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 La chasse à la poisse [Bell]

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  Dim 6 Nov - 22:48


Ce ne sont pas que les pierres du château qui ont attirée Abigaël dans le fameux et sinistre hôtel. Les rumeur, les légendes, les fantômes... L'avaient bien évidemment amenée à s'y intéresser et à venir y loger. L'excitation et la curiosité sont plus fortes que tout, comme on dit. Et la curiosité est un vilain défaut qui apporte les ennuis, dit-on aussi. Ce qui était sûr, c'était que la petite et fine Aby s'y sentait comme un poisson dans l'eau. ces tapis rouge, ces longs corridors, ces pierres grises et humides, le vent qui siffle même à l'intérieur. Le charme parfait du château hanté. La native d'Hoenn comptait bien vérifier si la légende était vraie cette nuit, et c'est avec délice qu'elle s'allongea d'un saut dans le lit de la chambre qu'elle avait réservée, avec même un léger sourire. Un sourire, c'est une perle rare que peu de gens voient. La nuit allait être belle pour elle.

Alors, la brunette échevelée et étourdie attendit de voir les heures passer, Spratt blottie et endormie dans ses bras, dans son pyjama bleu à motifs d'Azurill imprimés dessus. Et les heures passèrent, tranquilles. Mais surtout silencieuses.

Rien, niet, NADA.

Pas de fantôme en vue.

《C'est décevant, quand même. Le lieu était propice pour ça pourtant》

Croyez-le ou non, hasard ou pas, au moment où elle dit ces phrases à voix haute pour elle-même, un immense BOUM fit trembler les murs de sa chambre. Spratt se réveilla et s'envola en sursaut, avec des cris éraillés.

Cela en aurait intimidé plus d'un, mais pas Aby, qui était plutôt ravie. Finalement, c'était pas si mal. Elle allait enfin pouvoir vérifier les racontars de bonne femme. La jeune femme se leva sur la pointe des pieds, attrapa sa Goélise entre ses bras qui était morte de peur et sortit doucement de sa chambre. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant qu'elle n'était pas la seule aventurière intrépide de la nuit et de la peur. Son voisin de chambre avait l'air quand même sacrément moins assuré qu'elle, ceci dit.
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  Ven 11 Nov - 0:42

Ouah, j'ai jamais vu un matelas aussi confortable. Si je m'endormais là-dedans, j'en aurai pour quoi, dix ans de sommeil ? Il faudrait au moins ça pour compenser tout mon temps passé à pioncer dans des lits miteux, trop durs ou trop mous, avec des couvertures trouées et des oreillers déchirés. D'accord, je veux bien croire que je l'ai cherché : j'avais tout ce qu'il me fallait à la maison, et j'aurai facilement pu m'éviter l'étape des squat et des logements à deux pokédollars. Eeeh.. Non. Je suis pas une plante, j'allais pas m'enraciner à un endroit et pousser sous un soleil immuable. Même si mon dos ne me remercie, je trouve que ma vie actuelle n'est pas si mal : je peux me balader là où je veux, jouer quand je le souhaite, et même me payer une chambre d’hôtel ou un verre au bar avec l'argent que j'ai gagné moi-même. C'est quand même mieux que de suivre un chemin tout tracé.

Après, j'ai peut-être pas choisi le meilleur endroit. Enfin, je sais pas ? On m'a raconté qu'il y avait des spectres dans ce manoir, mais si il est aussi prisé, je pense pas qu'ils vont réveiller les clients au beau milieu de la nuit. OK, on est en période creuse et c'est pour ça que j'ai pu avoir une chambre aussi facilement, il y a donc peu de monde qui circule dans les couloirs et, par définition, l'endroit est encore plus propice à l'ambiance film d'horreur.. Sauf que nah, ça se passera pas comme ça. J'ai payé mon lit pour dormir dix ans, alors je vais dormir dix ans. Pour le coup, mes deux pokémons sont bien d'accord avec moi. Mosh s'est couché dans un coin de la chambre et Grunge s'est trouvé un perchoir où somnoler avec son air idiot, mes draps n'attendent plus que moi. Comme j'ai encore un peu de temps devant moi avant de tomber de fatigue, je me met en chemise et j'attrape ma guitare pour ré-accorder tout le bazar.

