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  Lun 29 Jan - 2:09
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  Lun 29 Jan - 2:09

Traverser l'empire d'ouest en est… A bien y réfléchir, même avec les express nationaux, ça prend un certain temps. Il y a quelques années, il aurait fallu changer de train à Elyséa, et même changer de gare. Maintenant que la ligne trans-impériale a été terminée, il faut un peu plus de quatre heures pour croiser de la pointe de Port Tempête à la frontière de la république fédérale de Germania. Le premier train de 6h30 arrive vers 11h à Châteaurives-ville. Vraiment dommage qu'ils ne partent pas plus tôt. Quand je suis revenue à moi un peu après trois heures ce matin, ça n'allait pas fort. Haut-le-cœur, tremblements, et un reste de fièvre. Mais au moins pas de présence fantomatique sous mes yeux. Ce genre de soirée me laisse toujours des séquelles la journée d'après, mais je m'estime plutôt épargnée. Après mon rituel sportif du matin, j'ai vite rejoint le continent et la gare de Port Tempête. Loïc avait l'air soulagé de voir que j'allais mieux, même s'il ne m'a pas exactement fait de compliment sur ma mine. « Avec une tête comme ça tu devrais pas faire de folies, ma grande ».

Me voilà maintenant, assise au bar du superexpress. Pas grand monde autour de moi, après tout ce n'est pas encore l'heure de manger. Les gens préfèrent leur places étroites dans les compartiments pleins à craquer, simplement au prétexte qu'elles leur sont attribuées. Mais au bar, tant que ce n'est pas la cohue de l'heure du déjeuner, on peut s'étaler. Posé sur le dossier du fauteuil qui me fait face, Baku est en train de se lisser les plumes avec minutie, sans prêter la moindre attention au paysage qui défile à toute vitesse à travers la vitre. Un paysage terne et morne d'hiver, de champs vides et d'arbres sans feuilles. Il pleuvait encore quand je suis partie de la gare, et maintenant le ciel est d'un d'un gris fade. Je sirote une canette de Ceribizz' dans un verre en plastique où j'ai essayé de diluer un sachet contre la nausée. Moi qui pensait qu'une boisson aussi odieusement sucrée et synthétique ferait l'affaire, me dis-je en jetant un regard un peu méprisant à la mascotte cériflor épanouie sous un soleil à faire pâlir Solgaleo. J'imagine qu'un ceribou, même si ça aurait été plus logique, ne se serait pas aussi bien vendu. Bah. On ne sent même pas vraiment la ceriz. Le goût infect et faussement sucré du médicament est décidément difficile à masquer. Quelqu'un n'est pas allé au bout de la logique en créant un truc pour éviter de vomir qui soit à gerber.




Sur l'écran de mon ordinateur, mes écouteurs dans les oreilles pour m'isoler d'une éventuelle distraction, je repasse en revue un corpus d'articles sur les pokémons spectre émanent d'une grande université d'Albion. Distraitement, j'entends la musique kantoïte pétillante que ma mère passait le soir en cuisinant, un vieux tube des Rarecandies qui lui rappelait le pays. Je me demande si elle l'écoute encore, ce cd, ou si ses gourous lui ont tout fait jeter. Plus ou moins la seule musique sur laquelle j'arrive à rester concentrée, peut-être parce que je ne la remarque même plus.

Ça ne me surprend pas, mais beaucoup de chercheurs traitent encore le domaine des pokémon spectre comme une para-science. Malgré qu'il soit désormais scientifiquement avéré que les pokémons spectre appartiennent à une réalité tangible et vérifiable, il y a eu tellement de conflits de publications et de pression par les divers lobbys religieux que le sujet est plutôt évité par qui se considère un chercheur sérieux… En vérifiant, il s'avère que Vassilov est d'ailleurs un des rares visages éminents du domaine, sans doute à cause de son approche historique et sociétale plus que biologique des pokémons spectre.
Ce qui implique forcément que même dans ce corpus universitaire de haut niveau, tout ce qui tient de près ou de loin aux sciences naturelles laisse à désirer… « Traumatismes infantiles et pokémons spectre », «Les pokémons spectre dans la construction théologique en Europa », « anatomie de la peur en Albion, question des pokémon spectre »… La majorité des articles évite d'aborder les pokémons en question, traitant plutôt leur position dans l'imaginaire collectif, les conséquences plutôt que les causes en somme. L'une des sources les plus riches reste encore les cahiers de recherche du grand biologiste nordique Limneutz d'il y a plus de deux siècles. Il notait avec un détachement candide toutes ses rencontres en nature avec les pokémons, même s'il se trompait quasiment systématiquement sur leur appartenance phylogénique. Pour un type qui croyait que papillusion et mimitoss étaient de la même famille, on peut au moins lui être reconnaissant d'avoir identifié que les pokémon spectre prenaient leur alimentation dans leur environnement et répondaient à la classification d'être vivant. Sauf en ce qui concerne mourir, où là tout reste très flou, pas moins maintenant qu'au XIXème siècle.
Par chance, il y a quand même un ou deux articles un peu plus précis, écrits par d'obscurs chercheurs qui ont voulu jouer sur le cool factor, souvent pour leur thèse de doctorat. « Perspectives sur la domestication des fantominus », sans doute le papier le moins ridicule de ceux-ci, par un type qui de toute évidence a au moins une vraie passion pour la question et a poussé loin ses tentatives de dressage, adoptant par chance la nomenclature pokédex pour répertorier toutes ses découvertes. Listes de compétences, phases évolutives, gabarits, etc. Malheureusement, avec sa licence d'éleveur restreinte, il n'a pas tenté de mesurer les performances de combat des fantominus, et son analyse de leurs capacités offensives reste superficielle… Ce qui ne laisse finalement pas grand-chose à se mettre sous la dent concernant les cas de possession qui leur sont imputés. Si on exclut les rapports d’entraîneurs qui n'ont aucune méthode scientifique et se contentent de parler de « force d'arrêt » et d' « effet de statut ». Un désastre que les écoles de dressage, à peine mieux que des cours d'EPS avec pokémon. En fin de compte, ma première impulsion était bonne : personne n'a encore vraiment fouillé la question, et je vais avoir à défricher ça moi-même. Ce qui est une bonne et une mauvaise chose : une bonne parce que potentiellement, c'est un article à la clé, et quelques financements si je vais au bout (sans négliger mes chances de tomber miraculeusement sur une solution directe à mon Problème). Une mauvaise parce que je ferai les erreurs que personne n'a été là pour faire avant moi. Faire des erreurs prend du temps.
Me dépassant alors qu'elle traverse le wagon, une femme obèse se traîne en ahanant jusqu'au comptoir, tapant au passage du pied dans ma serviette. Je la foudroie du regard alors qu'elle va commander une ration indécente de daughnuts, sans me prêter la moindre attention. Elle écrase sous son bras épais comme un jambon un pauvre ponchiot à l'allure poussiéreuse, qui semble sur le point de se noyer dans les méandres des bourrelets de sa maîtresse. Le clébard couine misérablement en croisant le regard de Baku, qui regagne en un instant son allure farouche et hautaine en gonflant son plumage, gêné dans sa toilette.
«Pathétique créature ».


Je prends quelques minutes pour me dégourdir les jambes lors de l'arrêt à Elyséa. Le fond de l'air est humide et froid, et je me décide à enfiler le pull un peu plus épais que j'ai fourré dans mon sac à dos. Mais pour le coup, avec le gros manteau que j'ai aussi emporté, ce serait sans doute trop… Malheureusement, à peu près autant de monde monte dans le train que d'autres descendent pour leurs affaires à la capitale. En quelques instants, le bar auparavant calme s'anime, et une odeur de mauvais sandwich SNCK remplit le wagon. Pas vraiment appétissant. Je ferme mon ordinateur et me lève pour rejoindre ma place, quelques voitures plus loin. Pas le choix… Je m'assieds à côté d'une femme dans le début de sa quarantaine, occupée à lire des news sur son téléphone portable.  Probablement les dernières sensations autour du coup de vis sécuritaire discrètement justifié par les attentats de Nox Obscuras.  Une pensée me traverse l'esprit, et je me retrouve à regarder les visages de mes voisins, ces gens dans le même wagon. Qui sait, parmi ces voyageurs se trouve peut-être un terroriste recherché par l'Empire. Cette mère avec son gosse qui s'applique à faire des coloriages ? Ça serait une bonne couverture. Ce geek avec son magneti posé sur la table en train de programmer on ne sait quoi sur son pokénav? C'est ce genre de climat, où l'on en vient à soupçonner tous ceux autour de soi, qui finira invariablement par surgir de leur virage vers le contrôle et la surveillance. L'autoritarisme n'est pas loin. Après, ce serait hypocrite de nier que dans ce wagon, la seule personne dont je suis certaine qu'elle ait déjà tué quelqu'un, c'est moi-même.
De l'autre côté de la table du carré, deux jeunes tourtereaux se bécotent sans honte. Lui arborant la coupe de cheveux ridicule à la mode, rasée sur les côtés et touffue en haut, un hoodie de marque gris, a une main passée sous la fesse de la fille. Elle, trop maquillée pour dissimuler une mauvaise peau, son nez saillant et inélégant enfoncé dans la joue de son compagnon, tripote sa cuisse près de l'aine.

Plus on arrive vers l'est, plus le froid se décline dans le paysage. Dans les endroits que le soleil n'atteint pas, il y a même quelques restes de neige à moitié fondue, annonçant déjà les manteaux blancs qui doivent m'attendre à Châteaurives.
Maintenant que j'y pense, je vais devoir faire un saut à la préfecture de police à mon arrivée pour me faire autoriser dans le secteur des ruines. Les autorités veulent éviter d'avoir des rôdeurs dans un endroit qui peut s'écrouler à tout moment, et je les comprends. C'est une perte de temps inévitable, mais je n'ai pas envie de me faire asticoter par un ranger en mission. Il me reste encore deux bonnes heures de trajet. J'incline légèrement le dossier de mon siège et tapote légèrement le sommet du crâne de Baku, blotti entre mes genoux. Il dévisse sa tête pour me faire face, comprend qu'il doit -encore- me faire perdre conscience. Je vois passer un moment d'hésitation dans ses yeux. Oui, on est en plein jour. Mais ce n'est pas comme si j'étais en excès de sommeil. D'autant plus que les fantominus, à ma connaissance, n'ont pas pour habitude de sortir de jour. Je ne peux pas me permettre d'avoir une crise liée à l'épuisement ce soir, surtout dans les ruines.



