, c’est vers le médecin que je me retournai, un sourire doux sur mes lèvres. « J’ai beaucoup parlé de moi, mais vous m’avez très peu parlé de vous. Êtes vous originaire de Kalos ? Pourquoi la médecine ? Vous n’auriez pas une anecdote un peu ridicule à partager vous aussi ? Je me sens encore un peu gênée, ce serait bien d’être à égalité, histoire que j’aie moi aussi une histoire croustillante à me mettre sous la dent à votre sujet. »
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  Dim 4 Fév - 3:43
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  Dim 4 Fév - 3:43

Le ton de la jeune femme s'était fait plus confiant, plus régulier. Elle ne s'emportait plus, ne disait plus de bizarreries en mélangeant ses émotions et s'exprimant avec une gestuelle un peu trop tonique. Cette fois là, j'avais à faire à la véritable Luna, à la travailleuse assidue, qui veillait aux droits d'autrui et qui faisait de son mieux pour protéger ceux-ci. Je devais avouer que je lui trouvais un air très sexy, lorsqu'elle s'amusait à me parler de son boulot, de ce qui la passionnait. Cette apparence sérieuse, ces traits la seyaient à merveille, dévoilant dès lors toutes les subtilités de sa beauté exceptionnelle.

Bien qu'elle ne veuille pas l'admettre, ma proposition paraissait avoir eu l'effet escompté, la mettant plus à l'aise à mes côtés. Luna semblait apprécier davantage ma compagnie, lorsque je daignais jouer sur son terrain, quand je montrais plus d'intérêt envers elle, envers ce qu'elle fait. C'est un comportement tout à fait naturel, une réaction attendue. La flatterie aide toujours à se faire aimer, quand bien même celle-ci peut parfois être forcée, il m'était évident que cette première étape, cruciale, devait se faire pour que notre relation puisse exister. Et ce, quelle que ce soit sa nature.

Satisfait de la situation, j'écoutais tranquillement ses dires sur les différences juridiques entre Unys et Kalos, la laissant ainsi se découvrir pas à pas. Elle se disait être technicienne juridique, chose dont je ne connaissais pas d'équivalent ici, mais là encore, le droit n'est pas ma spécialité. Tout ce que je connais des avocats, ce sont les procès que des patients un peu trop irrités m'ont collé lors de mes heures de consultation. Autant dire que ma relation avec le barreau n'est pas ce qu'il y a de meilleur, mais bon. Je me laissais découvrir un sentiment assez étrange, celui où on commence à aimer quelque chose juste parce qu'on apprécie la personne, même si on n'a jamais été attiré par le domaine. Je me surprenais à me montrer curieux concernant ce qui entourait son travail alors que, deux jours plus tôt, Steiner pouvait m'entendre pester contre tous les défenseurs de la loi du pays. Bizarre comme émotion, que je m'entêtai bêtement à chasser en secouant la tête, espérant moins y penser. En vain, évidemment.

Vint le moment où les questions que j'avais posées tantôt se retournèrent contre moi. Le souhait de la belle rousse me faisait plaisir, pour sûr, et me plaçait cette fois là au centre de la conversation. Mais, contrairement à beaucoup, je détestais cela. Je n'aimais pas non plus tout savoir sur les gens, sauf quand j'avais un intérêt particulier pour eux, mais c'est rare. Je répondais souvent mal à ces interrogations, surtout que Luna avait piqué dans le vif. Nous poursuivîmes notre marche, laissant un nouveau silence s'installer entre nous, choisissant soigneusement mes réponses pour ne pas me mettre dans l'embarras. Je n'allais pas tout dévoiler, je ne me sentais pas encore assez en sécurité, assez en confiance pour cela. Je choisis de briser le silence, toujours d'un ton ouaté :

« Je suis de Kalos, oui. Et niveau ridicule, en tant que médecin, croyez moi que j'en ai vu des choses. » fis-je, faussement enjoué, avant d'ajouter. « Une fois, un mec s'est enfilé un lecteur de musique portable. Je ne sais toujours pas pourquoi d'ailleurs, mais vous pouvez deviner d'où c'est sorti ... Je pense qu'il était attiré par les vibrations des musiques fortes, qui sait. » lançai-je, avec sarcasme.

Nous voici finalement arrivé devant la pizzeria de Mario & Luigi. Celle ci était étonnamment peu visitée, sans doute à cause de l'heure tardive. Bien que je ne doutais pas du fanatisme absolu du peuple d'Élyséa pour ce mets aux multiples saveurs, je trouverais absurde de voir le restaurant plein à craquer à une heure du lendemain. À nouveau, je fis un geste corporel pour proposer à ma compagne du soir d'entrer, chose qu'elle accepta en me suivant sans plus attendre.

L'intérieur de l'établissement était lumineux, avec des cadres montrant une région lointaine, mais également Kalos dans le passé. Les deux frangins se prenaient en photo avec leur père, probablement fondateur du lieu, mais aussi d'autres célébrités ayant partagé une table ici. Le cadre était chaleureux, incitant à la consommation, et les cartes variées, permettant à chacun de s'y trouver, de pouvoir manger à sa guise et selon ses goûts. De plus, l'intérêt principal que je trouvais à cette pizzeria était leur pizza du jour : Celle-ci affichait constamment des prix très intéressants, avec le savoir-faire de la maison, évidemment. Mendokusai, parler de tout ça me faisait gargouiller, me rendant légèrement impatient alors que le serveur daigna enfin pointer le bout de son nez, nous proposant la succulente quatre fromages de la soirée. Je jetai un coup d'oeil évocateur à Luna, comme pour l'aider à se remémorer de celle qu'on avait citée il n'y a pas longtemps, avant de répondre :

« Maqué vous né sérez pas déçous, croyez-moi ! Et pour la peiné, vou que vous êtes accompagné d'une soublime signorina, la maison vous l'offre. » fit le garçon de table, visiblement charmé par Luna.
« Sympa pour les moches. » murmurai-je dans ma barbe.

Le temps que notre commande arrivât, je me mis à fixer mes doigts sur la table, comme pour me décider à comment poursuivre mes réponses quant aux questions de la demoiselle. Jouant avec la cuillère, je finis par céder, en regardant l'objet métallique en même temps :

« Pour vous répondre, j'ai grandi à Johto, et nous avions un voisin médecin, originaire d'Unys, qui travaillait dans l'hôpital de ma ville. Alors parfois, je l'y accompagnais, curieux de découvrir son univers, de voir le monde dans lequel il sauvait des vies. Et toujours, y avait un homme assis à l'entrée, habillé en haillons. Seul, triste, on ne lui adressait point la parole, et cela avait piqué au vif mon intérêt. Après quelques recherches, je compris finalement qui c'était, et j'en étais stupéfait. C'était un médecin, issu d'une tribu rejetée, paria, un hinin ou un eta, comme ils les appelaient. Personne ne s'approchait de lui, personne ne lui lançait un regard. Il ne valait rien, il n'avait pas de bureau, pas de dignité. Lorsqu'on passait à côté de lui, les gens avaient tendance à boucher leur nez pour ne pas respirer le même air que lui. Mais, quand un malade que personne d'autre ne savait soigner débarquait, quand une pathologie impossible à déceler faisait surface, c'était lui, et lui seul qui les sauvait. Et là, ils l'estimaient, le court moment où il leur était utile, ils l'adulaient, étaient impressionnés par lui. Il soignait les patients sans qu'ils n'acceptent le contact avec lui, et lui-même ne cherchait pas à les voir. Il était le guérisseur tant attendu, qu'on chassait sitôt le cas résolu. Mais après, il revenait à sa vie de déchet. Et il devenait, à nouveau, le souillé qu'on ignorait, au mieux, ou qu'on haïssait, au pire. »

C'est ainsi que j'expliquai mes motivations à devenir médecin à Luna, alors que la pizza quatre fromages posée devant nous, encore fumante, libérait ses arômes divins.
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  Dim 4 Fév - 5:15
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Après que j’eu posé mes questions, un silence s’installa. Je jetais des regards en coin à Yoichi, si bien que je manquai de peu de foncer dans un poteau. J’étais fort curieuse, mais il valait mieux ne pas le presser et le laisser choisir sa réponse. Je préférais encore qu’il prenne son temps, ce qui m’apparaissait un comportement plus honnête que de lancer des réponses du tac au tac. Le médecin commença par me confirmer qu’il était originaire de Kalos. Voilà un début d’information à son sujet, un petit quelque chose pour me faire relever la tête, briller les yeux. J’étais une curieuse en série, j’aimais apprendre, découvrir, comprendre. Ça ne changerait probablement rien à ma vie, mais c’était une chose que j’adorais malgré ma nature hermétique : apprendre à connaître autrui. Voir comment ils vivaient, en tirer des leçons et élargir mon champ des possibles. Malheureusement pour moi, le jeune homme ne répondit pas réellement à ma question ou, plutôt, choisi de ne pas se prêter à l’exercice. À la place, il me partagea une anecdote de son travail, un événement qui était arrivé à quelqu’un d’autre. Bon, cela impliquait aussi qu’il avait dû le faire sortir, le lecteur mp3, donc… d’accord, ça pouvait probablement compter. « Ça nous fait un point commun, l’habitude de voir des assholes au travail. » Dis-je en tentant de faire un peu d’humour maladroit, la faute à ma timidité.

Nous avions gagné la pizzeria peu de temps après, à ma grande surprise. L’établissement était presque littéralement la porte d’à côté. Disons la rue d’à côté. Suivant Yoichi sans craintes, j’eu le plaisir de découvrir les lieux. Un établissement accueillant, chaleureux. Les propriétaires semblaient heureux de nous voir malgré l’heure tardive, échangeant des regards complices à la vue d’un potentiel couple. Le serveur ne se fit pas attendre pour venir prendre notre commande pendant que, en arrière-plan, son frère se dépêchait d’aller mettre un peu de musique d’ambiance. Enthousiaste, il nous avait annoncé que le repas serait offert par la maison, glissant au passage un compliment en ma direction. Je tentai de l’en dissuader, mais il était déjà reparti comme il était venu, décidé à nous servir la meilleure pizza en ville. Ne me restait donc plus qu’à accepter leur gentillesse et à me laisser imprégner de l’ambiance qui incitait à la romance.