Est-ce que je vais pouvoir jouer à Glastheim ? Les recettes étaient super dans la ville des étudiants, mais comme pour Impkeep, ça m'étonnerait pas que le public soit moins enthousiaste dans les environs. C'est vrai, quoi ! Il y a que des familles sages, des vieux et des enfants en bas-âge. Comment je suis sensé jouer avec eux ? Tout ce que ces gens font, c'est regarder ma gratte avec un regard végétatif, et filer dès que le son commence à devenir trop violent pour leurs oreilles. M'enfin, j'arrive à chaque fois à agripper un ou deux jeunes dans le lot, ou même des individus lambda mais intéressés, alors avec un peu de chance, je récupérerai de quoi me payer une deuxième nuit. Il fait froid, dans le coin. Je fronce les sourcils. D'ailleurs, où est-ce qu'il est passé, mon médiator ? Je suis certain de l'avoir posé sur la commode de Grunge en entrant dans la chambre, donc il y a aucune chance qu'il ait disparu entre temps. C'est pas possible ça, c'est mon mentor qui me l'a refilé, pas question que je le paume.

Et là, un gros bruit.

Ça a peut-être un lien. Même si, entre nous, ça m'étonnerait un peu.. ? Bah ! Je pose ma guitare dans son étui, et je marche jusqu'à la porte pour jeter un coup d’œil. Ouais, c'est un couloir, quoi. Et puis, je suis pas le seul à avoir été alerté par le bruit : il y a une jeune femme qui, à partir de la chambre voisine, scrute les environs exactement comme je le fais. On s'est d'ailleurs un peu trop avancés, car alors qu'on essaye d'y voir un peu plus clair sur l'origine du son, les portes de nos pièces respectives se claquent dans notre dos et nous laissent là, comme des boulets, au beau milieu du couloir. Les lumières se mettent alors à clignoter à intervalles régulières, jusqu'à laisser percevoir, pendant une demi-seconde, une forme noire tout au bout du couloir.

Je glisse ma main sur la poignée de ma chambre. Merci, mais non merci, je préfère aller me coucher et profiter de ma nuit p-.. QUOI ? Pourquoi c'est verrouillé ? C'est pas un de ces hôtels high-tech où tout est automatisé, pourtant ! On est plutôt dans le style rustique, ici. Qu'est-ce que c'est que ce b-.. Les lumières se remettent à clignoter. Bon, je comprend pas tout, et ça a même le mérite de m'arracher un long soupir, mais plutôt que de rester planté là à ne rien faire, autant prendre les choses en main. Je me tourne vers la jeune femme, qui a étrangement l'air plus joyeuse que de raison.

Hep. Toi aussi, ta porte est fermée à clé ? J'aimerais bien rentrer, moi. Surtout que j'ai perdu un truc important. Tu sais où est l’accueil ? Je suppose qu'ils auront de quoi arranger tout ce bordel.

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  Sam 12 Nov - 12:53


Bon, la porte qui claque, c'était bon ça. C'était le tout premier frisson de l'aventure, et celui-là, Abigaël l'avait sacrément apprécié. Tout comme l'adrénaline qui passait par flux dans son sang, avec un délice non réprimé. Quand les lumières avaient commencé à clignoter, c'était le septième ciel. Toute cette histoire commençait à être sacrément titillante. Il y avait tout un mystère à résoudre, et Aby comptait bien s'y mettre. Quand le verrou de la porte a fait "nope", alors qu'elle vérifiait si elle était ouverte sous la question de son voisin de chambre, ça l'a drôlement fait moins rire intérieurement. Parce que mine de rien, en pyjama sans veste, dans un château en pierres, on se les pelait quand même grave.