Immédiatement, je regrette cette décision. C'est toujours un pari risqué de me plonger en hypnose plusieurs fois en peu de temps. Parfois ça marche à peu près bien et je récupère tranquillement. Parfois je me retrouve dans cette situation là. Le train a disparu. Autour de moi, gonflé et oppressant, s'étend un magma rouge-violacé, comme l'intérieur d'un corps. Des colonne adipeuses s'élèvent du sol au plafond et s'effondrent lentement, dans un gargouillis écœurant. Mes jambes sont prises dans un enchevêtrement immonde de nervures qui s'infiltrent entre mes vêtements et grouillent jusque sous ma peau. Je tente de bouger, et sens dans mes jambes l'effroyable sensation de ces filins organiques qui s'immiscent et remuent en moi. Je ne peux pas me dégager. Je ressens une intense chaleur venir du sol, comme si le monceau de chair qui m'avale s'éveillait d'un souffle animal. De la sueur se met à couler sur mon front et mes yeux, brouillant ma vision. Je me baisse pour tenter d'arracher les odieuses artères qui m’enserrent. Elles éclatent en répandant un flot visqueux d'un liquide sombre, brûlant et épais, plus proche du mazout que du sang. Mais l'instant d'après, elles se reforment. D'une colline cartilagineuse en face de moi émerge lentement la présence de l'apparition. Sombre, diffuse, calme. Elle sait que je ne peux pas fuir. Que où que j'aille, elle sera là pour me suivre. Pour m'avaler. Dans un bruit grotesque de suintements de chairs déchirées, l'apparition descend de son piédestal vivant.

« Sei… Sei… Sei... ». Une voix désincarnée, glaçante dans cet environnement étouffant de fournaise. Dans les ténèbres de la silhouette sans visage, je devine un rictus satisfait. Je redouble mes efforts pour me libérer, griffant et arrachant de plus belle les liens poisseux et élastiques. Là où ils pénètrent ma jambe, ma peau boursouflée prend une teinte flétrie d'un mauve hideux. Ma chair part en morceaux putréfiés à chaque artère que j'arrache, me baignant les os à vif de l'humeur noire qui s'en écoule. Une douleur indicible explose à l'arrière de mon crâne, irradiant l'ensemble de mon crâne. Inexorable, l'apparition me rejoint.

« Viens, Sei… Rejoins-moi. Mets fin… à ton tourment ». Sur ces mots, un appendice sombre s'étend vers mon visage. Je ferme mes yeux de toutes mes forces, sentant le contact gelé traversé ma peau comme un film de cellophane.

Quand je rouvre finalement les yeux, l'infâme sensation est toujours là. Un bras de ténèbres s'étend dans le néant, à travers la vitre du wagon, baigné dans une lumière rougeâtre. Tout est immobile autour de moi. Le train, figé à 300 km/h à travers la campagne enneigée. De l'autre côté de la vitre, le paysage est flou et incertain, brouillé par la vitesse, paradoxalement inerte. Entre mes genoux, Baku semble regarder loin, très loin au-delà de moi, mais il est évident qu'il ne me voit pas. Je ne peux toujours pas bouger, solidifiée sur mon siège comme s'il faisait partie de moi. L'apparition déforme les traits du jeune type en face de moi.
Akihira.
Le son de sa voix, déformé par la créature, mais le son de sa voix quand même, alors que le visage s'arrache à la succion goulue de la fille sur le siège d'à côté. Un sanglot essaie de monter dans ma poitrine, broyé avant de naître.


« Sei… Je t'aimais. Je t'aimais tellement… Pourquoi? »
Je ferme à nouveau les yeux, le cœur vrillé de douleur.


« Mesdames et Messieurs, dans quelques instants nous allons arriver en gare de Châteaurives-ville, le terminus de ce train. Nous vous invitons à ne pas tenter d'ouvrir les portes avant l'arrêt complet, et à vérifier que vous n'avez rien oublié à vos places. La SNCK et son personnel... »

Quand je rouvre pour de bon les yeux, l'annonce d'arrivée finit de passer dans les hauts parleurs du train. Le chef de train a un accent de l'est assez prononcé. Je passe une main sur mon front. Il est moite de sueur. Pressé, le jeune couple se lève, descend ses sacs du rack à bagages au dessus des sièges et se met à faire la queue pour sortir. Je laisse passez devant moi la quadra, toujours absorbée par son téléphone portable. Dehors, il neige. Le quai est couvert d'une boue grise de glace fondue par un déverglaçant. Le vent froid de Châteaurives nous enveloppe alors que je mets le pieds sur le sol humide, et je sens Baku posé sur mon épaule se blottir contre mes cheveux. La lumière du jour se fait tamisée et douce, ne s'entend que le souffre de pression hydraulique du train à l'arrêt et les sonals des annonces de la gare.

Après avoir avalé un repas un peu trop cher mais décent dans le bistrot de la gare, je prends tout de suite un taxi pour la préfecture de police. La neige en couvre tous les toits, sur plusieurs centimètres. Par endroit, sur les routes mal dégagées, le taxi éclabousse le bas côté d'une gerbe d'eau sale. Dans une ruelle, un chartor de la municipalité arpente les trottoirs d'un pas lent dans un nuage de vapeur, sublimant le verglas. Derrière, son dresseur balaie avec désinvolture le surplus à moitié fondu dans le caniveau. Les volutes masquent un temps les colombages d'une belle maison médiévale, mais sont bientôt chassées par le vent. Châteaurives est une ville charmante. Je goutte la ballade depuis la vitre du siège arrière, laissant machinalement mes doigts jouer sur la petite boussole que j'ai achetée pour une misère à la boutique de la gare. Baku, intrigué, se met à en triturer du bec l'anneau porte-clé.
Alors que nous traversons le vieux centre, je réalise que le célèbre marché de Noël vient sans doute juste de se finir. La grand place de la cathédrale est couverte d'étals vides et à moitié démontés par quelques ouvrifiers et un gros machopeur. Après les fêtes, il y a toujours un certain sentiment de mélancolie qui tombe comme une averse sur l'Empire, et Châteaurives n'y fait pas exception…

Le commissariat de Châteaurives est un bâtiment blanc moderne à quelques pas de la mairie. Sans être laid, il n'a pas le génie architectural du reste de la ville, mais a au moins le mérite de se faire oublier, en particulier par un temps pareil. Dans un box, un flic en faction accompagné d'un duo de miradars monte la garde. Ils ont l'air tous les trois aussi raides et alertes. Un rapide coup d’œil et l'on peut sentir que sur leurs épaules pèse le poids conjugué des troubles indépendantistes qui n'épargnent aucune grande ville de Kalos, mais surtout la peur de Nox Obscuras. A la sortie du parking, j'entrevois quelques policiers en uniforme de « maintien de la paix », accompagnés d'un démolososse patibulaire, les mâchoires engoncées dans une muselière de cuir. Par tenue de maintien de la paix, comprendre armure et casque blindés de niveau militaire, et une mitraillette fermement vissée dans le poing.  J'avise un écriteau devant le sas d'entrée en verre «accès des animaux restreint au personnel du commissariat. Merci de garder vos animaux dans leurs capsules de confinement». Je fais signe à Baku d'aller se poser sur un lampadaire un peu abrité par une corniche, mais il ne bouge pas d'un pouce.

« Tu as froid, c'est ça ? Désolée... Tu préférerais peut-être que je te trouve une capsule de confinement ? Allez, un peu de courage, je ne pense pas que j'en aurai pour très longtemps ».

Fixé par l'un des deux méfiants miradar, s'ébrouant pour secouer la neige qui a commencé à s'amonceler sur son plumage, Baku s'envole à regret jusqu'au perchoir que je lui ai indiqué dans une petite bouffée de poudreuse.

A l'accueil, une jeune fliquette brune et assez mignonne -probablement une stagiaire- attend, souriante, derrière un guichet. Elle m'invite à m'approcher.

« Bonjour Madame, que puis-je faire pour vous ? » dit-elle d'un ton un peu chantant. Elle aussi doit-être du coin.

« Je viens pour une autorisation de me rendre dans les ruines de Lignerives pour des recherches scientifiques. Il me semble que l'accès est interdit d'ordinaire. »


« Ah oui effectivement, pour ça il faudra voir avec le bureau qui s'en occupe, un instant je vous prie. »


Elle prend le téléphone posé à côté de l'écran de l'ordinateur, pianote un numéro et me sourit alors qu'elle attend la réponse. Un sourire rehaussé par une légère touche de maquillage, juste assez pour avoir l'air féminine en uniforme, mais sans que ça se remarque trop. Un court échange s'ensuit, puis :

« A l'étage, bureau des rangers 13E, derrière le bureau des dépositions »

« Merci. »


« Je vous en prie !»,
répond avec bonne humeur la fliquette. Encore trop fraîche pour être désabusée par le job, on dirait. Ce qui n'est pas une mauvaise chose.

Ce n'est pas exactement pareil dans le bureau 13E, qui respire le tabac froid. Un type corpulent entre deux âges est assis derrière une table de travail de mauvaise qualité d'un blanc jauni, l'air pas très commode qu'on peut facilement imaginer faire partie de l'uniforme. Ses cheveux sont coupés court,  et ses étroits yeux clairs luisent derrière de petites lunettes rectangulaires, renforçant encore son allure autoritaire. Quand j'entre, il lève à peine les yeux pour me regarder, écrase un mégot dans le cendrier de plastique sur son bureau.

« 'Jour m'dame. C'est pour quoi ? »
. Sa voix, un peu fluette, ne colle pas vraiment avec son corps. Son visage est lisse et ses joues rasé de frais. Il y a comme un contraste entre son apparence ordonnée et le relatif chaos de son bureau.

« Je suis professeur à l'Université de Port Tempête. Je viens pour une autorisation de me rendre à Lignerives pour des recherches scientifiques. »

« Avec la neige ? Vous avez du courage. Z'avez une pièce d'identité ? »

Je sors ma carte de dresseur de mon porte feuille et la tend au flic, qui la regarde minutieusement.

« Madame Fu...ji...Wara », dit-il avec un accent de Kalos marqué à l'extrême. Sans doute intentionnellement. Il rentre mon nom dans sa base de données, parcourt je ne sais quel dossier des yeux.

« Z'avez une accréditation spéciale, m'dame ? »

« Mon poste stipule que je suis autorisée à effectuer des recherches dans le territoire de Kalos dans la limite du cadre prévu par les autorités. Je suis ici pour confirmer les détails de ce cadre. »

« Hmmhmm. »

Le type replonge un moment sur l'écran de son ordinateur. L'écran se reflète dans les verres de ses lunettes, masquant ses yeux.

« C'pour faire quoi exactement que vous voulez aller aux ruines ? » marmonne-t-il, la main appuyée devant la bouche, pensif.

« Prélèvement de spécimens, études de l’environnement ».

« Savez qu'on a des espèces protégées là-bas, vous pouvez pas prendre n'importe quoi ».


« Je sais, mais non, je viens pour les fantominus ». Ce type m'agace un peu, mais j'évite de trop le lui faire sentir dans mes réponses.

« Normalement, y faut une autorisation écrite de la préfecture pour des recherches qui dépassent 5 jours. Avec votre accréditation, vous êtes pas autorisée à rentrer dans les tunnels des ruines sans être accompagnée par un ranger. »

« Très bien, je ne suis là que deux jours. »

« 'Tendez ».


Le type se lève, quitte le bureau un moment. Il revient avec deux feuillets et une grosse agrafeuse, disproportionnée par rapport à la tache. De l'overkill. Il me tend le certificat.