Yoichi était assis de l’autre côté de la table, le regard baissé vers ses doigts. J’en profitai pour détailler ses traits, ses cheveux rebelles à la couleur pâle. Je me surpris même à appuyer mon coude sur la table, le menton contre la paume de la main, l’air rêveuse. Ce silence ne me dérangeait pas, il me permettait simplement de le regarder dans une ambiance qui, ma foi, se prêtait fort bien à l’exercice et m’invitait à lui trouver nombre de qualités. C’est à la manière d’une confidence qu’il répondit finalement à ma question de plus tôt, sans se départir d’un ustensile argenté. Sans doute était-ce difficile pour lui de me raconter ce qui allait suivre. Malgré qu’il soit Kalosien, mon partenaire du soir avait donc grandit à Johto. Là-bas, il avait rencontré, ou vu à tout le moins, un médecin qui avait su le marquer suffisamment pour orienter sa vie adulte. Sa description de cet individu me semblait dure ou, au minimum, plutôt triste. Je ne pouvais me résoudre à cesser de détailler ses traits, d’y chercher la moindre variation d’expression, comme pour essayer de comprendre toutes les choses qu’il ne me disait pas dans ce monologue. Les lignes entre les lignes.

Lorsqu’il termina, avant même que je ne puisse penser à une réponse, nous étions interrompus par le serveur qui venait nous livrer la succulente pizza qui avait eu tôt fait de me mettre l’eau à la bouche. Le médecin n’avait certainement pas menti en vantant les mérites culinaires de l’établissement. Avant de partir, bien soucieux des détails, l’homme à moustache en profita même pour nous allumer deux bougies, pour surenchérir l’ambiance romantique. Je l’en remerciai d’un sourire poli et il s’éclipsa de nouveau, nous laissant à notre… rendez-vous ? En même temps j’ignorais pourquoi j’en étais étonnée, n’était-ce pas justement la raison pour laquelle j’étais sortie ce soir ? Je n’avais néanmoins pas prévu un tel revirement de situation. À nouveau, un moment de silence alors que nous avions commencé à nous servir. Je pris une première bouchée, usant d’un couteau et d’une fourchette, simplement car mon ventre gargouillant ne pouvait plus tenir plus longtemps. Mmh. Délicieux. Mais pas assez pour me faire oublier l’histoire de Yoichi. Je devais y répondre, j’avais envie d’y répondre, quand bien même lui ne m’avait rien demandé à cet effet. Après une gorgée d’eau, je tentai de remettre mes idées en ordre, mon regard noisette se perdant dans la flamme d’une bougie.

« C’est… toute une histoire. Il est facile de comprendre, enfin, de déduire, pourquoi cet homme vous a marqué. » À moi de faire une pause, d’hésiter. Irais-je trop loin ? Probablement. « Il m’est souvent arrivé… Enfin, je veux dire… Par le passé, j’ai connu des situations où l’on m’a rejetée. Pour toutes sortes de raisons. Je comprends comme ça doit être sécurisant, quelque part, de se dire qu’on a un talent que personne d’autre n’a. Qu’ils auront beau nous détester ou nous ignorer, mais qu’ils ne pourront jamais vraiment se débarrasser de nous complètement. J’aurais aimé avoir quelque chose comme ça, être spéciale, d’une certaine façon. » Je déglutis, réalisant par l’entremise de mes traits tendus que cette discussion éveillait en moi une réaction émotionnelle. « J’aurais aimé moi aussi avoir quelque chose qui garantisse que je ne puisse pas me retrouver toute seule. Mais en même temps, je ne sais pas. Je ne peux m’empêcher d’avoir… plus d’ambition que cela. D’espérer qu’un jour je trouve quelqu’un qui sache m’apprécier même si je suis… bizarre, faute de meilleur mot, et qui veuille quand même de moi. Que je n’aie pas besoin d’être spéciale ou d’être utile. Qu’on ne me demande pas de mériter de l’affection— »

Je noyai mes paroles en une nouvelle gorgée d’eau avant de me munir à nouveau de mes ustensiles, comme prête à attaquer de nouveau ma pizza. « Enfin, je m’excuse, je ne devrais pas me permettre de… parler de ce genre de choses, je ne voulais pas être impolie. Surtout pour un premier rendez-vous, c’est sans doute bien trop personnel. Sans doute devrions-nous parler de sujets plus légers ! Vous aimez les Pokémons ? » Terminais-je avant de me dépêcher de prendre une nouvelle bouchée de pizza. Elle était délicieuse et, surtout, j’avais besoin de ne plus pouvoir parler pour un petit moment avant de sortir d’autres énormités qu’on ne m’avait strictement pas demandé.
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  Dim 4 Fév - 21:13
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  Dim 4 Fév - 21:13

Un long soupir se dégagea de ma poitrine après avoir autant parlé. Je n'avais pas l'habitude des longs discours, ceux-ci ayant tendance à m'ennuyer suffisamment pour provoquer en moi des envies de sommeil. Plus que cela, m'étendre sur mon histoire, ma vie privée, n'était pas un exercice que j'affectionnais et j'en ressortais toujours un peu secoué. Parler de mes motivations, de ce qui m'a amené à devenir ce que je suis me mettait quelque peu mal à l'aise, dans la mesure où ma pudeur naturelle concernant mes émotions prenait toujours le dessus. Respire, Yoichi, respire. Je repris mon calme, lentement mais sûrement, profitant de l'impact de mes propos sur Luna pour regagner mon air impassible, attendant sa réponse sans rien montrer de mon mal-être.

Apparemment, le serveur était désireux de rendre ce dîner bien plus intime qu'il ne l'était. Il vint allumer deux bougies, donnant au repas un air plus classiesque bienvenu. On aurait dit deux amoureux profitant d'un festin aux chandelles, fêtant je ne sais quel évènement en particulier. Un anniversaire, fusse-t-il individuel ou celui du couple, par exemple. Ou, mieux encore, une réussite personnelle ou professionnelle, renforçant le cachet particulier de la chose. La pizza était chaude, le fromage fondu, collant, de mille sortes donnait envie. La jeune femme, curieuse et gourmande, décida d'y goûter la première. C'était normal, elle était nouvelle en ces lieux devenus communs pour moi, mais nouveaux pour elle, et la sensation de la découverte décuplerait l'agréable surprise gustative du mets, ou au contraire la déception de manger quelque chose de peu goûtu. Laissant ce moment de répit s'installer entre nous, je décortiquai la gestuelle, le physique - oui, encore - et l'humeur de la belle. Elle avait cette qualité de se montrer si naturelle en présence des plus simples choses, n'usant guère de ses atouts pour me forcer la main, mais au contraire souhaitant partager avec moi ce que je connaissais déjà. C'était, sans nul doute, ce qui facilitait tant les interactions avec elle. Cet intérêt prononcé, sincère, qu'exprimait Luna envers qui j'étais. Elle paraissait juger et considérer les gens très vite, s'étant désintéressée en une fraction de seconde de Steiner pour accepter une rencontre avec moi. Il fallait estimer cette chance à sa juste valeur, et rendre la monnaie de sa pièce à la demoiselle, sitôt l'occasion présentée.

Sa réponse à ma tirade d'il y a peu, elle, ne m'étonna qu'à moitié. Les gens ont tendance à réagir aux expériences d'autrui par projection avec leur histoire personnelle. C'était une réaction humaine, normale, prévisible. Je n'en attendais pas plus de sa part, à vrai dire, et je ne fus pas particulièrement déçu. Je fis néanmoins l'effort de l'écouter jusqu'au bout, profitant de chaque parole, de chaque instant, pour saisir davantage la complexité de son personnage. Cherchant à décrypter au mieux les motivations de la belle rousse, j'adoptai un air intéressé, paisible, réagissant avec flegme et mesure à chaque propos qui pouvait me heurter. Elle avait cependant touché une corde sensible, de celles qui constituent la base de vos principes et qui peuvent remettre en question l'entièreté de qui nous sommes. Oui, je fonctionnais au mérite, à la récompense, et je m'estimais être apte à recevoir quelque chose lorsque je faisais de mon mieux. C'était, parfois, un sujet douloureux, épineux, dont l'évocation me fit remonter un sentiment désagréable dans ma poitrine, coupant l'envie de manger pendant quelques secondes. Qui j'étais avait droit à sa récompense, au respect, à la considération. Nous jouions dans des terrains similaires, comme si elle pratiquait le football, et moi le rugby. Le champ de bataille était identique, les raisons de la guerre différaient. Une personne qui comprenait était souvent une personne qui avait également vécu. Cela me faisait changer mon opinion sur elle. Ou plutôt, la transcendait.

« C'est ce qui le rendait atypique, oui. Tout le monde le consultait lorsque la situation était critique malgré leur dégoût. Il était prodigieusement intelligent, plein de sagesse et un véritable connaisseur de la nature humaine et de ses motivations. » répondis-je, en mettant l'accent sur ce que j'identifiais en moi, de lui.

Bien qu'il eût été pompeux de me mettre au même niveau que ce génie sans égal, les propos de Luna résonnaient dans ma tête, comme s'ils essayaient de toucher des pensées que j'enfouissais au plus profond de moi-même. Je ne me sentais pas encore suffisamment apte pour me dévoiler davantage à la belle, et à vrai dire, j'aurais été plus à mon aise si je devais me dénuder dans une chambre à coucher, plutôt que de dire ce que j'avais sur le cœur ! Toujours est-il que maintenant que je compris que j'avais à faire à une personne intuitive, qui savait où frapper pour m'obliger à me découvrir, je devais être plus offensif, essayer de guider la conversation par mes propres moyens pour ne pas avoir, à nouveau, à répondre à une question gênante.

Mendokusai.

Pour une conversation plus légère, la voilà qui parlait des Pokémons ! Un sourire d'abandon se dessina sur mon visage, laissant l'odeur des fromages variés me monter aux narines pour me réveiller. Sursautant légèrement sur place, je repris conscience, fermant les yeux et dégageant un soupir bruyant de ma poitrine, comme un signe d'abdication :

« Vous alors, on comprend que vous venez d'Unys, là où les armes à feu sont autorisées et permettent la formation de tireurs d'élite ... Vous visez précisément les points sensibles des gens, n'est-ce pas ? » dis-je, avec une once d'ironie, avant d'enchaîner. « Eh bien à vrai dire, je n'ai jamais été très proche des Pokémons. Mon père en avait, à Johto, et n'était pas ce qu'on pourrait dire un modèle d'éducation. Par conséquent, on peut aisément déduire que je ne suis pas de ceux qui prônent un attachement particulier à ceux-ci. Mais bon, qui sait de quoi l'avenir sera fait ... » ajoutai-je, d'un ton désabusé.