Sa joie et son excitation face à la drôle de rumeur sur le château avaient quelque peu fondu. La brunette au chignon ébouriffé, à présent d'un calme plat dans son ton, était tout de même quelque peu soucieuse en se retournant vers l'inconnu blondinet et au style un peu atypique, malgré son air fatigué qui ne semblait que demander la paix. Décidément, il n'avait pas vraiment de bol d'être tombé dans cette galère, surtout avec une personne telle que la native d'Hoenn. D'un ton placide, elle finit par répondre :

« Fermé. L'accueil, faut traverser le couloir pour descendre l'escalier, et c'est en bas. »

Sans attendre plus de mots de son voisin de chambre - qui faisait quand même bien une tête de plus qu'elle alors qu'elle culminait à un respectable mètre soixante-sept -, elle se mit en route, ses pieds nus frissonnant chaque fois un peu plus au contact de la pierre froide. Un silence assourdissant régnait à présent dans l'hôtel, tandis que les lumières continuaient de clignoter. Etaient-ils seuls à séjourner cette nuit ici ? C'était une bien bonne question, et la réponse pouvait être fortement affirmative étant donné la réputation du château. Malgré tout, Aby marchait d'un pas calme et mesuré, avec une Spratt tendue et apeurée dans ses bras et son voisin de chambre sur les talons. Complètement perdue dans ses pensées, alors qu'elle tentait - vainement - de comprendre le mystère de la situation - parce qu'un fantôme c'était sacrément gros et qu'elle n'y croyait pas vraiment -, elle ne pouvait définitivement pas prévoir qu'une des portes des chambres inoccupées qu'ils longeraient dans le couleur s'ouvrirait soudainement devant elle.


SBLAM. EN PLEIN DANS LA TÊTE.


Spratt s'envola avec des cris affolés et des plumes égarées, tandis que Aby titubait de quelques pas en arrière, en tenant son nez qui commençait à saigner violemment sous le coup mastoc qu'elle s'était pris. Haolloran 0, le fantôme farceur 1.

Elle se tourna vers l'inconnu avec un sourire légèrement gêné, et en partie agacé :

« J'ai l'impression qu''il m'aime pas trop. Fais attention où tu marches, il fera peut-être tomber une lampe la prochaine fois. »

SCRATCH.

Une lampe s'écrasa avec nonchalance - comment ça avec nonchalance ? On va dire avec nonchalance, hein, même si une lampe ne peut pas avoir de nonchalance - à côté de lui quelques secondes plus tard.

« Ah, bah, qu'est-ce que je disais. »


Le calme un peu trop tranquille d'Aby et son air un peu étourdi avaient souvent le sale effet d'agacer ou de faire péter un boulon de la colère aux autres. Un peu. Beaucoup, même. C'était peut-être le cas du jeune homme qui n'allait peut-être pas tenir la soirée selon l'état de ses nerfs - bonne chance comme on dit, remercie le narrateur-.
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  Dim 13 Nov - 2:12

Scratch ? Comment ça, sc-...

Et bam. Je suis figé, le regard aussi bloqué que celui de l'inconnue. Je me suis connu plus réactif, et j'aurai sûrement râlé un peu plus si le truc m'était tombé sur la tronche. Nan, la je me contente avec un bout de verre qui a volé TOUT DROIT jusqu'à ma joue, au point de me laisser une petite coupure avec une précision déconcertante. Est-ce que c'est une provocation ? Ouais, je crois que c'est une provocation. Si c'est pas une provocation, je vois pas ce que ça peut être. Je pousse un long soupir, totalement en décalage avec ce qu'il vient de se passer, et tourne doucement la nuque.

Les lumières clignotent de nouveau.

Au bout du couloir, dans l'autre direction, j'aperçois la même forme que précédemment. Et un.. sourire ? Un grand sourire, creepy comme il faut, qui se fond parfaitement dans la pénombre. Sinon, je vois des portes fermées et les lumières vacillantes, encore et toujours et.. Oh. Mon médiator ? Ouais, c'est clairement la bonne couleur ! Donc c'est ce truc qui me l'a pris ? Et qui m'a balancé la lampe sur les pieds ? D'accord. Très bien. Parfait, je dirais même ? Il va pas comprendre ce qui lui arrive : peu importe quel genre de pokémon c'est, je vais pas me gêner pour lui faire un show privé d'exorcisme à ma sauce. Il m'a bien cherché.

Je tourne les talons, plonge la main dans ma poche et attrape un paquet de mouchoirs. J'en tire un et le tend à la fille qui, malgré tout, a eu un peu moins de chance que moi. Je me mord la lèvre. J'ai pas mes pokémons, ça risque d'être compliqué pour aller tabasser du fantôme.. Mais je vais bien trouver une solution, hein ? Je peux toujours embarquer l'inconnue, elle aura peut-être une idée.