« Voilà. On peut pas vous emmener là-bas, tous nos rangers sont occupés avec les chutes de neige. Je vous ai mis un plan derrière. Si jamais vous croisez un agent, vous lui montrez le papier et votre carte d'identité.»


Le flic enlève ses lunettes, souffle de la buée dessus et commence à les frotter avec une chamoisine.

« Faites attention dans les ruines, suivez les panneaux d'interdiction, c'est dangereux. Tous les ans on a des idiots qui se blessent dans des décombres. Restez loin du vieux champ de mines aussi, normalement il a été nettoyé mais on est jamais sûr. »


Décrétant qu'il en a fini avec moi, il se replonge immédiatement sur son écran d'ordinateur, comme si j'avais déjà quitté la pièce. Je le remercie du bout des lèvres en sortant du bureau. Pas commode. Je me dépêche de sortir pour retrouver Baku, qui s'empresse lui aussi de me rejoindre à tire d'aile, m'accueillant d'un hululement un peu fâché. « Tu as bien pris ton temps... ». Ou peut-être est-ce moins courtois que cela ? Un coup d’œil à ma montre et je vois qu'il est déjà presque 13h. Rétrospectivement, ce n'était sans doute pas une mauvaise chose que cette atroce séance d'hypnose dans le train. Je ne me sens pas aussi fatiguée que d'ordinaire à la mi-journée. Je réfléchis à aller directement à Lignerives. Après tout, si j'arrive uniquement à la nuit tombée, ce sera beaucoup plus difficile de prendre mes repères dans l'environnement, et probablement plus dangereux, comme l'a dit le bouillon derrière son bureau en toc. Mais en marchant dans une ruelle pavée, je remarque à nouveau les battisses couvertes de neiges aux pittoresques poutres saillantes, et j'hésite un instant à m'autoriser une petite promenade en ville… Après tout, je n'ai pas tant d'occasions de faire du tourisme.

Réprimant cet égarement poétique, je me rends sans détour vers la gare locale, bien plus petite et enfermée dans un quartier sans âme. Dès que l'on quitte le vieux centre, toute cohésion et prétention architecturale disparaît, pour laisser place à des tours mi-hautes et des barres résidentielles laides. Les quelques quais de la gare sont presque déserts, probablement le résultat de cette langueur hivernale que je sentais tout-à-l'heure. Une fois mon ticket en main, je m'assois sur un banc et attend l'intercité dans le froid. Vent, neige. Pas si différent du « vent, pluie », auquel je me suis habituée. Si ce n'est le silence. Pour me réchauffer, je décide d'aller jusqu'à un distributeur et me paie une barre protéinée, déchirant sans état d'âme le visage de l'ouvrifier sur l'emballage. J'en tends un peu à Baku. Après tout, entre céréales et cocktail de minéraux et protéines, rien qui puisse nuire à sa diète. Je suis presque certaine que dès que nous aurons atteint le bois près des ruines, il se fera un plaisir d'aller traquer le rattata. C'est toujours amusant de le voir ainsi partagé entre la bougeotte d'avoir été coincé dans un train immobile pendant plusieurs heures et le manque d'entrain que la température lui cause.
Je suis seule à monter dans l'intercité, qui est vieux, branlant et sale, couvert de tags vulgaires. À l'intérieur, je ne vois que quelques personnes âgées au regard vague, qui descendront sans doute dans les petits villages avoisinants. Moi, je dois aller jusqu'au terminus.




La station de Lignerives mérite à peine ce nom : un unique quai à moitié couvert donnant sur un portail à mi-hauteur, sur lequel personne ne veille. Un panneau indique le chemin touristique vers le « fort musée » aux sonorités germaniennes imprononçables protégé et restauré un peu plus loin. De toute évidence, à en juger par les flaques de verglas et la poussière presque aussi épaisse que la neige, le tourisme historique ne bat son plein qu'en été. Un coup d'oeil sur le plan que m'a laissé le flic me confirme que je dois partir presque à l'opposé de cette piste. L'essentiel des ruines est concentré plus au nord, suivant vaguement la ligne de la frontière, qui n'est qu'à quelques kilomètres de là. Je repère un petit sentier qui longe la forêt, délimité par quelques piquets qui sortent péniblement des congères qui le bordent. Mes pas crissent dans la neige, et après quelques minutes de marche, je réalise qu'effectivement, je ne distingue presque plus mes environs. La neige, qui tombe de plus en plus dru, forme un écran presque opaque autour de moi. Je vérifie régulièrement mes changements de direction, et les note maladroitement de mes mains gantées sur un petit calepin, estimant à l'instinct les distances. La dernière fois que j'ai eu à faire ça, c'était pendant mon service à Fort-de-Flandres, mais par chance, ce n'est pas vraiment quelque chose qui s'oublie facilement.

Mon visage, frappé par le vent glacial, commence à me faire mal, et je rabats plus profondément la grande capuche de mon manteau fourré. Toujours blotti sur mon épaule, Baku n'a décidément pas l'air de vouloir prendre le grand air, et je le comprends. Dans mes oreilles, le son caractéristique du souffle hivernal qui fait bruisser les branches des arbres de la forêt s'est mis à siffler. Aigu, pas si différent du hululement de mon oiseau ou du vent des dunes des Rifs Gris. Le soleil n'est qu'un halo pâle dans la purée de poids qui s'installe. J'arrive finalement au point de la carte marquant le début de la zone des ruines, entourée par une simple clôture surmontée de fil de fer barbelé. Un vieux panneau indique sévèrement « accès interdit ».
Je suis donc au bon endroit. J'avise une porte sur la clôture, barrée d'une chaîne rouillée. Je m'en approche, remarque que quelqu'un a négligé d'y mettre un verrou, et que la chaîne est juste enroulée autour de la serrure. Probablement qu'un intrus aura brisé le cadenas et discrètement remis la chaîne en place pour ne pas alerter les éventuelles patrouilles de rangers… Ou alors que les rangers eux-mêmes se sont dit que la chaîne serait assez dissuasive. Je traverse, et remet consciencieusement la chaîne en place derrière moi. Dans un cas comme dans l'autre, je n'ai pas l'intention de ruiner des efforts honnêtes. Je commence alors à m'enfoncer dans la forêt, contente de m'écarter du vent, accueillie par une fraîche odeur de végétation humide. Baku lui aussi semble s'animer à nouveau, reconnaissant un environnement qui lui est plus familier. Il secoue la neige de ses plumes et s'envole vers une branche de pin un peu plus loin , s'avançant chaque fois un peu plus à mesure que je le rejoint. Forêt pour lui veut dire proie, même au cœur de l'hiver. Il ne me faut d'ailleurs pas longtemps pour noter quelques pistes laissées par des pokémons sauvages, petites empreintes ou larges sillons qui traversent la neige.

Après un certain temps, je débouche enfin sur une petite clairière creusée d'un étang gelé en grande partie, où s'écoule juste encore un petit ruisseau, dans un bruit clair et cristallin d'eau qui s'écoule. Il se dégage de cet endroit une douce sérénité, et je m'arrête quelques secondes. La neige, qui avait forci quand je suis arrivé, commence lentement à se calmer, et le ciel s'éclaircit peu à peu, alors même que l'obscurité de la fin d'après-midi s'apprête déjà à descendre. Je lève la tête vers le blanc égal qui me surplombe, enveloppant de l'œil la cime des arbres, écoutant la nature qui m'entoure. Prenant une autre sucrerie dans mon sac à dos, je décide de faire une petite pause, dégageant un peu de neige pour m'asseoir sur une grosse souche inégale, et, il faut bien le dire, plutôt inconfortable.
Soudain, brisant le silence comme un verre de cristal, résonne dans la forêt un grand bruit d'éclat. Surprise, je m'accroupis comme si il s'était agi d'un coup de feu. Mais tout aussi vite, je juge l'idée improbable. C'était un son bien plus intense et métallique, de métal frappé avec une grande force sur autre chose. Je m'interroge sur ce qui pourrait en être l'origine. Un pokémon ? Ou bien alors l'un des « idiots qui se blessent dans les ruines » ? Le son ne venait pas de très loin. Un coup d'œil sur ma carte m'indique que quoi qu'il en soit, je n'ai pas spécialement besoin d'aller par là, mais plutôt de contourner cette zone pour rejoindre la ligne de fortifications, qui n'est sans doute plus qu'à quelques minutes de marche.
Ayant un peu récupéré, je me relève, juste à temps pour voir filer à toute vitesse à travers la clairière un rattatac et son petit, curieusement poursuivis par un cerfrousse. Ils filent droit vers la source du bruit. A la vue des rongeurs, Baku avait déjà fait mine de se précipiter à leur poursuite, avant de prendre un virage très serré pour éviter le gros maxicorne, regagnant le couvert des branches à toutes vitesses. Je suis un peu surprise. Je n'ai jamais entendu parler d'un cerfrousse qui chasserait d'autres pokémons. Ils sont censés être strictement herbivores et plutôt craintifs… Une querelle de territoire peut-être ? J'ai déjà eu à faire aux cerfrousses par le passé, et aux légendes qui entourent les malaises de voyageurs « endormis » par leurs bois hypnotiques. Forcément, elles avaient retenus toute mon attention. Mais en discutant avec un spécialiste de cette espèce, quand même bien moins occulte que les pokémons spectre, il semble que la mécanique est finalement très proche de celle utilisée par Baku dans sa propre hypnose, et j'ai fini par laisser cette piste de côté. Peut-être à tort, me dis-je en prenant mentalement note que la région de Lignerives a bel et bien un côté singulier vis-à-vis de l'induction de sommeil. Un cerfrousse agressif aura peut-être développé une faculté d'hypnose beaucoup plus active...
Sans me laisser distraire plus longtemps, je me remets alors en marche et rejoins le cœur du bois. C'est sans même m'en rendre compte que j'atteins enfin les fortifications enfouies de Lignerives. Remarquant une colonne de béton entourée de végétation, je réalise que je suis en fait en train de marcher sur le toit enneigé d'un bunker, qui semble être de dimensions remarquables. Cherchant quelques temps le fossé qui doit mener vers l'entrée, j'ai un moment d'inquiétude : comment passer si l'entrée est entièrement encombrée de neige ? Je n'ai pas apporté de matériel pour creuser. Je me laisse glisser du toit, mais me réceptionne malencontreusement sur une plaque de glace, dérape et tombe tête la première dans la neige, accompagnée du hululement d'abord inquiet puis moqueur de Baku.