Je me mis à manger, secouant la tête de droite à gauche comme pour me moquer de ma faiblesse à déblatérer autant sur ma vie privée. Je me surpris moi-même à être aussi bavard, comme si j'étais finalement entré dans le périmètre de sécurité de la jeune femme aux cheveux écarlates. Avalant une gorgée de soda, pour faire passer la pizza plutôt grasse, j'entrepris d'armer mon canon sur elle - rien de sexuel, je l'assure - et repris la main, pour lui demander :

« Lorsqu'une jolie jeune femme comme vous fait un métier généralement réservé à des rats de bibliothèque, il y a quelque chose qu'elle veut se prouver. Vous parliez de manque d'affection, je suppose que cela cache une blessure plus profonde, pas vrai ? » fis-je, interrogateur.
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  Lun 5 Fév - 3:50
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  Lun 5 Fév - 3:50

Puisqu’il en avait l’occasion, Yoichi ajouta quelques détails à propos du fameux médecin qui l’avait marqué enfant. Bien sûr, j’étais particulièrement intéressée. L’on peut apprendre beaucoup d’un individu de part les choses qu’il considère comme des qualités. On voit ce qu’il tient en haute estime, ce qu’il aimerait développer, retrouver chez autrui. Dans ce cas-ci, le médecin vantait l’intelligence, la sagesse et la connaissance de l’âme humaine. Cela me portait à réfléchir tout en mâchant un bout de cette somptueuse pizza. Vraiment délicieuse. Je me demandais s’il était l’un de ces hommes à se croire supérieur intellectuellement au point de mépriser autrui, comme s’il n’y avait que cela qui comptait dans la vie. Voyez, il m’avait été donné le malheur, par le passé, de côtoyer de ces gens-là. J’avais tendance à vite m’en désintéresser, sachant trop bien que je n’avais rien là à apprendre ou même à enseigner. Dans un autre registre, je me demandais si l’homme décrit par Yoichi était véritablement si impressionnant. Le jeune homme ne me partagea pas son âge au moment des événements et il me semblait donc possible qu’il idéalise cette figure au-delà de l’individu, créant à travers lui un idéal à atteindre. On avait tous des modèles, dans la vie, et ce n’était pas nécessairement une mauvaise chose. Avec un peu de chance il serait moins exigeant envers sa propre personne que je ne l’étais envers la mienne et en avait peut-être fait un procédé sain pour lui-même. Je ne le découvrirais qu’à force de discussion, assurément.

Toujours est-il que je ne pouvais m’empêcher de me questionner au sujet de ce mystérieux individu. Une part de moi ne pouvait s’empêcher de se demander : Comment pouvait-il donc à ce point connaître l’âme humaine s’il était un paria solitaire ? Je ne pouvais m’empêcher de penser que, avec pareil style de vie, on ne peut voir rien d’autre que les dessous retors de l’humanité et en ignorer les plus beaux côtés. Comment aurait-il pu en être autrement pour un individu qui était utile, mais détesté ? Néanmoins, je m’assurai cette fois de ne pas partager mes pensées à Yoichi, ne désirant tout de même pas remettre en question le bien fondé de son modèle de vie dès notre première rencontre. La conversation s’était donc poursuivie et j’avais évoqué la question des Pokémons, curieuse de connaître son avis sur le sujet. Puis bon, nous vivions dans une ère où presque tout le monde possédait au minimum un Pokémon. Je me demandais bien s’il en avait un et, si oui, de quelle espèce. Peut-être un Chansey ? Ce serait bien cliché pour un médecin, mais pas nécessairement erroné. Enfin, ça ne semblait pas assez unique pour lui, surtout. Un Alakazam ? Rien de tout cela, vu sa réponse.

Il avait commencé par me dire que mes origines étaient clairement liées à Unova, parlant de fusils et de tireurs d’élites. J’ignorais si je devais me sentir complimentée ou si, au contraire, je devais défendre mon pays d’origine contre les préjugés voulant que nous étions tous des fous de la gâchette. « Si seulement tous les gens d’Unova savaient effectivement viser juste et poser des questions pertinentes… » Close enough. J’encourageai Yoichi à poursuivre tout en me découpant un nouveau morceau de pizza que je mangeai en écoutant la suite de sa réponse. Aussi surprenant que ce soit, il estimait n’avoir jamais été très proche des Pokémons. Son père en avait eu, à l’époque où ils habitaient Johto, et son enfance semblait en avoir souffert. J’esquissai un air désolé, sans doute un peu gâché par le petit bout de fromage qui était resté accroché à mon menton. Oups. Je me dépêchai de l’essuyer avec une serviette de table tout en écoutant la suite. S'il ne prônait pas d'attachement particulier aux Pokémons, il n’excluait néanmoins pas les imprévus propres aux aléas de la vie, bien que son ton était fort évocateur de son opinion sur la question. « Je comprends. Je suppose que ce n’est pas pour tout le monde. » Une façon bien large de résumer la situation. Je ne pouvais m’empêcher de compatir et, du même coup, de constater qu’en cela nos expériences avaient été diamétralement opposées. Lui avait eu son enfance gâchée par son père et ses Pokémons – c’est ce que je présumais en tout cas— et, de mon côté, la seule personne qui m’avait maintes fois consolée était, justement, un Delcatty.

Nouveau court moment de silence meublé par la musique envoûtante et romantique à souhait de l’établissement. Je ne regrettais, pour l’instant, pas du tout d’avoir accepté de le suivre. La nourriture était bonne, l’ambiance chaleureuse et la discussion intéressante. D’ailleurs, Yoichi avait décidé de la relancer à son tour, sans doute désireux d’échapper un instant à la position du questionné et de me faire parler à mon tour. Ça me semblait juste, un premier rendez-vous étant, après tout, un échange que deux individus acceptaient de faire pour apprendre à se connaître. Il me posa donc ses questions, sans réellement se retenir. En un sens ça me plaisait, ça me donnait envie de foncer dans le vif du sujet et d’admettre des choses que j’aurais gardées pour moi en un autre contexte. Engagée dans la conversation, je n’attendis pas pour réagir après avoir déposé mon verre, la voix franche, sans être nécessairement forte. Je prenais des risques en m’exposant ainsi, en acceptant de jouer le jeu de la sorte, mais je me laissais aller au moment présent, chose qui ne m’arrivait que trop rarement. J’aurais tout le temps de culpabiliser le lendemain matin pour avoir trop parlé.

« I’m just average. » Telle fut ma réponse à son compliment alors que je faisais un léger non de la tête. Néanmoins, j’avais rougi et un sourire illuminait mes traits. J’étais contente même si j’étais trop humble, ou trop peu confiante, pour simplement accepter ses paroles. Au fond de moi j’étais convaincue de ce que je disais, mais j’étais fort heureuse qu’un individu pense le contraire, espérant vainement qu’il ne s’agissait pas de simples mots en l’air pour m’inciter à parler. « La vérité c’est que je suis un rat de bibliothèque. Enfin, surtout quand j’étais plus jeune. Avec l’âge je me suis tournée vers le cinéma, vers la musique, et j’ai délaissé un peu les livres. Je n’ai plus la patience de mes jeunes années, surtout quand je dois passer des heures dans la paperasse, une fois à la maison j’ai tout sauf envie de retourner lire. » Petite bouchée alors que je continuais de formuler ma pensée. Prête à parler avant d’avoir fini, je brandissais ma fourchette, essayant de prendre la parole ou, en tout cas, de lui faire savoir que je n’avais pas fini de parler. Et une nouvelle gorgée de coca pour faire descendre ça avant d’essuyer ma bouche et de continuer.

« Puis, enfin, mes employeurs sont des gens bien, je ne voudrais pas que l’on pense que j’en dis du mal mais… Si j’avais vraiment besoin de me prouver quelque chose, je pense que je serais devenu autre chose qu’une banale secrétaire. Je sais pas, quand j’étais petite je m’imaginais… astrophysicienne, ou encore… ne riez pas, c’est vrai. Ou alors euhm… infirmière Pokémon, maître de Ligue, professeur Pokémon, actrice au Pokéwood. J’étais pleine d’idées quand j’étais petite. Puis j’ai grandi et on m’a dit, une idée à la fois, pourquoi je ne pourrais pas devenir toutes ces choses. Donc… Ouais, mon métier n’est pas ce que je peux appeler gratifiant au fond. Peut-être suis-je simplement une fille qui avait beaucoup à se prouver, mais qui n’en a pas eu la chance ? C’est un peu triste dit comme ça. » Je me fis plus sérieuse, me raclant la gorge avant de boire à nouveau et de m’essuyer les lèvres. Mon regard s’était fait songeur alors que j’étais quelque peu embarrassée de mes révélations. Valait mieux détourner le sujet, mais la suite de ses interrogations n’allait pas améliorer mon cas. « Quant au reste… C’est pour ça que j’ai un Pokémon. Je suis d’avis qu’ils ont l’avantage de ne pas nous juger, d’accepter qui l’on est. J’aime avoir la chance de prendre soin d’un autre être vivant, de savoir qu’au moins quelqu’un a besoin de moi. Sans doute est-ce une raison bien égoïste d’avoir un Pokémon au fond. »

Nouveau petit moment de pause. J’avais peur de trop parler, de monopoliser la conversation, de l’ennuyer, d’en dire trop à mon sujet. J’avais également peur d’être jugée, tout en sachant que, de toute façon, je n’avais sans doute rien à perdre. Ce n’était pas comme si ce premier rendez-vous pouvait déboucher sur quoi que ce soit de plus. C’était simplement un moment dont je devrais profiter de façon à n’avoir aucun regret, puis que je classerais du côté des jolis souvenirs sans trop y repenser. Voilà, tout simplement. « De toute façon tout le monde a des blessures, c’est ce qui nous forge en tant que personne, ce qui nous pousse à évoluer et à devenir des gens meilleurs. Si l’on n’éprouvait jamais de frustration ou de tristesse, les moments heureux n’auraient plus aucune valeur. Je me dis, enfin, je peux me tromper, que beaucoup de gens sont tristes parce qu’ils n’ont pas été assez tristes ou, plutôt, qu'ils n'ont jamais appris à accepter de l'être, si cela fait du sens… Ou alors ils n’ont simplement pas goûté à cette délicieuse pizza. Vous amenez tous vos rencards ici ? »
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  Mar 6 Fév - 16:57
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  Mar 6 Fév - 16:57

Mon visage afficha un air quelque peu soulagé au vu des réponses de mon interlocutrice. Celle-ci, contrairement à ce que j'aurais pu m'attendre d'elle, ne se morfondait pas dans un récit larmoyant, empli de tristesse et de souffrance, qui m'aurait vite gavé et préféré un retour aux sources, à la solitude, bien mérité. À l'inverse, ses petits discours sur le sujet que j'avais lancé se firent simples, parfois drôles comme lorsqu'elle parlait de ses rêves de petite fille. J'avoue que je l'imaginais bien, enfant, sautiller partout et être excitée à la moindre découverte. Parler d'une pierre précieuse comme si c'était la plus belle chose au monde et s'extasier devant tout ce qui était neuf. Comme elle, j'étais enfant et j'avais suffisamment d'énergie à revendre pour faire le tour du monde trois fois et être encore en forme pour un marathon. La naïveté, la simplicité de notre jeune époque maintenant révolue ont laissé place à une certaine amertume, présente dans les propos de Luna et dans mon comportement à moi.