Moi c'est Bell.

Je me frotte les yeux et range le paquet dans mon jean.

Je vais m'occuper du spectre. Tu veux venir ?

Ouais, bon, il est dans la direction opposée de l’accueil, mais c'est pas comme si ils allaient changer quoi que ce soit, si ? Surtout qu'à cette heure, je crois pas qu'ils seront si efficaces que ça. La meilleure solution, ça reste de régler le problème de nous même : on cherche le fantôme, on trouve le fantôme et on corrige le fantôme. Fin ! Y'a pas plus simple.

Parce que, comment dire..

Je me racle la gorge.

IL COMMENCE A ME GONFLER QUOI.

J'ai un peu haussé le ton. Les murs se mettent à trembler légèrement, tout comme le sol, les lampes et le mobilier. La lumière s'éteint pour de bon, nous plongeant tous les deux dans l'obscurité. Voilà, c'est la bonne réaction. Finalement, qu'elle le voulait ou non, j'ai embarqué ma camarade improvisée dans ma chasse aux spectres, mais.. Ouais. Elle avait l'air de s'amuser, à la base, elle va pas m'en vouloir. Et puis, de toute façon, c'est pas moi qui ai verrouillé les portes. Tant pis ! J'attrape mon portable et active le flash, le regard dirigé vers le fond du couloir. Ça y est, l'ambiance film d'horreur est là. Je jette un coup d’œil à la jeune femme.

Tu viens ?
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  Lun 14 Nov - 23:17


Bell était sympathique. Ce fut la première chose qui traversa l'esprit de la brunette qui s'épongeait son nez endolori. Non pas qu'elle commençait à s'attacher quelque peu à lui : il était rare qu'elle exprime de l'affection ou quoi que ce soit pour quelqu'un d'autre. Mais le jeune homme avait mérité au moins sa sympathie. Abigaël avait malheureusement parfaitement confiance de ses défauts et la démonstration de poisse successive aurait fait pété un boulon à plus d'un. Ou alors, on se serait moquée copieusement d'elle. Les enfants étaient pour ça quand elle était plus jeune, la moquerie. On l'aurait sermonnée, insultée, tout en lui répétant qu'elle était décidément une incapable. Sa mère savait bien le faire, beaucoup de monde savait être comme cela en réalité. Méchant et mesquin.

Mais pas Bell.

Il avait un calme et une aisance plutôt incroyables, malgré l'air perturbé qu'il semblait avoir au début face à la situation. Aby avait craint qu'il ne soit comme les autres, pendant un instant, mais il s'était révélé plutôt surprenant. Intéressant même. En soi, il lui rappelait quelque peu ce dont elle se souvenait de Ronan. Une gentillesse désintéressé doublée d'une détermination sans failles. C'était l'image qu'il renvoyait à la native d'Hoenn en tout cas. Et la manière dont il s'exprimait était amusante : sans aucun doute, le jeune homme était véritablement atypique.

Lorsque les lumières s'éteignirent à cause du zèle de Bell, Aby se sentit un moment perdue, mais quand le flash de lumière du portable de son voisin de chambre l'éblouit, elle sut à ce moment-là que la partie de chasse avec le drôle de spectre qu'ils avaient aperçu au bout du couloir ne faisait que commencer. Un noir complet, le silence et le froid. L'ambiance était posée. Et lui, il l'attendait, alors qu'il aurait pu très bien la laisser derrière, elle, la maladroite, l'étourdie ou encore l'attrape-poisse.

Alors, la seule chose que la brunette échevelée répondit, ce fut cela, sans pouvoir s'empêcher d'avoir un léger sourire, qui venait certainement de cette joie simple qui avait empli doucement son coeur - et qui tranchait sacrément avec la situation :

« Moi c'est Ross. Euh, Aby. Abigaël. Abigaël Ross Haolloran. Et oui, je viens ! Ce fantôme m'a emplafonné une porte dans la tête sans prévenir, faut que je lui apprenne la politesse ! »


Beaucoup plus de mots que d'habitude sortaient de sa bouche. Etrange sensation, mais pas pour autant désagréable. Parce qu'Abigaël commençait réellement à s'amuser. Et elle n'était pas seule. Alors, elle suivit doucement - tout en épongeant son nez ensanglanté avec une classe certaine et majestueuse - Bell, tandis que Spratt était revenue se percher sur son épaule, largement angoissée par la situation. Le couloir était sombre, et à mesure qu'ils s'éloignaient de l'accueil qu'ils visaient au début dans un silence complet, seulement entrecoupé de quelques chuchotements, un bruit semblait grossir peu à peu.