« Saloperie! »pesté-je en retirant la neige qui me couvre le visage, les yeux rougis, frottant mon menton endolori. A quatre pattes, je m'appuie contre le mur de béton pour éviter de tomber à nouveau, agrippant pour me relever un piton d'acier tordu qui devait servir à attacher des filets de camouflage. À quelques mètres, je distingue une meurtrière à moitié bouchée de neige compacte et tassée. Saisissant une branche brisée qui saillit d'un buisson, je casse la couche de neige, tentant de dégager l'ouverture. Prenant ma lampe dans mon sac à dos, je balaie d'un peu de lumière ce que je peux voir à l'intérieur. Il ne devait s'agir que d'une simple saillie pour tirer, il n'y a pas de salle derrière et les murs ont l'air très rapprochés. Je longe encore un peu le fossé, et finit par trouver ce que je recherche. Engloutis par la neige, quelques escaliers presque effacés se sont mués en pente douce, qui descend comme une gueule béante vers la profondeur du blockhaus. Je réfléchis un moment aux mises en gardes du flic sur la possible dangerosité de l'endroit, mais désormais poussée  par la curiosité, je me laisse glisser jusqu'en bas. J'appelle Baku, qui vient en sautillant se poser sur mon bras.




Immédiatement, je me retrouve baignée de ténèbres. La seule lumière qui filtre est celle, dans un recoin, de la meurtrière que je viens de dégager. Je passe ma lampe à mon front, et balaie d'un lent mouvement de tête les murs du couloir où je suis arrivée. Quelques tags de mauvaise augure, « attention aux pièges », «Yveltal our Lord», et un dessin de pentagramme inversé, représentant le visage d'Alakazam pour quelques fêlés de l'occulte. Je m'attendrais presque à trouver un sacrifice sanguinolent de wattouat dans la prochaine pièce. Alors que nous longeons le mur, les yeux incandescents de Baku y projettent un halo rougeâtre.
Le sol, d'abord jonché de verglas près de l'entrée, est ensuite relativement sec. Une ouverture a été pratiquée à l'explosif dans une porte, tordant comme de la pâte à modeler d'épais barreaux de fer.  Une pile de gravats encombre l'entrée, et je l'enjambe prudemment. On a vite fait de se blesser, d'autant plus que je repère des tessons de bouteilles de bière amoncelés ça et là. L'obscurité n'est pas rassurante. Je ne sais pas si c'est mon épisode de tout-à-l'heure, mais j'ai l'impression de me sentir suivie, qu'à chaque détour des fortifications labyrinthiques, je risque de tomber sur l'apparition, prête à me happer dans ses horreurs de cauchemar. Il se dégage de ces lieux froids à l'air épais et stagnant une inquiétante atmosphère. Il ne me faut pas longtemps pour que les graffitis, auparavant nombreux, ne disparaissent peu à peu, et avec eux les restes de la venue des vandales. Il n'est pas difficile de savoir pourquoi.
Sur le sol et les murs, des traces d'impact, nombreuses, débris de balles et shrapnels de grenade. Un petit squelette de rattata, le crâne arraché et posé avec ostentation sur la douille d'un obus, comme un totem. Voilà qui a sans doute eu raison des moins téméraires. Moi qui m'attendait à un sacrifice, c'est presque ça. Encore que je suis à peu près certaine qu'il ne s'agit que de la mise en scène macabre d'une trouvaille d'un des visiteurs précédents. De toute évidence, personne n'est venu depuis un certain temps. À l'un des couloirs, je suis désormais forcée de me baisser pour passer sous une partie de couloir démolie. Alors que nous traversons, Baku tourne la tête vers les débris et pousse un hoot sec. Je m'arrête pour regarder ce qu'il m'indique, et vois, à moitié pliée par le bloc de béton effondré, une armoire à documents en fer de la taille d'un homme. Alors que je me baisse pour la regarder de plus près, je découvre à l'endroit ou l'armoire se tord un passage étroit semblable à un conduit d'aération. Il fallait le remarquer ça. J'ébouriffe un peu les plumes de la tête de mon pokémon.

« Bien vu Baku… Où est-ce que ça peut bien mener ? »

Un léger courant d'air s'en échappe. Poussant Baku devant, je me glisse à genoux sous l'armoire, regagnant un autre couloir. Au bout de celui-ci se trouve une petite échelle en acier rongée de rouille, qui descend plus profond dans les profondeurs du bunker. Je fais rentrer Baku dans ma veste, laissant seulement sa tête ronde dépasser, ce qui n'a pas trop l'air de lui plaire. Puis, prudemment, veillant à ne pas déchirer mes gants sur une arête saillante ou une autre, je descends au second sous-sol. Mes pas résonnent sur les parois du couloir, indiquant sans doute une pièce un peu plus large plus loin. Sans trop m'en rendre compte, je me suis mise à retenir mon souffle. Je m'efforce à respirer plus normalement, laissant l'air moisi et renfermé du bunker s’immiscer dans mes poumons. Il y a une odeur étrange, assez indescriptible, plus organique que minérale… Peut-être un autre petit pokémon en décomposition. Je remarque tout de suite que les salles du bas sont radicalement différentes de celles du haut. On dirait qu'elles ont été laissées presque intactes, si l'on excepte les traces de combat...
Je m'interromps un instant. Il m'a semblé entendre un bruit. Baku, lui aussi alerté, a tourné la tête vers l'un des couloirs un peu plus loin. Un meuble viendrait-il de tomber sur le sol ? Un débris qui se détache ? Immobile, j'interroge le silence qui m'entoure. Presque aucun son n'est audible, hormis celui de mon propre souffle. J'essaie de retrouver au loin le sifflement du vent dans les arbres, mais je dois déjà être trop éloignés de l'entrée. Je continue de m'avancer dans les profondeurs obscures du bunker, indifférente au temps qui passe. Dehors, l'après-midi doit être déjà bien avancée, et le soleil doit avoir commencé à se coucher. Je traverse quelques salles encombrées d'étagères de métal renversées, comme des obstacles et couvertures improvisées, des liasses de papier détruit jonchant le sol. Je passe devant une salle plus large, remplie de lits d'hôpital en désordre aux matelas à moitié décomposés. Certains sont retournés, et des taches sombres couvrent les murs et le sol par endroit.

Quand est-ce donc devenu aussi silencieux ? Lentement, je me remets en marche vers la source du bruit que j'ai entendu plus tôt. Un frisson me parcours l'échine. Malgré toute ma rationalité, un réflexe instinctif semble me pousser à faire demi-tour. Je me raisonne, me disant qu'après tout, je suis venue spécialement pour ça. Si ça n'avait pas été ne serait-ce qu'un peu terrifiant, il n'y aurait pas eu tant de légendes autour de ces ruines.
Ma saine réflexion ne tient pas longtemps le coup. Un sentiment de malaise commence à s'installer en moi. Quelque chose ne va pas bien ici. Presque involontairement, je me retourne vers l'endroit d'où je viens. Peut-être que je ferais bien de sortir, finalement. Nouveau bruit. Cette fois-ci, je sursaute, et Baku lance un trille apeuré. Lui aussi n'en mène pas large. Désorientée, je presse le pas, manquant de tomber sur un débris de béton armé. Je longe le mur, cherchant à retrouver au plus vite la salle avec l'échelle. Assez vite, je comprends que j'ai marché plus que ce que je pensais, et que je dois l'avoir dépassée. Je fais demi-tour, cherchant la pièce qui devait être l'infirmerie. Je ne la trouve pas.
J'entre alors dans une petite pièce au plancher recouverte d'une étrange suie poussiéreuse. Me serais-je trompée de direction ? Je ferme les yeux pour tenter de me calmer. Pas très efficace… Nouveau piaillement inquiet de Baku, qui gigote contre moi. Je viens de sentir une présence. C'est comme si l'air autour de moi avait été déplacé, par quelque chose. Une sueur froide me traverse le dos. Maintenant j'hésite à rouvrir les yeux. Je suis venu pour un fantominus, ça c'est sûr. Mais est-ce bien ça que je vais trouver ? S'ils sont bien aussi spéciaux que le pense Vassilov, est-ce que je ne viens pas de me mettre en danger ? Cet endroit me monte à la tête.
Je me force à ouvrir les yeux. Au coin de mon œil, l'apparition ricane, sa silhouette lugubre se découpant noire dans la lumière de ma lampe. Je lâche un petit cri, avant de voir que ce n'est qu'une ombre sur le mur. Puis je réalise avec effroi que cette ombre a été brûlée sur le mur. Je promène le faisceau de ma lampe autour de moi, mon cœur battant à se rompre. Les lampes vissées au plafond sont déformées, et la peinture, ailleurs écaillée et craquelée, est dans cette pièce clairement fondue et boursoufflée. Cette salle a été nettoyée au lance-flammes. Il ne me faut pas longtemps pour trouver d'autres ombres, adossées contre les murs ou recroquevillées sur le sol dans des positions déformées par la douleur. L'une d'entre elles, plus frêle que les autres, avait dû être celle d'un lucario de guerre. C'est alors que je comprends ce qu'est cette « suie » dans laquelle je marche, qui crisse et craque, quand je vois luire dedans ce qui de tout évidence est le reste de la griffe métallique du pokémon, encore attachée à un reste calciné d'avant-bras. La tête commence à me tourner. Je titube en dehors de la pièce, pressée d'aller n'importe où, pourvu que ce soit ailleurs. Ma vision se brouille.

J'ignore comment, mais me voilà désormais adossée contre un meuble à médicaments de « l'infirmerie ». Je remarque que je meurs de soif. Je me relève et m'assois sur un des lits de fer, et sors la bouteille d'eau de mon sac. Je bois à longues gorgées, surprise de ma tranquillité d'esprit. Depuis combien de temps suis-je ici ? J'allume le rétroéclairage de ma montre. Il me faut quelques instants pour comprendre ce que je suis en train de lire.
1h du matin ?! C'est impossible... Soudain, je me glace en réalisant que Baku n'est plus avec moi. Je replonge en un instant dans la panique.

« Baku ? Baku! », dis-je d'abord, crié-je ensuite à plein poumons, désormais vraiment terrifiée, les larmes au bord des yeux comme si j'étais une petite fille enfermée dans une cave. Bien pire que ça, en fait. Seul l'écho me répond.

« Baku, viens, je t'en prie ! »Je me lève précipitamment, sors de la salle, cours en hurlant le nom de mon pokémon, dérapant sur les débris, trébuchant et me cognant contre les murs. Passant un couloir, il me semble remarquer une lueur rouge dans l'embrasure d'une porte. Je souffle de soulagement et me précipite vers la lumière.