Tout en écoutant patiemment ce qu'elle avait à me dire, laissant ses propos faire mille et un loopings dans ma tête pour bien les interpréter et répondre intelligemment, le serveur passait de temps à autres devant notre table pour vérifier qu'il ne nous manquait rien. Je le surpris, une ou deux fois, à reluquer mon invitée du soir et, pris la main dans le sac, ou plutôt les yeux sur ... ouais, non, on va dire la main dans le sac, il rebaissa immédiatement les yeux. Celui-ci vint cependant, un peu plus tard, nous demander si nous avions fini, ce à quoi je lui répondis, à l'insu de Luna pour ne pas l'interrompre, d'aller nous chercher quelque chose de bien précis. Obéissant, l'homme s'exécuta et n'était pas encore revenu alors que le point de vue de la rousse s'opposa au mien, concernant bien entendu les Pokémons. Je pouvais comprendre son point de vue, dans la mesure où la vie nous a offerts deux parcours différents, il était normal que notre rapport à ceux-ci diverge. Peut-être qu'elle était la clé pour me permettre d'assimiler ces liens étroits qui nous unissaient à eux ? On m'avait déjà dit, par le passé, que beaucoup de mes questions trouveraient réponse chez ces créatures aussi variées et diverses que nous. Mon entêtement à vouloir poursuivre sur ma propre voie commençait probablement à voir ses limites, et le fait que je puisse interagir avec Luna serait une passerelle vers mon acceptation des Pokémons dans la vie des humains.

Ou peut-être ne cherchais-je que des excuses pour la côtoyer plus souvent, et la revoir autant qu'il m'était possible de faire ? Sans doute. J'étais assez ronchon de devoir l'admettre, mais plus la soirée se poursuivait, et plus sa présence se révélait agréable, douce à mes sens. Contrairement aux imageries romantiques qui font que le temps s'arrête lorsque deux âmes sœurs sont ensemble, le nôtre avançait et évoluait bel et bien, mais je n'éprouvais aucune lassitude, aucun regret de l'avoir emmenée ici. C'en était grisant.

Comme une horloge indiquant le prolongement des évènements, la pizza se fit rapidement plus rare, me laissant chercher les bouchées comme si je n'avais rien dans l'estomac. Passionnante était la conversation avec la belle Luna, qui y alla de sa petite touche de sagesse pour dire que chaque étape de la vie comptait. Oui, assurément, et c'était une réponse à faire relativiser chacune de nos deux personnes pour la suite. S'en suivit alors une cocasse remarque sur le fait que j'amenais ici mes rencards pour les mettre, elles, dans le bain et mes chances à moi de mon côté. Je souris, évitant de répondre par un « En général, je paie mes rencards. » laissé soigneusement enfoui au fond de moi. La répartie était tentante, mais elle aurait certainement tout ruiné.

« C'est rare que j'en vienne à partager un moment comme cela avec quelqu'un. Vous m'apprenez beaucoup sur vous, autant par ce que vous dites que ce que vous ne dites pas. Et j'admets que même après avoir découvert tout cela vous concernant, je reste ch- » m'interrompis-je brutalement, avant de reprendre presque aussitôt « plutôt impressionné par tout cela. Quel genre de liens entretenez-vous avec votre Pokémon ? Je pourrais être converti, qui sait ? » fis-je, la mine souriante, étouffant ma gaffe derrière une remarque en plaisantant. À moitié.

La pizza finie, notre table était néanmoins plutôt vide, mais le serveur avait eu le bon timing cette fois-ci pour apporter ma commande secrète - qui, je l'espérais, ferait plaisir à Luna -. Une grande coupe de salade de fruits, avec deux cuillères pour chacun d'entre nous. Je m'étais rappelé les propos de la demoiselle au sortir du bar, et je pensais que ce serait un petit plus pour cette soirée que de réaliser son désir. Elle qui ne souhaitait qu'en avoir une en face de sa télévision, peut-être serait-elle plus en condition de me donner l'occasion de la revoir, chose que je ne voulais demander pour le moment, au risque d'anéantir tout ce que nous avions bâti le long de la soirée.

« Par contre, pour leurs desserts, ne me demandez pas. Je sais que leurs glaces sont fameuses, mais j'avais envie de vous surprendre un petit peu. Comme il est de coutume dans leur région d'origine, il faut toujours laisser l'honneur aux dames, et ce peu importent les circonstances alors, la grosse fraise du sommet est à vous. Bon appétit ! » dis-je, réellement enjoué.

Mendokusai, voilà qu'un petit stress vint me faire questionner sur la saveur de ce dessert. Je n'avais aucune connaissance des talents des deux frères dans ce domaine et, s'ils foiraient la chose, je le leur ferai payer. Et ce n'est pas le clin d'oeil complice du serveur en m'apportant le tout qui allait me rassurer. Yoichi, tu joues gros là !
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  Mer 7 Fév - 14:13
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La question m’était venue toute seule. Sans doute était-ce le côté de moi qui ne pouvait s’empêcher de chercher la petite bête, de se dire que les choses ne pouvaient être aussi idéales qu’elles ne semblaient l’être. La nourriture était bonne, la compagnie agréable, l’ambiance enchanteresse. Si d’autres se seraient naïvement laissés emporter par le flot des événements, je conservais ma nature profondément méfiante, en plus de toujours m’attendre à ce que le sort tourne en ma défaveur. J’attendais les mauvaises nouvelles comme l’on regarde la météo, régulièrement et en y accordant beaucoup de crédit dans la planification de sorties à venir. Rien de surprenant, donc, à ce que je lui demande s’il emmenait tous ses rencards ici. La vraie question n’était pas de savoir s’il les emmenait toujours dans ce dit restaurant, mais bien s’il avait beaucoup de rencards. Si ces expériences étaient similaires à celle que nous partagions et, donc, si ce moment était aussi unique pour lui que pour moi. S’il y a bien une chose à laquelle je tenais, c’était de rester différente, de me démarquer, de ne pas être une femme parmi tant d’autres. Je voulais être difficile, rare, inoubliable. Une belle brochette de qualités pour me séparer des filles faciles et autres demoiselles de peu de vertu. Les vestiges d’une éducation stricte et d’une femme qui se veut forte, mais qui n’est pas nécessairement aussi libérée qu’elle ne le clame.

Néanmoins, la réponse était, elle aussi, parfaite. Selon ses dires, Yoichi avait rarement l’occasion de partager ce genre de moment avec autrui. Même, après tout ce qu’il avait eu la chance d’apprendre à mon sujet il était ch… Ch ? Il s’était interrompu alors que j’étais presque assise au bout de mon siège. Le médecin avait hésité, avait fait marche arrière, s’était interrompu. Mais je savais, je déduisais. Il était charmé. Trop timide pour l’admettre, peut-être, mais ça ne faisait que le rendre plus humain, plus attachant. Argh ! C’était encore plus louche ! Et le jeune homme continuait sa pensée, se disant plutôt impressionné, un sentiment sans doute moins risqué dans le contexte, mais pas moins flatteur. Bon, d’accord, peut-être un poil moins flatteur, mais j’aimais trop être complimentée pour que ce soit vraiment un problème. Oui, je l’admets, j’aime que l’on m’aime et qu’on me lance des fleurs. Moi au moins je l’admets.

Menant toujours la conversation, mon rendez-vous aux cheveux de neige évoqua de lui-même la question des Pokémons. Il évoquait la possibilité d’être lui-même converti, mais la nature de son sourire me portait à croire que j’aurais beaucoup de travail à faire avant que ce ne soit le cas. Qu’à cela ne tienne, il me faisait toujours plaisir d’échanger à propos de Charmeleon. C’est donc avec le sourire que je détachai sa pokéball de ma ceinture pour la poser sur la table, bien en vue. « Il est là-dedans. Il ne m’a pas quitté de la soirée. C’est un peu comme avoir mon propre garde du corps en tout temps. C’est plutôt sécurisant je dois l’avouer. » Je marquai une courte pause, replaçant une mèche de cheveux derrière mon oreille. La suite était un peu plus difficile pour moi, sans trop que j’arrive à identifier pourquoi. Chaque fois que je pensais à mon pokémon flamme, une certaine tristesse m’envahissait. « C’est un Charmeleon. Et c’est mon premier pokémon à moi. Je me le suis procuré peu après mon arrivée à Kalos. Les nouvelles parlaient de cette attaque ou je ne sais plus trop quoi, sur un bateau. Je ne connaissais encore personne et c’était plutôt inquiétant alors j’ai commencé à chercher. Je me voyais mal aller sur une route sauvage avec des pokéballs et essayer de faire une capture comme ça, à mains nues si je puis dire. Alors j’ai voulu me tourner vers des éleveurs, au début. Des gens charmants qui ne vivent que pour prendre soin de leurs petites bêtes. Je pensais à un Pokémon chat, un truc tranquille, au début. Puis j’ai entendu parler de refuges pour Pokémons abandonnés. Des créatures que leurs dresseurs ont cru bon de délaisser, d’oublier derrière eux. J’ai fini par y aller, par curiosité. C’est un peu intimidant au fond, tu y vas en sachant que ces Pokémons ont eu le cœur brisé, qu’ils ont soufferts, et tu te demandes si tu seras la personne qui saura les rendre heureux et leur offrir ce qu’ils n’ont pas eu. »