D'abord indiscernable, il fut bientôt reconnaissable pour leurs pauvres oreilles humaines.

Quelqu'un grattait manifestement les cordes d'une guitare, mais pas d'une manière appropriée dira-t-on... Abigaël sentit ses oreilles et ses tympans gémir en entendant la sérénade sinistre et fausse. Etait-ce le fantôme ou un mélomane désespéré et peu talentueux ? La porte qui claqua à côté d'eux à mesure qu'ils se rapprochaient dans les ténèbres seulement percées par la lampe du porte sembla être une confirmation aux interrogations silencieuses qui agitaient leurs esprits.

La brunette eut un léger rire tandis que Bell se tournait vers elle et sa tête encore marquée par sa rencontre fracassante avec une porte :

« En plus de la politesse, je crois qu'il va avoir besoin de leçons de musique. Spratt peut faire diversion pendant qu'on... »

Les sourcils de la jeune femme se froncèrent, ses grands yeux bleus s'arrondirent tandis qu'elle essayait de se rappeler. Bell avait-il exposé un plan en particulier ? Elle n'arrivait pas à s'en souvenir, comme d'habitude. Mémoire de Magicarpe  ne nous quitte jamais vraiment comme dit le proverbe.

« Euh... Qu'on fait quoi, d'ailleurs ? »

Parce que mis à part prendre des livres ou choper un tapis dans un coin, Aby ne voyait pas trop la solution qu'ils avaient face au fantôme. Spratt pouvait faire diversion, mais cela ne durerait pas longtemps. La native d'Hoenn était légèrement déconfite, même si elle essayait de n'en rien laisser paraître. Elle avait oublié un détail, c'était certain. Un détail important. Mais quoi ?
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  Mar 15 Nov - 0:50

AÏE. On m'attaque avec le décor, on se fiche de moi et maintenant, on m’agresse les oreilles avec une guitare désaccordée ? Je crois que le spectre a pas pigé que je fonde ma motivation sur mon degré d'agacement, car tout ce qu'il fait depuis le début, ça contribue simplement à le rapprocher petit à petit de la rouste que je vais lui coller. Mais, ouais. Aby, je vais l'appeler comme ça, a soulevé un point important : comment est-ce qu'on va se débrouiller pour calmer l'intéressé ? C'est pas que je n'y ai pas pensé, au contraire, mais plus je me creuse la tête, et plus je me dis que l'histoire risque d'être plus compliquée que prévu. Oui, la plupart des spectres sont immatériels et, oui, ça reste des pokémons, donc par définition plus costauds que des humains. Ma camarade a un Goélise, mais est-ce que ça va suffire ? A moins que je sois en compagnie de la championne cachée d'Albion, j'ai quand même un doute.

Bonne question.

Je hausse les épaules.

Y parait que tous les spectres ont une histoire, donc si il est là pour embêter les gens, il y a sûrement un moyen de le calmer.

Je plisse les yeux.

Enfin, je suppose.

Ouais, je suppose. Car j'en sais rien, finalement, c'est peut-être des histoires, tout ça, et il y a des chances qu'on finisse chassés plutôt que chasseurs. Mais pas question d'abandonner, on va trouver une solution : déjà, le plus important est, par définition, d'identifier l'espèce de notre cible. C'est comme ça pour tous les pokémons, hein ? On agit pas de la même façon avec un Passerouge ou avec un Onix, et si on veut une description pokédex approximative et utile de notre copain du soir, l'essentiel est de l'avoir en visuel. Pour ça, quoi de mieux que de suivre le bruit infernal des doigts grattant la corde ? Ça a l'air d'être à deux portes d'ici, de toute façon. On devrait pas mettre trop de temps. Ouais, faisons ça.



On va vérifier l'origine du son, déjà.