« Baku ! »dis-je dans un cri de larmes, pleine d'espoir… Avant de me figer sur place. La pièce est une salle de commandement, avec une table à cartes. Étendu dessus, un cadavre d'officier, un pistolet encore serré dans sa main décharnée. Baku, qui se tourne pour me faire face quand j'arrive, est occupé à creuser du bec dans l'orbite du mort.
Mon pokémon pousse alors un hululement lugubre, fixant un point derrière moi. Je comprends alors que la présence étrange que j'avais ressentie est désormais là, toute proche… Dans mon dos. Je peux le sentir, comme un souffle vivant, presque palpable. Lentement, tremblante, je me retourne.
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Excelangue
#108
Un pokémon apparaît !
L'ombre du Pokémon est grande. Très grande. Mais lorsque tu te retournes, il paraît petit, très petit. C'est un jeune Excelangue qui a grandi dans les débris de Lignerives. Il te regarde d'un air inquiet, et se demande ce que tu fais là, si tard. Il te suit depuis quelques heures déjà, discrètement, gardant toujours une distance de sécurité. Mais la nuit tombée, le danger est partout dans ces lieux où la nature a repris le dessus... Tout y est sauvage, féroce. Et avant qu'il ne t'arrive quoi que ce soit, le bienveillant Excelangue te montre du doigt la sortie, te faisant signe de partir avant qu'il ne soit trop tard.  
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  Mar 30 Jan - 19:29
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Est-ce que je suis à nouveau en train de perdre la raison? J'arrive à grand peine à croire ce que j'ai sous les yeux. Pourtant, l'illusion ne se dissipe pas. Plutôt freluquet, la peau pâle de ne pas avoir beaucoup vu le soleil, un petit excelangue se tient devant moi, la langue pendante. Alors que je braque ma lampe sur lui, il détourne la tête, ébloui, en poussant un petit gargouillis. Je presse l'interrupteur pour réduire l'intensité de ma lampe. Cette rencontre improbable vient d'un seul coup de me faire regagner mon calme. Je ne comprends pas vraiment ce qui m'a à ce point terrifié... Sans doute que je viens d'avoir une crise. Il n'empêche qu'il est quand même très tard. D'autant plus que je n'ai aucune idée de ce que j'ai fait pendant tout ce temps.  Baku, qui a l'air presque fier de m'avoir fait une frayeur, se pose sans bruit sur mon épaule, délaissant le cadavre desséché de l'officier. Il faudra qu'on mette les choses au point, toi et moi. Je me baisse à la hauteur du excelangue, tend doucement la main vers sa joue, veillant à ne pas l'inquiéter.
Immédiatement, il enroule sa langue autour de mon avant bras, et se met à me tirer vers le côté, sans brutalité mais fermement. Un peu surprise, j'arrête de bouger, mais il continue de me tirer. Son regard est tourné vers la sortie de la pièce. On dirait qu'il veut m'indiquer le chemin? Un peu surprise, je me laisse entraîner. Voyant que je l'accompagne, il me lâche et avance vers le fond du couloir, se tournant pour s'assurer que je le suis. Baku le guette d'un œil mauvais, bien loin de faire confiance à ce guide improvisé. Alors que nous suivons pendant quelques minutes le petit pokémon, je commence doucement à reconnaître les salles que nous traversons. L'agencement est complexe, mais loin d'être aussi illisible qu'il m'aurait paru. Je repère le couloir menant à l'infirmerie où j'étais tout-à-l'heure, et, bien vite, nous arrivons au pied de l'échelle. Je farfouille dans mon sac pour en tirer une barre de céréales. Puis, me mettant à genoux à nouveau, je commence à déchirer l'emballage de la friandise. Le bruit semble inquiéter un peu l'excelangue, qui couine baveusement. Mais il se calme vite alors que je lui tends la barre protéinée. Il la renifle un instant, et, d'un seul coup de sa massive langue, l'avale toute entière, laissant une coulée de salive collante sur mes gants.

« Eh, je ne voulais pas forcément tout te donner quand même, glouton ! » pesté-je à demi-voix. Je ne vais lui demander de me la rendre non plus… Je pousse un léger soupir, alors que Baku tire  de son bec sur mes cheveux, visiblement outré que je me sois permise de donner à manger à qui que ce soit d'autre que lui. Je n'y prête pas trop attention et m'adresse à nouveau au lécheur.

« Bon, merci quand même... »
dis-je en tapotant le sommet du crâne du pokémon rose. Un contact un peu mou.
Il a justement la tête tournée vers le haut de l'échelle. Je comprends qu'il a l'air vraiment impatient de me voir partir. C'est curieux, mais je n'ai pas pour autant l'impression que notre présence le dérange. En fait, à bien le regarder, je comprends qu'il est particulièrement sur ses gardes, mais pas à cause de nous. A l’affût du moindre son, tournant sa tête nerveusement, il a l'air de guetter autre chose. Peut-être que ce n'est pas exactement le moment de relâcher mon attention tout compte fait. Revenue de mon moment de panique de tout-à-l'heure, j'arrive plus clairement à penser. Il se peut qu'il y ait d'autres prédateurs dans les ruines, et ce petit excelangue ne doit pas être le plus apte à s'en occuper. Même s'il ne doit pas être trop inquiété par les fantominus, ça ne veut pas dire qu'ils sont le seul problème dont je devrais me méfier.  

J'empoigne les barreaux rouillés de l'échelle, et commence alors mon ascension. Le premier étage est quand même bien moins labyrinthique, je ne devrais pas avoir de problème pour sortir. J'entends mon pâle guide s'en retourner à pas pressés vers sa tanière. Je me demande bien comment il fait pour se nourrir là-dessous… D'ordinaire ces pokémons ont plutôt besoin d'espace et sont assez voraces. A moins que ce ne soit qu'un abri temporaire ? Après tout, le sous-sol est coupé du froid de l'hiver, et il y fait même plutôt doux. C'est la meilleure explication qui me vient à l'esprit.  Je me hisse finalement à nouveau dans le conduit bas, rampe prudemment sous l'armoire pliée qui en entrave l'accès. Puis, m'époussetant, je me relève dans le couloir à moitié effondré. Maintenant que je suis à nouveau en mesure de penser, il va falloir que j'agisse avec détermination. Je suis venue pour une raison, je ne peux pas me permettre de revenir bredouille. D'après ce que Vassilov disait, les fantominus sont générés par des sentiments de détresse profonde. De ce que je connais de l'histoire de ces fortifications, ils devraient être omniprésents… Mais ils ne se montrent pas. Il doit y avoir une raison particulière à cela. Peut-être un lieu plus spécifique ? La salle carbonisée que j'ai vue en bas aurait dû être une bonne candidate, mais il n'y avait rien quand j'y suis passée. Était-ce encore trop tôt ? Ce qui doit vouloir dire qu'il y en a d'autres encore pires, ou que Vassilov ne sait pas de quoi il parle.
Sur ces pensées, je décide de continuer ma visite vers l'autre côté du couloir, veillant cette fois à prendre minutieusement des repères. Je ne peux pas me permettre de me retrouver à nouveau perdue, même si cet étage a quand même l'air moins enchevêtré que celui du dessous. Je finis par arriver dans une longue allée, presque aussi large qu'une avenue, renforcée à intervalles régulier par de larges poutres en acier. Sur le sol, des rails. J'ai entendu parler de ça… La ligne de fortifications était tellement vaste que l'armée avait fait construire un petit chemin de fer pour relier les positions les unes aux autres. Je regarde à nouveau sur le plan que m'a donné le flic :  l'architecture souterraine n'est pas indiquée, mais les noms des bunkers principaux, même abandonnés, sont bien notés. On peut facilement y déceler un alignement remarquablement régulier, même si depuis la surface ils ont des tailles et des dispositions beaucoup plus variées. Vraisemblablement, le plus logique à l'époque devait être de prendre la « station » souterraine comme repère. Ce qui avec ma boussole me donne une idée assez précise de là où je suis, et, plus important, de là où je vais. Alors que je me mets en marche le long du tunnel, je réfléchis. De toute évidence, l'architecture est organisée selon une fonction particulière : l'étage supérieur est par essence plus vulnérable que celui du dessous, et il doit être dédié aux postes de combat, au transport de troupes et de munitions. Tout ce qui serait trop lent ou trop coûteux à faire installer en bas, en somme. Quand à l'étage du dessous, il devait avoir une fonction de commandement. Plus profond et donc plus a l'abri, il devait aussi accueillir les blessés. Sans aucun doute, les infirmeries devaient avoir leur lot de souffrance et de désespoir, mais elles symbolisaient aussi le soulagement et d’apaisement : y aller marquait d'une façon ou d'une autre la fin des combats, et on devait s'y sentir en sécurité. Si je veux aller au cœur de l'horreur, il faut que j'atteigne une station de combat, de préférence une qui ait été submergée par l'ennemi.

Un peu plus loin, je trouve un ensemble épars de petits wagons déraillés et renversés. Voilà ce qu'il reste donc du train souterrain… Un impact a laissé un cratère dans le tunnel. De ce que je peux voir des débris, c'est probablement un chariot de munitions qui a explosé, détruisant les rails et le train. Un peu plus loin, j'arrive à une fourche sur les rails : d'un côté, le tunnel principal continue, se perdant dans les ténèbres. De l'autre, un tunnel plus petit bifurque, enroulant ce qui doit être un autre bâtiment. Probablement une batterie, pensé-je. Voilà qui pourrait faire l'affaire. Je me dirige vers une porte blindée légèrement entrouverte et rentre dans le bunker. Sous mes yeux se trouve un massif canon sur armature, équipé d'un complexe système de vérins et de valves pour en changer l'orientation. Je n'en suis pas sûre, mais on dirait que la culasse a été endommagée, peut-être pour le rendre inopérant. Un mince courant d'air s'infiltre par l'étroite meurtrière de la coupole, qui surmonte le tout. Un petit escalier de tôle striée y mène. Baku s'envole, et va se poser sur la rambarde de la plateforme en haut de l'escalier, d'où les observateurs devaient calculer les tirs. Il a l'air intrigué par quelque chose. Je le suis et monte les marches grinçantes, tête baissée en prenant garde à ne pas passer au travers, tellement mangées de rouille qu'elle en sont trouées...
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Marcacrin
#220
Un pokémon apparaît !
Tout en haut, tu tombes sur un Marcacrin profondément endormi,
qui laisse échapper quelques ronflements discrets. Il a l'air très très vieux et très très fatigué. Sur son visage, les rides et les cernes d'un Pokémon qui attend la fin de ses jours. Il ne remarque même pas ta présence, et on penserait presque que la mort serait prête à l'emporter d'un instant à l'autre.
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  Mar 6 Fév - 18:32
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  Mar 6 Fév - 18:32


Voilà bien une image un peu pathétique que ce marcacrin ancestral, qui aura vécu une vie entière sans même évoluer, désormais rongé par la vieillesse, affaissé sur le sol froid et dur des fortifications... C'en est pitoyable, presque attendrissant. L'âge et la faiblesse se lisent dans les poils gris, les membres biscornus, le pelage inégal, la peau flasque du petit pokémon. Son souffle est rauque, peut-être même est-il malade. De toute évidence, il vit là son dernier hiver, et peut-être même ne verra-t-il pas le prochain lever de soleil. Une fin triste et solitaire.
Je comprends mieux l'agitation de Baku. De toute cette longue journée, il n'a rien eu de concret à se mettre sous la dent, et il doit se sentir plus en confiance avec ce pauvre cochon. Tout-à-l'heure, il a même dû renoncer à ces rongeurs en curieuse compagnie. Je réfléchis un instant, pesant le pour et le contre de cette cruauté un peu facile.
Faisant cela, je porte mon attention sur les environs de la cabine de tir. L'espace est plutôt restreint, ce qui veut dire qu'un combat ouvert ne serait pas forcément à l'avantage de Baku. Peu de solutions de repli, peu de lieux en hauteur à part les rambardes, et des murs omniprésents. Si je n'avais pas sous les yeux la proie, je ne serais pas particulièrement confiante, mais...