Nouveau moment de pause. J’avais la gorge sèche, à demi parce que je parlais et à demi parce que j’étais nerveuse. J’attrapai donc mon verre de coca, sentant les glaçons venir se coller à mes lèvres pendant que j’en prenais une gorgée. « Il était dans une cage. Il détestait être dans une Pokéball, probablement car son ancien propriétaire n’en faisait pas bon usage ou ne le laissait pas sortir assez souvent. Il se bagarrait contre des Pokémons sauvages à la sortie d’Élyséa quand ils l’ont trouvé. Il était blessé. C’est un Pokémon noble et fort, mais qui n’avait sans doute jamais vécu à l’état sauvage. Forcément… » Petit raclement de gorge. « Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai tout de suite su que c’était lui que je devais ramener avec moi. Il y avait quelque chose dans ses yeux. Une combativité, une rancœur, mais aussi une solitude… Disons simplement que ce ne sont pas des choses auxquelles je suis étrangère. Et depuis il habite avec moi. Je le laisse hors de sa balle le plus souvent possible, je lui offre seulement la meilleure nourriture, je m’assure qu’il ait un endroit confortable où dormir et qu’il soit propre. Il était déjà bien élevé, je crois que c’est dans son caractère, il avait juste besoin d’un peu d’amour. Charmeleon est encore un peu distant avec moi, ça se voit qu’il a l’habitude d’être tout seul. Ça m’attriste j’avoue, j’aimerais bien que l’on soit les meilleurs amis du monde, comme dans les clichés qu’on voit à la télé. Mais bon, quand je le vois, en forme et en santé, dans un logis où il a l’air bien, même s’il s’ennuie parfois, je me dis que j’ai pris la bonne décision. »

Je conclus mon monologue d’un sourire, mon regard sombre posé sur la sphère bicolore comme si je pouvais y voir mon camarade dormir paisiblement. Je ne pouvais m’empêcher d’exprimer de la tendresse chaque fois que je parlais de lui, que je le regardais. C’était devenu mon petit trésor, même s’il ne m’appréciait pas beaucoup. Jamais je ne perdais espoir. Et, comme s’il avait attendu cette pause dans notre conversation, le serveur avait choisi ce moment pour revenir à notre table avec la commande mystère de Yoichi. Je récupérai la Pokéball pour la remettre à sa place, ayant trop peur de l’oublier ou de la faire tomber ou de la mettre de côté ou qui sait quoi encore. Ce n’est qu’après coup que je réalisai ce qui venait d’être déposé devant moi. « Mais c’est… ! » Je relevai de grands yeux vers le médecin qui semblait plutôt satisfait de son coup. Cette petite surprise était on ne peut plus délibérée. Il s’était souvenu de mes histoires de conserve et de salade de fruit et avait choisi de m’aider et pas n’importe comment. Le jeune homme m’invitait à me servir la première, mais j’étais trop occupée à admirer le plat. Des morceaux de melons, des raisins, des morceaux d’ananas, des pêches, des fraises, oh là là. Ne manquait plus que… Le petit bol de crème fouettée servie à part pour laisser les gens en prendre autant qu’ils voulaient. Oh ! OH !

« Oh mais non mais je ne peux pas manger tout ça… Oh. » Deux cuillères. Une salade de fruit. Le début du stress. Mon regard se tourna vers Yoichi avec plus de sérieux que jamais. Ce serait le début de la guerre. Les enjeux étaient élevés. Je ne pouvais pas trop manger, sinon j’aurais l’air d’une goinfre et personne ne voulait de ça. Néanmoins, il ne pouvait pas trop manger non plus, sinon il n’aurait pas l’air galant. Et nous devions trouver un bon rythme pour avoir tous les deux la chance de piocher dans la coupe, chacun à notre tour. Mais je devais aussi essayer de voir quels fruits il visait le plus souvent, pour tenter de les lui laisser pour que l’expérience soit agréable. Et ne parlons même pas de la crème fouettée dans le petit bol d’à côté. Ne pas en prendre serait blasphématoire, mais j’ignorais si lui en voulait. Puis ça pouvait devenir un peu sale, peut-être se changer en sous-entendus peu appropriés pour un restaurant ou pour ce stade de notre relation. Argh j’avais envie de voler toutes les fraises, déjà qu’il me proposait celle du dessus. Et du coup il me regarderait la manger cette fraise. Comment faire ? La manger normalement ? La tremper dans la crème fouettée ? Essayer d’avoir l’air sexy ? La croquer ou l’avaler d’un coup ? Les deux mains à plat sur la table, le regard sérieux, je dévisageais cette fraise comme si l’avenir du monde libre en dépendait. Okay, calme toi Luna ou il va commencer à te trouver bizarre et vraiment intense, surtout que ça concerne la salade de fruit. Hors de question de le laisser croire à un kink en lien avec de la salade de fruit, non mais oh !

« C’est vraiment gentil. D’y avoir pensé. » Dis-je, les mains posées l’une sur l’autre sur la table devant moi, accompagnant mes mots d’un sourire poli, mais un peu coincé à cause du stress. Aller, je devais prendre ma cuillère. Si ça avait été une fourchette j’aurais pu piquer la fraise, bien que ça n’aurait peut-être pas été mieux. Maintenant, ne pas échapper la fraise. Mon niveau de concentration était ridiculement élevé. Je me sentais observée et cela suffisait à me rendre encore plus tendue. Puis… La décision. Je baissai ma cuillère, ramassai un peu de crème fouettée, et pris finalement la première bouchée. « Mmmmmmh !! » Et voilà, les grands yeux pleins d’étoiles, un peu de crème au coin de la lèvre. « Mais c’est trop bon ! Goûtes !! C’est trop de la qualité, rien à voir avec les conserves ! »
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  Jeu 8 Fév - 22:56
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Ainsi, c'était cela que se trimballaient les dresseurs de Pokémons pour emmener leurs compagnons partout avec eux. Cela me fit remonter loin, jusqu'à mon enfance, à l'époque où je revoyais mon père utiliser les siens. Ils appelaient cela ... des Pokéballs, je crois. Luna ne semblait posséder que celle-ci, ou alors peut-être était-ce la seule à contenir un Pokémon ? Je n'avais pas fini de réfléchir à la situation que la demoiselle précisa que son fidèle compagnon s'y trouvait, probablement pour se reposer. Ma curiosité s'éveilla, davantage pour complaire à la rousse que par réel intérêt pour les Pokémons, j'écoutai à nouveau ses explications sur ceux-ci, en essayant d'assimiler un maximum de choses. C'est ce qui est pratique en tant que médecin, notre faculté d'apprentissage et de mémorisation était développée depuis nos études, et je parvins à récolter le plus d'informations possibles. Elle avoua se sentir davantage en sécurité en l'ayant avec elle, ce qui signifiait qu'il devait être particulièrement puissant pour la protéger. Bien que je n'étais pas spécialiste en la matière, j'avais acquis que ces créatures possédaient des pouvoirs particulièrement destructeurs. Je pouvais imaginer que les humains les utilisaient à diverses fins, et qu'une belle femme comme elle devait se protéger d'éventuels agresseurs. Enfin, je l'espérais.

Mon regard suivit le sien, pour se poser sur la sphère rouge et blanche. C'était un symbole qu'on pouvait reconnaître chez beaucoup de compagnies, car le marché des Pokémons était lucratif et ne connaissait pas vraiment de concurrence. Marquant un léger temps mort, probablement pour réunir ses pensées ou souffler un peu, j'essayais de me rappeler de mon paternel et de sa relation avec ses Pokémons. En vain. J'avais décidément fait le ménage dans mes souvenirs, nettoyant tout ce que pouvait représenter ce genre liens avec lui. J'en étais rendu insensible à ce que pouvaient me raconter les gens, notamment les patients que j'avais, sur ce qu'ils partageaient avec leurs bestioles bizarres. Pourtant, j'étais bel et bien en train de faire l'effort pour Luna, pour rester sur la même longueur d'onde. Je changeais, d'instinct, pour m'adapter à la situation et continuer sur ma lancée. C'en était pitoyablement drôle, me laissant souffler du nez pour reporter mon attention sur elle.

Le Pokémon dont elle me parlait était recueilli par des éleveurs. Ainsi donc, il y avait divers types de dresseurs de Pokémons, c'était intéressant. Quant au Régalia, j'avais lu ça dans les journaux, il y a quelques mois. Est ce qu'elle avait rencontré d'éventuels témoins dans cette mystérieuse affaire ? À vrai dire, j'en doutais. Le Général Witcan avait certainement dû lancer une enquête et je n'y étais pas convié, sans doute n'avaient-ils pas besoin d'un médecin mais plutôt d'enquêteurs. La police avait travaillé dessus de longues semaines, mais les survivants de la catastrophe se faisaient discrets, comme s'ils avaient un secret à cacher. Ce Charmeleon, lui, était un survivant d'une autre histoire, une tragédie d'abandon, par un dresseur possiblement lâche. Luna s'était probablement entichée de ce Pokémon pour cette raison. Elle était un peu une sauveuse pour cette créature, et ça devait lui donner le sentiment qu'on avait besoin d'elle.

Le fait qu'elle parle de refuges, d'abandon, d'amour à donner pouvait aller dans mon sens, mais ce serait dès lors trop manipulateur et cruel de sa part pour que ce soit du Luna. Certes, je ne la connaissais que depuis quelques heures maintenant, mais je sentais bien en elle cet élan de compassion et d'affection sincères pour son camarade. Elle voulait sans doute, en débarquant à Kalos, commencer une nouvelle vie en même temps qu'un rescapé, qu'il fusse du Régalia ou d'ailleurs. Elle se projetait également sur son Pokémon, en considérant la deuxième chance qu'elle a eue comme une opportunité d'en faire profiter quelqu'un d'autre, en l'occurrence le Charmeleon. Oui, ça, c'était un trait très Luna-like. Prendre soin ainsi des défavorisés, protéger le droit de ceux qui sont démunis, rétablir une certaine justice pour les plus lésés. Je pouvais la reconnaître au travers de ce genre d'agissements, elle qui semblait se donner pour tâcher de réparer les dégâts causés dans la vie de ceux qui lui sont chers. C'était peut-être ça, ce qu'elle cherchait à se prouver, qu'elle était capable de compter.