Je m'avance, le portable droit devant moi. Aby est toujours là ? Parfait. J'ai une main prise, donc j'ose espérer qu'elle saura réagir si la créature décide de se jeter sur moi pour me bouffer les entrailles. C'est cette porte. Je fais un pas, et je n'ai même pas posé mes doigts sur la poignée que le crissement s'estompe. Je l'ai dérangé ? Bah, on va bien voir ça. Je pousse légèrement l'entrée, pas huilée pour un sou et qui fait d'ailleurs un bruit d'enfer à l'ouverture : le chemin dégagé et la lumière de mon téléphone dévoilent petit à petit, centimètre par centimètre, le sourire sordide d'un Branette collé à une guitare poussiéreuse. Il nous fixe avec l'air le plus creepy que j'ai jamais vu, et même si le Spiritomb de l'autre fois était top niveau, je dois avouer que ce pokémon-là n'est pas en reste. Ses yeux pâles, sa longue rangée de dents jaunâtres et sa peau écorchée suffiraient à donner des cauchemars à un Hypnomade.

Euh..

Donc là, on fait quoi ? On lui règle son compte ? J'avance doucement avec ma camarade, et le fantôme ne bouge pas. Il continue de nous regarder au fond de sa pièce, non loin d'un grand tableau et de deux canapés. Ça a pas l'air d'être une chambre souvent utilisée, si ? C'est pas délabré, mais côté ménage, je crois que même moi j'arriverais à faire mieux. On marche doucement, et BAM. Je sursaute. Je m'y attendais pas, et je n'ai pas quitté le Branette des yeux, mais la porte s'est encore une fois refermée derrière nous. Comment c'est possible, ça ? C'est le premier spectre psycho-kinésiste d'Albion ? Ou alors, je me suis peut-être gouré. Il y a peut-être pas qu'un seul spectre dans les environs.

J'attrape le truc qui me sert de pokédex.

En plantant des aiguilles dans son propre corps, Branette génère de l'énergie permettant de lancer de puissantes malédictions. Au départ, ce Pokémon n'était qu'une malheureuse peluche jetée à la poubelle.

Super.

Donc je résume : on est enfermés dans une chambre miteuse avec cette chose, qu'on a vraisemblablement dérangé dans ses tentatives désastreuses de faire un peu de musique, avec un petit Goélise et nos mimines pour nous défendre. Nah, je vais pas paniquer, mais j'aurai peut-être mieux fais de rester dans ma chambre. Vraiment. Mais mon médiator va pas se retrouver tout seul, hein ? Je balance mon regard un peu partout dans la salle, pendant que j'en ai encore le temps : ça m'a tout l'air d'être une chambre de fille, avec le gros jouet château typique de l'époque, les portraits gros plan accrochés au mur et le coin brosse à cheveux. Eh, c'est peut-être la peluche de la gamine qui vivait ici ?

Elle bouge pas, pour l'instant. Je me demande si il faut pas jouer avec elle, qu'est-ce que t'en pense ?

Ça pourrait se tenir. A voir si elle y croit.

Par contre, désolé pour nous, mais j'ai jamais joué avec une poupée de ma vie.

Bah ouais. Ça aide pas, la théorie des genres.
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  Jeu 17 Nov - 23:08


La jeune femme éternua violemment à cause de la poussière.


Ce qui était triste, c'est qu'Abigaël n'avait pas spécialement aimé jouer aux poupées. Tremper les pieds dans l'eau, ça avait été plus sa tasse de thé, on va dire, même si c'est pas à la même température. Et puis, même une fillette avec un minimum de jugeote et de bon sens n'irait pas essayer de jouer avec ça. Une bouche en fermeture éclair, des yeux rouge brillants et transperçants, et un sourire mi-grimace mi-carnassier qui t'en ferait frissonner plus d'un.

« Uh, d'accord, je vais essayer ! »

N'importe qui aurait pris ça pour de l'inconscience - en soi, ce n'était pas faux, mais ce n'était pas pareil - mais c'était plutôt un brin d'innocence et bien vouloir faire qui poussèrent la jeune femme à s'approcher doucement. Elle s'était sentie plus inutile que tout dans le couloir, avec son nez qui décidait de faire baisser son taux d'hémoglobine et la faire tomber dans les pommes. Bell était véritablement maudit d'être avec elle, mais ce n'était rien comparé au regard épouvantable que leur envoyait le Pokémon spectre.