Après tout, la prédation est dans les gènes de rapace de Baku, même s'il m'est parfois facile de l'oublier, et au point où il en est, ce marcacrin hors d'âge devrait presque lui en être reconnaissant. Et puis peut-être qu'après avoir satisfait ses instincts Baku se tiendra plus tranquille. Je n'ai pas vraiment digéré son escapade de tout-à-l'heure...
Finalement, je fais un petit signe de tête à Baku, qui ouvre grand le bec, excité et enjoué. "SI TU SAVAIS CE QUE CA ME DÉMANGEAIT" semble-t-il me remercier. Une aura féroce de tueur vient en un instant déformer sa silhouette, alors qu'il s'incline depuis la rambarde pour prendre le meilleur angle d'attaque. Il a remarqué que sa cible est endormie, aussi va-t-il tenter de la surprendre avec un assaut aussi fulgurant que possible, à distance d'abord, avant de donner le coup de grâce par un piqué millimétré vers les points faibles de son adversaire. Les yeux d'abord, pour aveugler l'ennemi et lui rendre toute réplique plus difficile. La gorge ensuite, pour essayer d'endommager les artères vitales, et causer une hémorragie au plus vite.

Je me mets un peu en retrait, silencieusement pour ne pas réveiller la proie. Le spectacle risque d'en valoir la chandelle, je me demande s'il parviendra parfaitement à conduire son plan… Ayant visiblement fini de réfléchir à son approche, Baku ouvre à nouveau son bec, menaçant, hostile, prêt à tuer, et déploie ses ailes dans un silence mortel. Il n'y aura pas d'hésitation. Il n'y aura pas de pitié. Bon vent, petit marcacrin, ce soir tu seras un dessert !

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  Mar 6 Fév - 22:55
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Marcacrin
#220
Sauve qui peut !
Pas du tout préparé à une attaque surprise, le Marcacrin subit le Choc Mental, et on peut dire que le réveil est brutal. Malgré son grand âge, l'instinct de survie est plus fort que tout, il roule sur le côté pour éviter miraculeusement l'attaque Picpic de ton Hoothoot. Puis, après avoir lancé un jet de boue sur l'oiseau, il se met à fuir à une vitesse lumière, dévalant les escaliers et disparaissant dans le noir de la nuit.


Le Marcacrin lance Coud'Boue, puis il prend la fuite !
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  Dim 11 Fév - 17:32
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  Dim 11 Fév - 17:32

Baku s’époussette, vexé. Je peux comprendre. La petite bestiole qui vient de fuser entre mes pieds est déjà en train de disparaître au détour d'un couloir. Je me demande s'il a juste craché toute la poussière que son pelage avait accumulé en une vie sur Baku pour s'en défaire. Pour un vieux débris, il est certainement plus agile et réactif que ce que j'imaginais. Je m'approche de mon hoothoot, qui, geignant un peu dans son humeur noire de brute frustrée, saute avec mauvaise grâce sur mon épaule. Je lui caresse le col en essayant de le calmer.

« C'EST VRAIMENT INJUSTE», semble bouder ma boule de plumes prédatrice.

« Tu dois être plus fulgurant que ça mon petit. La prochaine fois, tente de synchroniser l'attaque en piqué et le choc psychique... »lui soufflé-je gentiment, malgré moi un peu moqueuse. Décidément, ce n'est pas vraiment notre jour à tous les deux. Je frotte un coin de son aile encore maculé de boue pour l'en  débarrasser, alors que de son côté il lisse les plumes de son épaule pour les nettoyer, avant que nous ne nous remettions en route.


Je reste pourtant encore quelque minutes dans la salle de tir qui servait de nid au marcacrin. Historiquement, ces lieux ont joué un rôle particulier lors de la guerre. Je me rappelle de ce que mon père m'avait raconté il y a longtemps, sur les batailles cruciales qui s'étaient déroulées dans les fortifications de Lignerives. Comment l'armée de Kaiserreich, qui avait prévu de contourner les fortifications de Kalos par le nord avait finalement mal jugé de leur étendue et engagé une première bataille de grande ampleur sur une des plus solides positions. La guerre aurait pu se terminer là, les forts étaient quasiment imprenables. Mais l'armée de Kaiserreich était féroce, bien organisée et rapide. Finalement, un corps d'armée avait écrasé les pays frontaliers voisins et traversé les montagnes, pendant que le gros des forces était tenu en respect sur la frontière, et ce n'était que ce contournement, amorçant une phase avortée de guerre de mouvement, qui avait permis à la guerre de durer encore 6 ans, dispersant les forces kalossiennes sur une trop longue ligne de front et leur empêchant une contre-attaque qui aurait scellé la guerre: des forces inadéquates sur un front flottant et un verrou concentrant des armées sédimentées dans une bataille jusqu'à l'épuisement.
Les bunkers que je traverse ont vu d'innombrables assauts, d'incessants bombardements, submergés comme par une mer inclémente de vagues intarissables de vermine, de feu, de plomb et de smogogaz de combat. La mort qui rodait omniprésente, qui s'infiltrait par les meurtrières, par les interstices entre le béton, inexorable.
Le nombre de victimes débilitant, des espèces entières de pokémons presque poussées à l'extinction, les villages rayés de la carte, deux empires au bord de l'effondrement… Ce poste de tir, combien de fois a-t-il été reconstruit après que ses servants n'aient été balayés par les bombes ? Ce couloir, combien de cadavres a-t-il recueillis, allongés contre les murs en attendant une accalmie pour pouvoir s'en débarrasser ? La peur de ces jeunes gens à peine adultes, endoctrinés comme les grahyenas d'attaque qui attendent eux aussi docilement les ordres à leurs côtés, sous la coupe d'un état-major qui ne connais pas d'homme, seulement des chiffres.

Finalement, songeuse, je descends prudemment les escaliers rouillés du poste de tir. Ces ruines sont un monument à la honte d'Europa, symbole de la vanité de la guerre entre deux grandes nations qui n'auront fait qu'y perdre. La fin du Kaiserreich, la montée de l'indépendantisme d'Idealis, le renforcement de Nox Obscuras, l'inimitié voilée avec l'URRSM… Voilà l'Europa que nous avons payé au prix de millions de vies. Pas surprenant que ces ruines soient laissées à l'abandon, cachées par la neige et la verdure. Mais y aura-t-il seulement un jour où nous aurons le droit d'oublier ?

Je pénètre à nouveau dans le couloir sombre, curieuse de voir si le marcacrin a eu un arrêt cardiaque quelques mètres plus loin. Au regret visible de Baku, je ne le vois nulle part. Peut-être n'était-il pas si faible, après tout. Je regarde sur ma carte, et décide de me diriger plus encore vers le nord. Là où les fortifications ont cédé. Le seul endroit de l'imprenable ligne qui a cédé aux coups de boutoir désespérés d'un Kaiserreich à bout de souffle, prêt à tout pour s'octroyer une dernière bataille décisive. Passer coûte que coûte. Franchir les deux kilomètres damnés qui séparaient leur armée de la plaine vulnérable de Kalos, rejoindre les miettes de forces presque entièrement encerclées de leur offensive originale. Un va-tout, qui avait été le prétexte à toutes les horreurs. Les obus aux cruelles ogives à electrode surchargés qui rasaient des collines entières, faisant fondre jusqu'à l'acier dans une chaleur infernale. Les soldats épuisés poussés à travers un champ de mine, courant derrière leurs pokémons, dans l'espoir que la mort de leur partenaire leur épargnera à eux de finir éparpillés dans le no man's land. Le combat dans les premières tranchées, hommes comme pokémons s'éventrant à la baïonnette, aux crocs, aux griffes. Les insécateurs fondant en nuage sordide, décapitant et démembrant sans discernement tout être qui rencontre leurs lames. Les torrents de flammes des arcanins enragés, les dracaufeux abattus par les mitrailleuses s'écrasant sur remparts, emportant dans un dernier souffle les positions à portée de leur déflagration… A entendre la légende de cette bataille, qui aura tant coûté à Kalos et achevé le Kaiserreich, on s'imagine une grandiose scène, un titanesque affrontement où les courages et les passions se sont mesurées dans une dernière étreinte.

J'arrive à l'endroit où la lumière nocturne rentre dans le tunnel, là où les fortifications ont enfin cédé. Et pourtant, quand je rentre dans cette zone, là où tout s'est enfin joué, que vois-je ? Nulle trace d'héroïsme n'a subsisté. Ne restent que les bunkers enfoncés sur une vingtaine de mètres, pas plus. Des gravats. Des squelettes de canons rouillés, pliés et déformés. Dans le champs de mine, entre les cratères, ont poussé des arbres. Une douce neige recouvre et dissimule le passé, emportant avec elle le souvenir de ceux qui sont morts. Un marcheur inattentif pourrait presque traverser la colline nivelée sans réaliser qu'il marche dans le sang de ses prédécesseurs.
Je suis surprise par le calme qui m'entoure. Le vent ne souffle plus, et aucun bruit ne me parvient à l'oreille. L'instant est suspendu, comme figé par le froid.
« Passer », la volonté suprême des soldats du Kaiser, et la crainte absolue de l'armée de Kalos. Pourtant, qu'était-il advenu ensuite, quand ils Passèrent enfin ? Fauchée, meurtrie, anéantie, l'armée ennemie ne fit jamais sa jonction avec le reste  des forces à l'ouest. Harcelée par les garnisons de Kalos arrivées en renfort, elle avait fini de mourir, en quelques dernières batailles sanglantes, infligeant comme un mammochon à l'agonie de cruelles blessures à ceux venus le tuer. Quelle devait être la terrible frustration, l’irrépressible sentiment de désespoir qui avait dû envahir les survivants prêts à se battre jusqu'au bout pour une patrie qui avait choisi qu'ils devaient périr ? Quelle avait été la dernière pensée de ces braves sacrifiés, alors qu'ils forçaient leur corps à avancer à travers la boue de la plaine de Kalos, laissant derrière eux les blessés sans même croire à une possible clémence de leurs ennemis ?
Quel avait été le sentiment des soldats de Kalos, pétrifiés d'inquiétude d'abord devant la brèche de la ligne, alors qu'ils engageaient cette armée mutilée qu'il fallait pourtant encore achever mais qui ne pouvait déjà plus gagner ?
Quoi qu'ils furent, il n'en reste désormais plus rien. Le faisceau de ma lampe éclaire la neige qui miroite faiblement. Je m'adosse contre un pan de mur en béton brisé aux armatures saillantes, le regard dans le vague. Est-ce que moi aussi, un jour, je pourrai regarder derrière-moi et ne voir que de la neige blanche s'étendre à perte de vue sur mes plus tristes erreurs, sur mes moments les plus douloureux ? Pourrais-je moi aussi enterrer ceux que j'ai perdus sous une épaisse couche de terre et de glace ?