Selon son récit, ledit Pokémon recueilli semblait être une forte-tête, refusant de s'ouvrir à sa dresseuse malgré les efforts qu'elle décrivit faire pour lui. Farouche, il paraissait encore marqué par ce qu'il avait vécu et la détresse de la belle se lisait sur son visage alors qu'elle racontait tout ça. Pourtant, elle refusait d'abdiquer, de l'abandonner à nouveau. Elle s'était donnée pour tâche de l'aimer et d'espérer, un jour, recevoir son amour à lui. C'en était touchant. La voir ainsi capable de se décarcasser autant pour les éloges et l'acceptation de quelqu'un lui donnait une image très positive. Celle d'une femme fidèle, aimante, dont l'affection et l'amour comptaient énormément et qu'il fallait chérir et entretenir avec soin en permanence. La flamme de l'amour brûlait en elle, ça se voyait, ça se lisait, ça se ressentait mais, surtout, ça m'enivrait. Véritablement charmé par ce petit brin de femme, je n'osais l'interrompre de peur de passer pour un goujat, n'écoutant plus qu'à moitié la fin des évènements pour me plonger dans une profonde contemplation de sa personne. Il est possible que ce soit moi qui ais à payer le repas de Steiner demain, pour cette merveilleuse rencontre.

Ses yeux de petite fille flambèrent à nouveau à la vue de la salade de fruits. Elle semblait gênée par le geste, mais révélait peu après un contentement véritable. J'en fus à mon tour touché et elle mit un peu de temps pour entamer la fraise du sommet que je lui avais proposée. Peut-être qu'elle n'aimait pas les fraises, après tout ? C'en était assez angoissant, comme si elle jugeait, à son tour, le dessert. Et s'il n'était pas à son goût ? Et si quelque chose clochait ? Ces instants d'attente rendaient le tout oppressant. J'avais beau avoir l'habitude du stress dans mon job quotidien, il fallait admettre que là, je pouvais perdre le contrôle de manière assez brutale. Ça me ferait vraiment chier de voir que le rendez-vous qui se déroulait quasiment à la perfection jusqu'ici pouvait tourner au cauchemar.

Eh bien, non !

Je poussais un « Ouf ! » de soulagement alors que la belle aux cheveux écarlates, enthousiasmée par la surprise et la générosité du dessert, avait décidé de me tutoyer et de me partager le côté qu'elle mangeait. Entrant dans le jeu, je pris ma propre cuillère pour la planter dans le tout, prenant une bonne bouchée, avant de m'exclamer d'un « J'avoue, c'est délicieux. On devrait revenir ici en manger, tu en dis quoi ? » suggérai-je, décidant de la tutoyer à son tour puisqu'elle se montra familière et accepta d'être plus proche. En soi, c'était quelque chose que j'accueillais avec plaisir. En mâchouillant les fruits trempés dans leur sirop sucré, je jetai un oeil à l'horloge pour voir l'heure. Minuit pile, le temps avait filé tel l'éclair, mais je n'étais pas spécialement pressé de partir, sauf si Luna le voulait. Chose qui serait, encore une fois, compréhensible.

« Mmmh » fis-je, en finissant d'avaler les morceaux de fruits, avant d'enchaîner « Dis-moi, tu habites loin ? Je pourrais peut-être te raccompagner après qu'on ait fini. Il est tard, et ce serait plus sûr d'être accompagnée ... Enfin, si tu le veux bien. » proposai-je à nouveau, les yeux fuyants.
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  Ven 9 Fév - 4:07
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Une fois que j’avais pris la première bouchée, ma nervosité s’était amoindrie, remplacée par l’émerveillement. Le réflexe suivant avait été de me tourner vers Yoichi, de chercher à lui partager cette expérience aux goûts riches et sucrés. Mes yeux brillants étaient braqués sur sa personne, attendant de voir son appréciation du plat comme il l’avait fait pour moi. C’est sans trop me faire attendre qu’il prit une bouché, avouant que le met était on ne peut plus délicieux. Néanmoins, le jeune homme n’en avait pas terminé et son commentaire n’était visiblement pas désintéressé puisqu’il en profita pour suggérer une seconde soirée, un retour en ce même établissement pour en manger une nouvelle fois. Peu subtil, surtout à la première bouchée. J’avais toutes les raisons de croire qu’il ne désirait pas revenir ici simplement pour la salade de fruit. Il ne m’en fallait pas plus pour rougir et avoir un grand sourire con. On appréciait assez ma compagnie pour désirer me revoir. Ses mots venaient de m’offrir un petit boost d’ego donc j’avais profondément besoin. Ce n’était certainement pas tous les jours que l’on s’intéressait à moi de la sorte. Enfin, et que l’individu qui me porta un certain intérêt ne s’avère pas être un creep de première.

Je dressai ma cuillère, ma confiance boostée par l’intérêt qu’il avait manifesté à mon égard. « Pourrait. Mais on pourrait aussi faire le tour d’Élyséa pour voir si c’est vraiment la meilleure salade de fruit. Comme une aventure, à la recherche de la salade de fruit parfaite ! Haha ! » Je n’avais pu m’empêcher de rire, nous imaginant habillés comme des explorateurs, bravant les dangers et les énigmes pour goûter toutes les salades de fruit. Certes, j’étais partie loin dans mon délire, mais vu l’heure et la journée que j’avais menée, il n’y avait là rien d’étonnant. Levée depuis près de 18 heures, j’avais enchaîné une journée de travail, un début de soirée merdique et, maintenant, une fin de soirée plus que parfaite. Je réussi à contrôler mon rire, un peu en retard peut-être, m’excusant en essuyant l’un de mes yeux. « Enfin, ouais on pourrait revenir. Je veux dire… »

Sans doute étais-je effectivement allée trop loin puisque Yoichi avait regardé l’horloge, probablement pressé de s’en aller. Mon boost d’ego n’avait pas duré particulièrement longtemps… Et là bim. Ascenseur émotionnel. Le médecin offrait de me raccompagner chez moi. Il n’allait pas s’éclipser, n’allait pas me laisser rentrer seule chez moi. Il voulait plutôt rester, m’accompagner, faire un peu de chemin en ma compagnie. Je n’aurais donc pas été déclarée totalement folle et bizarre ? Victoire ! J’en étais soulagée, bien que la fatigue diminuait l’intensité de mes réactions. Je n’étais plus enjouée ou passionnée ou curieuse ou sérieuse, simplement sereine, détendue après un bon repas en tout aussi bonne compagnie. « Pourquoi pas, le chemin est long en bus donc, c’est toujours plus agréable avec… quelqu’un. » Je venais d’éviter une bévue. Plus agréable avec un ami ? Non, mais oh. Luna, faut se mettre un peu dans la game. Ça ne se dit pas ce genre de trucs, pas durant un premier rendez-vous. L’important c’est d’éviter de classifier la relation dès le départ, pour lui laisser la chance de se développer naturellement. Il fallait éviter la question tout comme le regard de Yoichi avait fuit le mien au moment de proposer sa compagnie. Était-ce encore une once de gêne ? Bizarrement, je trouvais ça encore plus motivant de me dire que, peut-être, juste peut-être, je n’étais pas la plus timide des deux. Peut-être même ce serait à moi de prendre certaines initiatives. Si je n’étais pas du genre à le faire normalement, ça me venait plus naturellement lorsqu’on me laissait la place pour m’exécuter.

Ceci étant dit, cette petite discussion sur notre retour me poussa à réfléchir un peu plus loin. Fronçant les sourcils, je tirais mon portable hors de la poche de mon manteau, désireuse de vérifier une information. Et heureusement que j’avais pensé à le faire. L’instant suivant, je me levais d’un bond, les yeux soudainement très éveillés à nouveau. « Le dernier bus de la soirée passe dans six minutes ! Si on le rate on devra rentrer à pied ! » J’aurais bien aimé m’éterniser, mais les priorités venaient de changer et, déjà, j’enfilais mon manteau sans prendre la peine de le refermer. Ouf, avec tout ce que l’on venait de manger, se lever aussi rapidement n’était pas une partie de plaisir. Le serveur, soucieux, venait de revenir, les mains unies, se demandant probablement pourquoi nous nous dépêchions de nous lever. « C’était vraiment très bon, merci beaucoup ! » Je m’étais ensuite dirigée vers la sortie, ne m’arrêtant que pour garder la porte ouverte, attendant que Yoichi me rejoigne à l’extérieur. Sait-on jamais, peut-être qu’il désirait interagir brièvement avec le serveur lui-même.

Lorsqu’il m’eut rejoint dehors, c’est sans réellement penser à demander son avis que je passai mon bras au sien, l’entraînant avec moi dans un rythme de marche énergique. Nous devions atteindre l’arrêt le plus vite possible, sans quoi c’est toute la ville que nous devrions traverser bras-dessus, bras-dessous. Enfin, je ne dirais pas non, mais le vent froid des nuits d’hiver m’incitait à minimiser le temps passé dehors. Nous gagnâmes l’intersection en question pile au bon moment, les phares de l’autobus illuminant nos silhouettes alors que je levai mon bras libre pour faire signe au chauffeur qui, bien sûr, s’arrêta pour nous. J’entrai la première, le souffle court et les doigts rougis par le froid. Je m’acquittai rapidement de mon frais de passage avant de me diriger vers l’arrière du bus qui était tout à nous. Je me laissai presque tomber sur un siège, soulagée et le visage rougis, des mèches de cheveux écarlates collées à mes joues. Et, malgré tout ça, je souriais, attendant que Yoichi vienne s’asseoir lui aussi. « C’était moins une ! Surtout que c’était le… dernier…. Oh non. » Je dressai ma main devant ma bouche, réalisant tout juste l’évidence. « Si c’est le dernier, comment vas-tu faire pour rentrer chez toi ? Il fait bien trop froid pour marcher. »
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  Dim 18 Fév - 2:31
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  Dim 18 Fév - 2:31

Le côté enfantin de Luna, qui surgissait à nouveau via cette proposition pour le moins cocasse, me fit sourire. Il faut dire que lorsqu'une personne comme elle se permet de plaisanter, dans ce genre de cadre, c'est qu'elle s'y sent à l'aise et elle a elle-même proposé de réitérer l'expérience en faisant le tour d'Élyséa. De quoi garantir une escapade riche en sucreries et en desserts. Et j'étais loin de m'en plaindre. Le temps qu'on passait ensemble filait à toute allure et je ne m'ennuyais pas une seule seconde, et pourtant nous ne faisions rien de spécial. La discussion avec elle suivait un rythme naturel et il n'y avait pas de gestes forcés, d'un côté comme de l'autre. Nous ouvrîmes nos cœurs en respectant la façon d'être de chacun, en laissant le temps faire son affaire et en donnant à l'autre l'occasion de pouvoir se sentir à l'aise pour s'exprimer. C'était une forme de communion rarement ressentie pour ma part, comme si en me questionnant, Luna cherchait à comprendre plus mes motivations qu'écouter mes réponses. Seulement, elle arrivait à me garder détendu, me faisant oublier la lecture entre les lignes, ma méfiance naturelle. C'en était assez déroutant au départ, mais je me laissais prêter au jeu. Je n'oubliais pas que, de toutes façons, si je voulais accepter d'aimer, il fallait aussi accepter de souffrir.