Et piteusement, la seule chose qu'Aby trouva à lui dire après s'être rapprochée doucement du Pokémon, ce fut ces quelques mots :

« Hum... Euh... Tu veux jouer avec moi ? »

Digne des plus grands films d'horreurs, nous en conviendrons tous. Enfin, avec les cheveux ébouriffés et le léger sourire d'Aby, ça avait quand même quelque chose de mignon, dans son pyjama avec des imprimés d'Azurill en plus. Il se trouve que malgré tout, ça n'a pas vraiment eu l'effet escompté ou attendu. A vrai dire, à ce stade, il serait difficile de savoir si cela s'était aggravé ou si cela s'était simplement empiré. Sachez simplement que les brosses à cheveux qui se trouvaient sur une table devant un miroir ont commencé à flotter.Oui, à flotter. Elles ne se sont malheureusement pas arrêtées là et ont commencé à attaquer les deux jeunes gens : Bell s'en reçut une dans la tête, tandis qu'Aby en évita une in extremis, ce qui ne l'empêcha pas de tomber. Sauf qu'en tombant, elle se raccrocha à un drap. Sauf que ce drap auquel elle s'est accrochée, il a glissé. Et en glissant, ce drap a emporté tout ce qu'il y avait dessus. C'est-à-dire, un sacré paquet de poussière, mais surtout un bon bazar d'objets et de jouets en tous genres qui firent un bruit gargantuesque en tombant par terre.

Entre temps - si cela ne se limitait qu'à cela, ce serait beaucoup trop beau - Spratt avait décidé de sa propre initiative de lancer une attaque Brume, qui emplit la totalité de la pièce. Poussière, spectre, brosses à cheveux volantes et agressives, ainsi qu'une humidité ambiante et une visibilité égale à zéro, c'était le bouquet.

A moitié enterrée sous les objets, complètement catastrophée, les cheveux en pétard, Abigaël était en proie à la panique. Et une panique singulièrement visible sur son visage catastrophée et au ton angoissé qu'elle avait :

« Bell ? BELL ? T'es toujours là, hein ? Tu m'as pas laissée là ? »

Sa seule angoisse était qu'il l'ait abandonnée, tout boulet qu'elle était, mais la brunette n'eut pas le temps d'attendre et d'entendre sa réponse qu'elle sentit quelque chose de froid la recouvrir de la tête aux pieds.

SPLASH.

L'odeur de moisi couvrait un peu tout, mais il n'y avait pas de méprise puisque cela ressemblait à l'eau croupie d'un vieux vase resté inchangé depuis bien longtemps. Tremblante, Abigaël ne pouvait que se remettre difficilement sur ses pieds, tandis qu'elle entendait un rire, un rire mesquin et insipide qui emplissait tout entièrement la pièce. Les brosses continuaient à attaquer avec parcimonie, et il lui sembla entendre le cri de Spratt touchée par l'une d'entre elles.

La native d'Hoenn ne riait plus. Elle ne se perdait plus dans ses pensées, là. Justement parce que ça n'avait rien de drôle, et le fait de ne rien voir n'arrangeait rien à la peur certaine et l'angoisse qui enserraient son coeur. Et plus le rire augmentait, plus elle tremblait. Et plus elle tremblait, plus les larmes montaient peu à peu. Et plus elle était au bord des larmes, plus elle se sentait en colère. Et plus elle se sentait en colère, plus el-

« STOP. TU ARRÊTES ET TU VIENS ME BROSSER LES CHEVEUX »

Et tout se tut d'un coup.
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  Ven 18 Nov - 22:56

Question à mille pokédollars. Où est-ce que je suis ? Je vois plus rien, c'est le noir complet, et même si je veux bien croire que prendre une brosse en plein front m'a un peu désorienté, j'ai pas pu me téléporter pour autant. J'ai même plus mon portable ! Il m'aurait échappé des mains ? C'est pas possible, tout s'est passé trop vite, et c'est devenu un bordel pas possible sans que je puisse faire quoi que ce soit. Si je me souviens bien, j'ai pris l'objet en pleine poire, j'ai reculé instinctivement, j'ai eu l'impression de tomber dans quelque chose de creux et, finalement, un espèce de truc lourd en bois m'a éclaté le pied. Je passe ma main sur mon front, mais j'ai pas l'impression de sentir une bosse. Pareil pour mon dos, qui a malencontreusement heurté le bout de je-ne-sais-quoi dans ma chute, mais qui, aux premiers abords, n'a pas l'air d'avoir tant dégusté que ça.