Un certain temps s'écoule alors que je contemple calmement ces lieux de néant, la condensation de mon souffle envahissant par intervalles le faisceau de ma lampe, comme pour blanchir encore ces terres devenues immaculées. Doucement, le sentiment de malaise de tout-à-l'heure me prend à nouveau. Je réalise que quelque chose ne va pas. Je regarde autour de moi.
Derrière un débris, ombre parmi les ombres, l'apparition me guette… Je me fige alors qu'elle s'approche, prête à un nouveau déluge d'horreur. Cette fois-ci, elle a l'apparence d'Akihira. Elle a choisi son moment. Mais cette fois, je ne vais pas lui laisser l'ascendant. Je parviens à murmurer quelques mots gonflés de colère et de mépris.

« Comment oses-tu… TU m'as abandonnée ! TU as eu peur et TU t'es enfui alors que j'avais le plus besoin de toi. Et c'est pour m'accabler que tu es revenu. »

« Sei… Je t'aimais. Tu as détruit la seule personne qui t'aimait encore. Tu as creusé ta propre tombe. »

La silhouette diffuse s'agenouille à mon niveau, plantant son regard abyssal dans le mien.

« Dégage, traître ! Tu méritais ta mort ! » Je crie maintenant, des larmes aux yeux.
L'apparition se penche vers moi, presque assez pour me toucher, son masque humain traversé d'une lueur triste.

« Je voulais te protéger. Je voulais te sauver. Je t'aimais Sei... »

« MENTEUR ! » d'un bond je parviens à me lever, jetant comme des griffes mes mains vers les yeux de l'apparition, qui s'évanouit comme elle est apparue. Je suis en sueur, le souffle court, tremblante. Baku s'est posé à quelques mètres, surpris par mon accès de folie. Je tombe à genoux, et laisse libre court à mes sanglots, mes gants labourant la neige.

« Imbécile… »

Mais alors que je tente de réprimer mes larmes, il me semble être observée. Cette fois, par quelque chose de bien réel...
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  Dim 11 Fév - 21:30
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Léopardus
#510
Un pokémon apparaît !
Il y a effectivement quelque chose de bien réel qui t'observe derrière toi... bien réel, et bien agressif ! C'est un Léopardus qui s'est réveillé un peu plus tôt pour chasser. Il repère ton Hoothoot posé un peu plus loin, puis se glisse avec rapidité et agilité dans l'ombre, pour s'élancer, les griffes sorties, et lui mettre un coup de patte dans le but de le trancher. Lui aussi a faim.


Léopardus engage le combat, et lance Tranche sur ton Hoothoot !  
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  Mar 13 Mar - 18:25
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  Mar 13 Mar - 18:25


Mes yeux encore troublés par les larmes s'écarquillent d'horreur alors que devant moi mon cher Baku reçoit une cruelle lacération alors qu'il tente d'éviter sans succès la violente attaque du félin. Soudain la réalisation de ce qui est en train de se passer m'atteint, et je sors en un instant de ma torpeur hallucinée.

« BAKU! »Hurlé-je d'une voix brisée.

Sorti de nulle part, le pelage clair et touffu sans doute à cause de l'hiver, l'implacable créature se réceptionne lestement sur un muret effondré, alors que Baku blessé volette en pirouettant vers le sol et s'y pose lourdement. Quelques plumes arrachées virevoltent dans la nuit, saisies au passage par le faisceau de ma lampe. Je suis prise d'une inquiétude glaçante. Il n'a pas pu se débarrasser de lui comme ça ! Je me précipite vers mon pokémon, ignorant le danger. Le léopardus me fixe de ses yeux de jade, un regard que je connais bien : celui du prédateur prêt à se jeter sur sa proie en en étudiant les moindres mouvements, calculant avec une inquiétante précision où porter le coup fatal. Le même regard que mon hoothoot avait lancé à ce pauvre marcacrin, mêlé d'une confiance imperturbable. Terrible ironie.

La bête est d'une taille impressionnante, et sous les taches du pelage jouent des muscles saillants qui se déploient à chacun de ses pas au silence assassin. Les crocs effilés dans sa gueule béante se reflètent à la lumière de ma lampe. Il pourrait facilement me démembrer. L'apparition m'a empêché de réaliser qu'il était si proche… Est-ce que j'en étais donc consciente à mon insu ?
Alors pourtant que j'arrive au niveau de Baku, celui-ci s'envole en flèche, pour se mettre hors de portée de son agresseur. Un filet de sang marque déjà d'un lugubre contraste la neige de l'endroit où il s'est presque écrasé. Le léopardus s'approche en tournant autour de nous, calmement, méthodiquement, la queue ondulée mais tenue haute avec ostentation et menace. Dans quelques instants, il sera sur nous, et je sens qu'il jauge l'élan de son prochain assaut. Cet affrontement ne peut pas durer !
Baku se pose péniblement sur une branche de pin, et l'éclat de ses yeux se fait plus intense. Je détourne le regard pour ne pas être moi aussi prise dans son faisceau hypnotique. D'une main, je fouille dans mon sac à la recherche d'une pokéball. Je ne suis pas venu pour ça, mais je ne peux certainement pas courir plus vite qu'un léopardus… Je dois m'en débarrasser d'une façon ou d'une autre.

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Léopardus
#510
Un pokémon apparaît !
Ton Hoothoot se montre plus agile que prévu, et le Léopardus est frustré et déçu qu'il prenne ainsi de la hauteur. L'odeur du sang monte en lui et ne fait qu'aggraver sa faim, il vous fusille tous les deux du regard, et a le réflexe de partir se cacher pour éviter les ondes hypnotisantes. Pourtant, il ne poursuit pas son assaut, du moins, pas pour le moment. Il s'est rendu compte que tu as sorti une Pokéball, et il sait très bien ce qu'est cet objet. Hors de question de risquer sa liberté pour un repas gratuit. Il reste en retrait, observant tes mouvements, méfiant, tout en continuant de garder en vue le Hoothoot, au cas où une ouverture lui permettrait de se jeter dessus


Léopardus reste en retrait et ne fait rien ce tour-ci, se sentant menacé par la Pokéball que tu as sorti.
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  Ven 16 Mar - 21:13
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  Ven 16 Mar - 21:13

Ce léopardus n'est décidément pas un débutant en chasse, et de toute évidence, ce n'est pas la première fois qu'il a eu affaire à des dresseurs. Sa réaction vis-à-vis de ma pokéball le prouve amplement. Ce qui ne présage rien de bon. Pire encore, il a aisément évité l'attaque de Baku, comme s'il l'avait anticipée. La situation est critique. La bête a le temps de son côté, blessé comme ça Baku ne pourra pas rester longtemps à l'abri. J'imagine que c'est la raison pour laquelle elle vient de reprendre un peu de distance. Elle n'est pas pressée. Je dois penser, et vite. Je sens toutefois une forme d'hésitation dans sa prudence, il faut à tout pris que j'en tire parti.
J'éteins ma lampe, non sans m'être assurée (du moins je l'espère) qu'il faudrait plus d'un un saut à mon adversaire pour arriver à ma portée, tentant de me concentrer sur ce que je le distingue dans la pénombre. C'est désespéré, mais j'ai bien une idée en tête. Toujours agenouillée, je fouille la neige autour de moi jusqu'à ce que ma main trouve à tâtons un débris de béton brisé. Je n'aurai qu'une seule tentative, il faudra que ce soit la bonne. Je lève la main pour faire signe à Baku. Dans la nuit noire, je sais qu'il me voit, mais je suis tout aussi certaine que le léopardus suit mes mouvements avec la même attention. Il doit être circonspect vis-à-vis de la soudaine chute de luminosité. Je ne sais pas s'il réalise que je n'y vois pas aussi bien que lui. Peut-être que oui.

Le temps s'écoule, je compte les secondes dans ma tête, mon bras tenu en l'air, la pokéball dans mon autre main. Quand est-ce que la créature va bouger? Mes sens sont en éveil, je me sens attentive au moindre souffle d'air froid, le moindre son, le moindre reflet lumineux qui traverse les branches de la forêt au dessus de moi, toute mon attention tendue vers le prédateur que je devine plus que je ne le vois en face de moi.

«Tiens-bon, Baku... Attends mon signal»
. J'ai essayé de mettre de l'assurance dans ma voix, mais je suis presque certaine que Baku peut en sentir les moindres tremblements et qu'il n'est pas leurré sur mon inquiétude. Je lève un doigt en l'air pour marquer ledit signal. C'est le genre de moment où je ne regrette aucunement mon service militaire avec mon partenaire.

Un râle épuisé me parviens en guise de réponse du haut de la branche. Moi aussi je peux sentir que c'est sa façon de me montrer qu'il est toujours là, et qu'il compte sur moi. Un nouveau petit couinement m'indique que mon pokémon vient d'adopter une position défensive, tentant de se stabiliser. Combien de temps va-t-il pouvoir tenir? Je ne sais même pas exactement avec quelle gravité il a été atteint. Je suis peut-être en train de jauger la situation complètement de travers.

En face, la vile bête a remué au son de ma voix, peut-être surprise dans cette attention focalisée qui nous lie l'une l'autre, comme deux ressorts compressés sur le point d'être relâchés. Je prends une posture que j'essaie de faire aussi intimidante que possible, me dressant de toute ma hauteur, mon bras tenant la pokéball tendu vers le léopardus, comme si je brandissais un tison ardent.
Je perds le fil des secondes, en passant dans ma tête la disposition des lieux. Je fais dos à la forêt, et le léopardus est du côté du bunker, le muret sur lequel il a atterri sur sa gauche, un  pilier effondré sur sa droite, à peu près entre nous deux. Derrière moi à gauche, l'arbre où Baku s'est posé. Quand il attaquera, il ne pourra passer que droit devant, ou par la gauche en contournant le pilier, le muret lui interdisant le passage par la droite.
Je prends une grande inspiration, et du plus fort de mes poumons, pousse le cri le plus strident, aigu et fort dont je suis capable.

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  Sam 17 Mar - 20:16
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Léopardus
#510
Un pokémon apparaît !
La lumière n'est plus. Le Léopardus plante ses griffes dans le sol, se concentrant pour guetter le moindre des sons qui pourrait le guider vers vous. Pourtant, il a cette image de la Pokéball qui ne quitte pas son esprit. Il peut bien avoir faim quelques jours, cela vaut mieux que de devenir l'animal de compagnie d'un humain. Il continue de guetter vos mouvements, et lorsqu'il entend ton cri, il soupire et finit par partir, se disant que vous n'en valez pas la peine finalement.


Léopardus fuit.
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  Mar 20 Mar - 20:17
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  Mar 20 Mar - 20:17

Je guette encore un moment les alentours, m'assurant que le léopardus n'a pas simplement entrepris de me contourner largement. Je dois rester sur mes gardes. Je ne saurais dire combien de temps je reste ainsi immobile, attentive à mon environnement. Ce n'est qu'en entendant le râle épuisé de Baku que je me décide à bouger, alors qu'enfin il relâche sa garde, et se laisse presque tomber au pied du pin. Je me précipite vers mon pokémon blessé, laissant là le bout de béton, et jetant ma pokéball en vrac sur mon sac. Je rallume ma lampe, prenant garde à ne pas éblouir mon hoothoot déjà très affaibli. Je farfouille pour trouver ma bouteille d'eau. Il faut que je nettoie la plaie. Baku se plaint d'un cri faible alors que je soulève les plumes qui recouvrent la lacération laissée par le prédateur. Trois entailles larges et béantes, heureusement pas trop profondes. Les réflexes de mon pokémon lui ont évité une blessure fatale, mais l'attaque était précise et vicieuse, probablement très douloureuse. Les léopardus ne font pas dans l'altruisme ni la pitié.