Tout comme mon bâillement expressif, la jeune femme exprimait sa fatigue en s'essuyant les yeux, sans doute alourdis par le sommeil qui devait la gagner. Compréhensible, au vu de nos journées professionnellement chargées. Nous avions passé un début de soirée assez désagréable pour finir sur une note plus que positive. Nous le montrions sans gêne, mais nous voulions nous revoir. J'aurais probablement mieux fait de lui demander où elle travaillait ... Je n'aurais qu'à questionner Steiner sur l'endroit où se situait le cabinet où bossait Nadia. En collègues, je retrouverais logiquement Luna là-bas. J'aurais aussi pu glaner l'information par les biais de la belle rouquine directement, sans passer par une tiers personne, mais mes habitudes étant ce qu'elles sont. Interrogatoire en catimini et pression psychologique seront au menu de mon idiot d'ami chirurgien demain. Je pourrais même, avec un peu d'adresse, dégoter le numéro de téléphone de la jeune femme sans ébruiter la chose, qui sait ?

Quoiqu'il en soit, je reçus avec satisfaction le "oui" de Luna quant à mon projet de l'accompagner chez elle. Sans arrières-pensées, il m'était naturel de me soucier de la sécurité de quelqu'un que j'appréciais et pour qui je me serais fait des cheveux s'il lui arrivait quelque chose. Certes, mon appartement se situait à quelques rues plus loin de son terminus, mais il était toujours plus sûr qu'un homme se baladât seul en pleine nuit qu'une femme. Les agressions se font plus fréquentes de nos jours et la Ligue a posté les avis de recherche de nouvelles têtes de bandits, d'où la précaution supplémentaire qu'il fallait prendre. Et puis, comme ça, je saurais où elle vit. C'est un peu glauque, dit comme ça, mais bon. Je ne pouvais m'empêcher d'éprouver une curiosité insatiable quant au personnage qu'elle était. Plus que de l'intérêt, il s'agissait d'une forme de fascination difficilement répressible. Cela se dissipera avec le temps, je suppose.

« Oui, rentrer à deux nous permettra de rentrer avec plus de sûreté. Pour qu'on puisse dormir tranquillement. » fis-je, légèrement dépité par ma propre incohérence. J'avais envie de me taper la tête et de m'arracher la tignasse quand je sortais des propos insensés de ce genre. Tiraillé entre plusieurs mots à utiliser, je finis par exprimer mon inquiétude par un discours presque robotique. C'est quand je fais tout mon possible pour éviter de gaffer que je fais les plus grosses conneries. Rattrape-toi, Yoichi !

Mendokusai ! En me rappelant le temps restant pour le dernier bus, il nous fallait nous bouger malgré le repas copieux dans nos estomacs. Je me levai de table et observai Luna qui prit les devants pour sortir la première, avant de m'attendre dehors. D'instinct, je la suivis tranquillement en faisant un signe aux propriétaires qui semblaient désireux de fermer l'établissement, puis je fus surpris. Surpris par l'initiative de la belle qui me prit le bras, marchant presque collée à moi, comme des amoureux venus visiter Élyséa pour la première fois. Un bref moment interdit, mon regard se posa sur elle, attendri, avant d'accepter le geste et de m'en accommoder. La chaleur ressentie dans mon cœur me fit presque oublier le vent glacial qui s'éleva, me faisant grelotter la première fois qu'il toucha ma peau. Nous marchâmes ainsi jusqu'aux arrêts de bus, profitant autant du contact prolongé que nous avions pour rendre la soirée encore plus mémorable. Dit comme ça, on pourrait presque croire que nous étions devenus insensibles au froid nocturne, mais il n'en était rien. Et heureusement pour nous que le bus arriva bien assez vite. Pour une fois qu'ils étaient ponctuels, il fallait le signaler.

Luna d'abord, puis moi, me laissant poser sur ses courbes voluptueuses un regard baladeur, avant de payer le ticket à la montée. Le transport n'était pas spécialement vide, mais les sièges arrières étaient bien libres. Encore de la chance à mettre à notre crédit, puisqu'on pouvait ainsi nous reposer durant le trajet. Je m'assis à côté de ma comparse qui, une fois encore, voulut s'enquérir de mon retour chez moi. Je posai la main sur la sienne, comme pour la rassurer :

« Ne t'en fais pas. Le bus passe par chez moi pour rentrer à la gare. Je demanderai au chauffeur de me faire une petite faveur. » dis-je, d'un ton calme où la fatigue suintait légèrement. J'espérais, au fond de moi, qu'il accepterait. Elle avait raison, avec ce froid le déplacement dehors serait difficile et je n'avais pas prévu de veste suffisamment chaude pour m'aider à faire la distance séparant l'arrêt final du bus à mon chez-moi.

Le bruit des gaz s'échappant de l'arrière, le moteur lourd qui faisait des sons gênants et le voici parti. La route était libre, normal vu l'heure, et il serait aisé d'arriver rapidement à la maison pour dormir. C'était un soulagement, quelque part, puisque nous pouvions enfin nous poser pour faire le point sur la soirée. Je me retournai vers Luna, approchant ma tête de la sienne dans un signe de complicité, pour lui indiquer de l'index les rares passagers qui avaient embarqué avec nous :

« Tu vois ce punk qui s'assoit en écartant les jambes et avec les mains largement posées sur le siège ? Je te parie ce que tu veux qu'il a un vilain problème aux fesses. Des hémorroïdes, sans doute. Je sais, c'est pas très glamour comme observation, mais c'est le seul malade que j'ai vu en montant dans ce bus. Fallait bien que je le signale. » remarquai-je, non sans être fier de mes qualités d'observation. J'ajoutai cependant, pour rendre la chose moins ragoûtante : « Dans ton job aussi on doit avoir une certaine faculté de déduction. Alors tu pourrais, pour égaliser le score, remarquer quelque chose chez un passant pour qu'on s'amuse durant le trajet. Partante ? » demandai-je, taquin.

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  Mer 21 Fév - 3:03
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Avec un peu de course, nous avions réussi à attraper le dernier bus de la soirée, fort heureusement. Non pas que j’avais envie de me séparer rapidement de Yoichi, mais disons que l’idée de rentrer à pied était loin de m’enjouer, surtout à cette température. Je me laissai tomber sur mon siège avec le sourire de la fierté, m’empressant de ravaler mon expression en réalisant que le véhicule était moins vide que je ne l’avais initialement cru. Timide, ou simplement prude peut-être, je préférais encore me faire plus calme maintenant que nous n’étions plus dans l’intimité d’un dîner aux chandelles. Le médecin venait d’ailleurs de s’asseoir à mes côtés, mettant en place une proximité nouvelle, suite logique de notre complicité naissante. Je ne me sentais nullement mal à l’aise lorsque sa cuisse s’appuya contre la mienne, résultat des banquettes peu larges des transports en commun. Je ne m’en formalisai pas non plus, lorsque sa main vint rejoindre la mienne et qu’il me rassura sur son propre retour. Soulagée, je me détendis de nouveau, appuyant même ma tête sur son épaule alors que mon abdomen semblait s'embraser doucement. Ainsi installés, je n’aurais pu blâmer qui que ce soit de croire que nous étions ensemble.

J’aurais bien pu me contenter de cela pour tout le trajet, en vérité. De ce moment où nervosité et joie s'entremêlaient dans cette sensation caractéristique. Celle où l'on a peur de faire un faux pas, de gâcher le moment. Le silence ne m'aurait pas été inconfortable, dans de telles conditions, mais Yoichi avait envie de relancer la conversation, pointant quelqu’un du doigt. Je sentis mes épaules se tendre, quelque peu mal à l’aise alors que le jeune homme aux cheveux d’argent spéculait sur les problèmes d’hémorroïdes d’un punk. Je déglutis, effrayée à l’idée qu’un autre passager ait surpris l’échange à sens unique, surtout s’il s’agissait du concerné lui-même. Tout fier, le médecin était prêt à me faire complice de ses petites observations, se doutant que j’étais capable d’embarquer dans son jeu et de me moquer à mon tour d’innocents individus qui ne demandaient qu’à rentrer chez eux. Soit, j’allais m’exécuter, mais mon petit doigt me disait qu’il n’aimerait peut-être pas forcément le résultat. Je m’approchai donc à mon tour, approchant ma bouche de son oreille pour aller y chuchoter mes propres observations. Sans doute mon souffle allait-il effleurer sa peau et, à cette constatation, mon coeur se mit à battre plus fort encore.