Je dois d'abord arrêter le saignement, puis éviter toute infection. Je m'agenouille en prenant Baku et en reposant sa tête sur mes jambes, de façon à limiter l'afflux de sang vers la plaie.
Je pense un instant à ma stupidité de ne pas avoir emporté une véritable trousse à pharmacie. Ce n'est pas parce que je suis venue pour des fantominus que je dois pour autant négliger mon environnement. C'est une erreur indigne de moi. Heureusement, je ne suis pas complètement démunie. Je perce un petit trou dans le bouchon de la bouteille d'eau avec l'épingle de mon badge professionnel, nettoyée au préalable avec du désinfectant pour les mains. Je pourrais en appliquer sur la blessure pour la nettoyer, mais ça endommagerait les tissus déjà abîmés et ça serait très douloureux. J'en dilue toutefois une petite quantité dans l'eau de la bouteille, dans une tentative un peu approximative de stériliser l'eau, vu que je n'ai rien pour la faire bouillir. Puis, je presse sur la bouteille pour asperger la plaie avec un flux continu.
Baku piaille en fermant les yeux avec force, visiblement le procédé n'est pas sans douleur.

«Désolée mon petit... » dis-je en serrant les dents comme si c'était moi même qui était en train de souffrir. Je vide la bouteille d'eau, et, heureusement, la plaie semble arrêter de saigner.
Maintenant qu'elle est nettoyée, de l'antiseptique. Heureusement, j'en suis entourée.

«Ne bouge pas.» fis-je en posant délicatement Baku sur mon sac, aussi confortablement que je peux. Puis, ramassant à nouveau un débris de béton, je m'approche de la base du tronc du pin. Un filet du sang de Baku lentement en train de coaguler marque l'écorce. Je cherche un instant avant de trouver ce que je cherche. Des petites boules d'ambre. Je donne quelques coups à l'arbre, libérant la sève qui coule lentement, visqueuse. Parfait. J'en recueille autant que je peux, infligeant encore une blessure au pauvre pin qui n'avait rien demandé. Pas le choix.

Je reviens vers mon pokémon, pour enduire sa blessure du liquide poisseux. Un antiseptique naturel, ça fera l'affaire pour le moment. L'autre avantage, c'est que c'est vaguement collant. Je passe un mouchoir en papier au désinfectant, l'enduit du reste de sève et le colle autour de la plaie, en m'assurant qu'elle peut bien respirer. Puis je rabats les plumes dessus. Elles aideront au maintien du tout.

«Bon, faudra tenir jusqu'à ce qu'on trouve mieux, courage!».

«Merci... Sei.»
Son regard fatigué, mais toujours intense, est posé avec reconnaissance sur moi. Je sens qu'il est épuisé, et le froid mordant n'est d'aucune aide. Il va falloir se mettre à l'abri assez vite. J'hésite à revenir dans le bunker. L'humidité viciée et hostile ne me parait pas exactement le meilleur endroit. J'installe mon hoothoot dans mon blouson, rassemble mes affaires dans mon sac. Il n'y aura pas de train avant beaucoup plus tard demain, et je ne peux pas attendre si longtemps. Ma meilleure chance est de gagner un des petits villages en bordure du parc.

«Dis-moi si ça fait mal», fais-je en caressant doucement la tête de Baku, veillant à ne pas trop le secouer en marchant. Ses aigrettes pendent piteusement, il a vraiment eu une très mauvaise journée. La fatigue m'entoure, lancinante, mais je ne lui céderai pas. Après tout, s'il y a une chose que je suis capable d'endurer, c'est le manque de repos. De toute façon, dans cet état, Baku ne pourrait même pas m'hypnotiser convenablement. Dans ma tête, une pensée se fait obsédante. Je suis liée à ce pokémon. Sans lui, je ne pourrai pas survivre plus de quelques mois avant que mon corps ne s'effondre, détruit par la fatigue. Et pourtant là, c'est moi qui suis garante de sa santé et de sa vie. Nous dépendons profondément l'un de l'autre. Pensivement, les yeux balayant alternativement la boussole et les accidents de terrain de la forêt qui m'entoure, je me mets en route. Un souvenir me revient lentement en tête.

J'avais juste 18 ans, engoncée dans un treillis, 20kg de matériel militaire sur le dos. Peu avant la fin de mon service militaire, et de mon entraînement avec les éclaireurs.

Marc, le sergent, arme au poing, nous attends un peu plus loin sur une corniche. Il fait un temps radieux d'été, mais le vent est frais. Nous sommes dans la chaîne Niffelhienne pour une de nos dernières "grandes marches". Alerion, l'impressionnant roucarnage de guerre de Marc vient se poser à côté de lui dans un nuage de poussière. J'arrive à sa hauteur, trempée de sueur, le souffle rauque. Je suis épuisée. Je lève la main, et Baku, à l'époque encore très avenant et énergique, vient se poser sur mon épaule pour gober un bout de viande séchée que je tire de ma ceinture, alors que je bois un peu d'eau avec économie.

«Alors gamine, ça fait du bien le grand air!» me lance Marc. Il n'a pas l'air fatigué, lui. Il est en parfaite condition physique, le visage endurci de quelqu'un qui passe sa vie dehors, métier comme passion. Je suis un peu sa chouchoute, et j'ai envie de dire heureusement. En tant qu'instructeur, il distille un savant mélange de cassant et de bienveillant, qui en fait dans le fond un supérieur sympa mais avec lequel il vaut mieux filer droit.

«Haaa... haaa... Oui... Sergent». parvins-je à sortir entre deux inspirations à pleins poumons et une gorgée d'eau. J'ai l'impression que l'oxygène est déjà raréfié à cette hauteur, mais il n'en est sans doute encore rien.

«Hop hop hop les autres on se remue les miches! Ramoloss, j'ai déjà vu des troncs d'arbres marcher plus vite que toi!» gueule Marc vers mes camarades qui arrivent en file derrière moi.

«Pardon Sergent j'avais un caillou dans ma botte!» La voix de Rémy, dit Ramoloss, me semble effectivement venir d'assez loin en contrebas. Son cri part dans les aigus de façon un peu ridicule.

«Ben voyons! Si tu te bouges pas, tu vas l'avoir où je pense, le caillou!»

«Oui Sergeeeent» mugit Ramoloss qui sautille pour essayer de nous rattraper un peu plus vite, manquant de se casser la gueule.

Nous faisons une courte pause sur la corniche pour nourrir et désaltérer nos pokémons et consulter la carte. Il nous reste encore une longue traversée jusqu'au coucher du soleil, et autant dire que nous ne sommes pas au bout de nos peines. J'ai eu beau enfiler deux paires de chaussettes, mes pieds me font mal, et je suis presque certaine d'avoir des ampoules sur mes ampoules. Mais la vue en contrebas est à couper le souffle. La montagne est d'un vert émeraude scintillant, et l'air est clair jusqu'à l'horizon. Un soleil intense baigne les vallées, rarement coupé par quelques cumulus épars. Je reçois une petite tape sur l'épaule. Je me retourne vers Gamal, qui est en train de bichonner son braisillon, une femelle un peu bêta qui s'appelle, allez savoir pourquoi, Flèche.
Gamal le bon pote, sans doute le type avec lequel je m'entends le mieux de l'unité. Il a l'air plus vieux que nous, plus rodé, même si en fait il doit avoir au plus 23 ans. A moitié par respect, à moitié pour se foutre de lui, on l'appelle le Cheikh. Il veut se donner des airs, celui qu'on ne surprend plus, le blasé qui en a vu d'autres. Dans le fond il est plutôt coulant, à mon avis.

«Qu'est-ce tu veux, Cheikh?» dis-je sur un ton faussement bourru. Moi aussi, j'ai "forgé" mon caractère, et je pense que chaque éclaireur finit par hériter d'un personnage archétypal, d'un rôle d’opérette en guise de personnalité, pour arrondir les angles et simplifier les interactions sociales. En tant que seule fille d'une unité de jeunes types sanguins, ce n'est pas un mauvais pari que d'être un peu sèche, au cas où.


« Là tout de suite, un bain et un resto étoilé, si tu veux bien. Nan en fait je crois que Flèche a un pépin à son aile, tu peux jeter un oeil?»

Gamal a un accent un peu léger, méditerranéen, je ne saurais pas trop dire d'où et honnêtement je m'en fous. Quand on lui demande d'où il vient, il répond toujours "du sud", et ça s'arrête là.

Je me penche sur son pokémon, qui tient en effet son aile un peu basse, comme si elle était trop lourde. Mauvais signe, ça pourrait être une fracture. Comment faisait-elle pour voler? Je déballe en vitesse mon matos d'infirmerie, et commence à ausculter Flèche. Baku, curieux, tourne autour de la pimbêche rutilante, qui fait tout son possible pour me compliquer la tâche, à remuer en tous sens malgré les ordres (sur un ton de requête courtoise) que lui lance Gamal.
Finalement on dirait une légère entorse. Je bricole une légère attelle en massant l'articulation tant bien que mal avec de l'anti-inflammatoire. Les pokémons de l'unité sont soumis au même rythme que les humains, et l’entraînement est rude pour eux aussi.

«Faudra pas qu'elle fasse la maline, ça a l'air fragilisé». Je me lève en portant dans mes bras la braisillon qui se dépêche de regagner son dresseur dans un trille de mauvaise humeur. Ingrate.

«Merde. Merci Fuji, je te revaudrai ça. », répond Gamal en accueillant Flèche sur son épaule. Le gars, qui est assez grand et plutôt beau gosse malgré la coupe militaire qui ne lui sied pas trop, se met à gâter mon hoothoot avec un peu de viande en guise de remerciement.


Voilà de quand remonte ma dernière expérience concrète de premiers soins en nature. Je me demande où ils en sont, tous. Certainement que Marc a été copieusement promu entre temps et qu'il est encore dans l'armée. Ce type n'a sans doute jamais vécu que pour ce boulot là, et son roucarnage aussi. Pour les autres, c'est plus difficile à dire...
Un petit ravin enneigé me tire soudain de ma rêverie. Loin le jour, l'été, la camaraderie d'alors. Je suis plongée dans l'hiver glacial et hostile de Lignerives, mon propre pokémon blessé, moi même dans un état lamentable, en équilibre sur le fil de la conscience. Alors que je commence à réfléchir à comment franchir l'obstacle sans risquer de faire mal à Baku, il me semble apercevoir une lueur entre les arbres...
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[Capture Solo] L'Empire, du Ponant au Levant
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