« Ne te retourne pas, mais il y a un jeune homme nerveux qui essaie de distraire son rencard et d’éloigner la conversation de lui-même car il est timide et que c’est plus facile de se moquer de gens qui ne lui ont rien fait que d’être vulnérable et de s’ouvrir et… Oh non j’ai dit un rencard hein ? Non mais c’pas ce que je voulais dire. Enfin, mais oui, mais… J’ai manqué mon effet là hein ? » Timide, je réappuyai ma tête contre lui, essayant de dissimuler mon visage grâce à son épaule et à mes cheveux. Je n’osais plus croiser son regard, mais je n’avais pas non plus envie de me décoller de lui ou même d’enlever ma main de sous la sienne. J’étais bien, tout simplement, et je n’avais pas besoin de plus pour vouloir rester là. « C’était une longue journée, vraiment. Tout ce que je voulais dire, c’est que… Ce n’est pas sur ce punk que j’ai envie d’apprendre des choses. Désolé, c’était très maladroit. Je me tais. »
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  Jeu 22 Fév - 23:51
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  Jeu 22 Fév - 23:51

La surprise m'était totale, dans la mesure où je comptais voir Luna sortir un peu de son cocon pour se montrer plus à découvert, c'est bien elle qui retourna la situation en sa faveur avec un aplomb que je ne lui connaissais pas. Ses propos, susurrés à mon oreille avec une proximité brutalement installée, me décontenancèrent un moment, sentant son souffle sur ma peau. Je déglutis, ressentant un frisson qui parcourut mon corps en entier à une vitesse folle, laissant mon cœur accélérer son rythme de battements presque instantanément. L'étonnement m'avait cloué sur place, faisant passer ces quelques brefs instants pour de longues heures, comme si le temps avait ralenti au point de paraître figé.

La jeune femme me fit un petit discours qui renvoyait directement à ma personne, comme si elle me réclamait de l'attention, qu'elle voulait détourner mon observation sur elle. La main sur l'autre, nous étions ainsi proches, coupés du monde qui nous entourait, sans nous soucier d'autre chose. S'étant quelque peu emportée dans ses propos, Luna se confondit en excuses alors que je me sentis davantage à l'aise, voyant que la rousse s'était véritablement aventurée hors de sa zone de confort et s'est laissée embarquer dans des aveux qu'elle paraissait regretter. Cela me fit sourire, comme pour me moquer gentiment de la maladresse de ma compagne du soir.

« De nous deux, je pense être le moins nerveux à l'idée d'avouer que cette sortie était un rendez-vous galant très sympa. Et sache que je ne couche jamais le premier soir, ni ne m'ouvre comme ça. » fis-je, pour taquiner la belle.

Peut-être était-ce l’œuvre de cette gaffe, ou le fait que Luna ait trouvé du réconfort et de la sécurité auprès de moi pour mettre sa tête contre mon épaule, mais l'ambiance était détendue d'un seul coup. C'est assez bizarre de se dire que j'étais probablement à cran, après avoir bataillé pour rattraper le bus et savoir, en un sens, que je ne serais pas encore rentré même en arrivant. Comme si je cherchais un lieu pour me reposer et me ressourcer et qu'en étant si familière, Luna m'avait offert une issue de secours salutaire. Elle s'était dévouée à installer un cadre bien à nous et s'en excusait timidement, lui donnant un air très mignon. Alors qu'elle avait baissé la tête et se cachait avec sa chevelure flamboyante, en prenant mon épaule et mon bras pour abris, je pris un air attendri avant de lui répondre, calmement :

« En réalité, je ne m'estime pas assez intéressant pour parler de moi. Je suis quelqu'un de normal, avec ses points forts et ses points faibles, mais je reste quand même un homme. Et je dois t'avouer, Luna, que j'ai beaucoup apprécié ce moment passé avec toi. » répondis-je.

Je me retournai vers elle, la laissant encaisser ma réponse avant de soulever sa tête, la main tenant son menton pour la lui relever doucement. Nos regards se croisèrent, à nouveau, nous plongeant dans une contemplation empreinte d'un silence solennel. Je l'admirais une nouvelle fois, avant de fermer les yeux et poser mes lèvres délicatement sur les siennes, comme une conclusion à cette soirée de rêve, qui avait su faire chavirer mon cœur.
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  Ven 23 Fév - 5:21
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  Ven 23 Fév - 5:21

J’étais plongée dans l’embarras, dans la gêne, mais ce n’était pas pour autant que je ne pensais pas ce que j’avais dit. Je me fichais bien des autres passagers, du conducteur ou même de notre destination. En cet instant, la seule chose que je désirais était bel et bien d’en apprendre plus sur Yoichi. Il y avait si longtemps que je n’avais plus eu d’interaction de ce genre, à cœur ouvert, où je me sentais bien et où j’avais envie de simplement me perdre, de me laisser aller. Je voulais le découvrir, le comprendre, parce que j’avais un profond besoin de me lier à autrui et, surtout, car j’avais peur de me lier au premier venu et de le regretter par la suite. Ironiquement, toutefois, sans doute me serais-je désintéressée tout aussi rapidement s’il ne m’avait pas opposé cette résistance, cette retenue. Cela me donnait l’impression de me retrouver en lui, de partager cette inclinaison pour la discrétion, la protection de soi. La peur de voir ses sentiments trahis. C’est bien ce qui m’empêchait de dire de vive voix ce que Yoichi se permit d’avouer. Un rendez-vous galant très sympa. J’esquissai un sourire qui me réchauffait le cœur et teintait mes joues de rose. Puis impossible de ne pas s’amuser de la suite. Comme ça lui non plus ne se montrait jamais vulnérable le premier soir.

« Fair enough. » Avais-je dit, toujours blottie contre lui. J’aurais pu fermer les yeux, m’endormir là, m’abandonner à sa compagnie. J’ignorais pourquoi et, si on me l’avait demandé, sans doute n’aurais-je pas pu offrir de réponse logique. C’était comme ça, tout simplement. Je me sentais si seule depuis mon arrivée à Kalos, j’avais tant besoin de forger un lien, de me sentir importante, de compter pour quelqu’un et de pouvoir offrir un peu de l’affection que j’avais à donner. C’est tout ce dont j’avais envie : me coller à lui, profiter de sa présence, peut-être même caresser sa main de mon pouce et le laisser également apprécier ma compagnie. Cela m’aurait honnêtement suffit. C’est donc Yoichi qui fit le pas suivant, désireux de plus encore. Les yeux mi-clos, je profitais du ton de sa voix, calme, apaisante. Il m’avoua ne pas aimer parler de lui. Selon ses dires, il était simplement normal, avec ses points forts et ses points faibles. Certes, mais j’aurais bien aimé savoir lesquels. Apprendre quelles étaient ses peurs, ses joies, ses pensées loufoques. Mais certaines questions sont peut-être faites pour demeurer sans réponses. L’important, c’est qu’il n’était qu’un homme et qu’il avait beaucoup apprécié ce moment passé avec moi. Une fois de plus, je me serais contentée de cela, perdue dans mes pensées, profitant du confort qu’il m’offrait sans chercher plus loin. Mais Yoichi n’en avait pas terminé avec moi.

« J’ai également passé une très belle… » Je m’interrompis lorsque la main du jeune homme vint se poser sur mon menton pour me guider, me forcer à le regarder. Je suivis son mouvement, interloquée au départ. J’avais du mal à comprendre ce qui se passait, comme si l’on venait de me tirer d’un rêve et que je m’éveillais finalement. Je n’avais cessé de marcher sur des nuages et, à présent, il était temps de retomber sur terre. Depuis combien de temps n’avait-on pas touché mon visage ? À quand remontait la dernière fois où un regard s’était plongé dans le mien avec autant d’intensité ? Je me sentais céder à une panique inattendue, mon cœur battant dans mes tempes alors que, soudainement, j’avais cette envie irrésistible de prendre la fuite. Mon abdomen était en feu, empli d’une chaleur qui se tortillait en moi. Je ne comprenais pas, ayant du mal à aligner deux pensées sans me perdre dans ce regard qui me transperçait, me forçant à m’éveiller, à vivre de nouveau plutôt qu’à assister à ma vie comme une spectatrice. Et, malgré tout cela, mon corps savait quoi faire.

Je fermai doucement les yeux, ma dernière vision n’étant nulle autre que les mèches argentées de Yoichi. Yoichi Sato, l’homme dont le souffle se mêlait à présent au mien et qui, bientôt, allait m’embrasser. Celui-là même dont les lèvres étaient toujours sucrées, fruitées. Je me sentais fondre. Je n’étais plus que miel entre ses mains, perdant tous mes moyens, ne pouvant m’empêcher de l’embrasser en retour et d’espérer que cela ne se termine pas. C’était plus fort que moi, me donnant envie de me rapprocher de lui plus encore, si c’était seulement possible. C’est une imperfection dans la route qui nous sépara finalement alors que le bus retombait après un dos d’âne, l’impact séparant nos lèvres. Je m’étais accrochée à sa main libre un peu malgré moi, comme effrayée d’être séparée de lui plus encore. Mais le moment était passé et j’avais rouvert les yeux, redécouvrant l’homme qui avait réussi à faire battre mon cœur plus fort que jamais. Ma tête tournait, affligée de vertiges suite à tant d’émotions fortes. Je n’arrivais pas à le croire, mais le goût des lèvres de Yoichi hantait toujours les miennes et le doute n’était pas permis.

« J’ai envie de te revoir, Yoichi. » Je ne pus m’empêcher de sentir un sourire en coin se former sur mes lèvres. C’était la première fois que je l’appelais par son prénom et, en ma voix, un émerveillement certain pouvait se faire entendre. Je m’étais appliquée, avait chéri ce court nom qui promettait d’être teinté d’une signification particulière à présent. L’un de ceux qui vous rappelleront toujours un individu en particulier. J’étais une simple femme : un tel baiser m’avait charmée et j’avais envie de plus à mon tour. Malheureusement, je n’étais pas que simple, mais bien maladroite en plus de ça. Un regard furtif à la fenêtre me fit réaliser tout le chemin parcouru par le bus depuis que y avions pris place. Si j’aurais aimé finir la soirée en beauté et me séparer de lui avec classe et mysticisme, ça n’aurait pas vraiment été moi. « C’était mon arrêt ! » Je me dépêchai d’allonger le bras pour demander l’arrêt du bus, espérant pouvoir débarquer avant de trop m’en éloigner. Cela fait, je me tournai à nouveau vers Yoichi, ne sachant guère comment lui dire au revoir, surtout dans le peu de temps qu’il nous restait ensemble. Dans le doute, je fis la seule chose qui me semblait correcte. Caressant sa joue, je déposai un nouveau baiser sur ses lèvres, profitant de la moindre seconde, du plus petit instant. Je ne me séparai de lui que lorsque le véhicule s’immobilisa et que je dus me lever, lui adressant de dernières paroles avant de m’engouffrer dans la nuit.

« Good night and sweet dreams. »
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