Et pendant un instant, je sens comme une présence dans mon dos. Qui s'estompe rapidement. Peut-être un frisson ?

Par contre, où elle est, Aby ? Elle doit pas être bien loin, mais comme j'ai la sensation d'être entre quatre planches super closes, je suis pas prêt de la retrouver. En gros, la première étape, c'est de comprendre où je me trouve. C'est pas trop compliqué dans le sens où, juste en face de mon bras droit, il y a une espèce de fissure illuminée par une lumière grisâtre : je me penche à la bonne hauteur, et penche légèrement la tête pour voir au travers.

Woah, c'est pas pratique. Il y a un gros nuage de brume et de poussière qui m'obstrue la vue, mais si j'en crois le gros boum et la scène que j'ai vu avant de tomber, je dois toujours être dans la pièce où nous sommes entrés. Heureusement, la visibilité commence à s'améliorer, jusqu'à ce que je puisse carrément apercevoir des formes depuis ma cachette : elles se précisent doucement, jusqu'à laisser apparaître Aby, trempée de la tête aux pieds, tendrement brossée par la Branette creepy que nous venions de rencontrer.

.. D'accord ?

Je suppose que c'est plus ou moins ce que j'entendais par «Jouer», cela dit, donc je vais pas m'en plaindre. Je laisse échapper une quinte de toux, les poumons harassés par l'environnement peu sanitaire où je me trouve. Faut que je sorte ! C'est limite si j'étouffe pas, là-dedans, et pour le coup, j'aimerais bien comprendre comment j'ai pu me retrouver enfermé alors que, ouais, j'ai juste fais un ou deux pas en arrière pour profiter de ma nouvelle bosse. Peut-être un copain de la poupée ? Ça m'étonnerait pas, car même si la Branette fait aussi peur qu'un Ramolosse après une nuit blanche, je l'ai pas sentie particulièrement agressive quand on l'a rencontré. Peut-être un peu mesquine, mais nah, pas belliqueuse. Qu'est-ce que ça pourrait être, et qu-..

Ouais, bon, on s'en fou. Je prend une grande inspiration, et recule le plus possible avant de me heurter contre la grosse plaque de bois qui me fais face. Je recommence une, deux fois, jusqu'à m'étaler en-dehors de ma cellule, juste à côté d'Aby et de sa nouvelle amie. Oooh. C'était une armoire ! Logique, n'est-ce pas ? C'est tellement habituel de se retrouver piégé dans du mobilier après tout. Mais bon. Je vais pas me plaindre, je suis sorti : j'ai même retrouvé mon portable qui, j'aurai dû m'en douter, était la source de la luminosité qui me permettait de regarder au travers du trou. Comme quoi, tout est bien qui finit bien.

Eh. Désolé, j'ai eu un petit soucis.

La créature des ténèbres tourne lentement sa tête vers moi. M'ouais, elle pourrait rester concentrée sur son travail, je préférerais ne pas avoir à regarder sa tronche d'épouvantail. Néanmoins, elle ne dégage en réalité pas la moindre hostilité, et me semble même passive : elle se contente de brosser, encore et encore, la tête baissée sans oser croiser le regard de la jeune femme. J'ai pas trop entendu ce qu'Aby lui a dit, mais je suppose qu'elle lui a fais une petite démonstration d'autorité ? Peut-être que les poupées sont sensibles à ça.

On dirait que tu t'en es sorti.

J'esquisse un petit sourire.

T'es douée, tu veux pas l'adopter ?

Vu la gueule du truc, ça serait une mauvaise idée, mais faut de tout pour faire un monde. Par contre, j'ai une idée, pour le coup : si elle est amicale avec nous, alors c'est peut-être l'occasion de lui soutirer des informations. Qui ne tente rien n'a rien, comme on dit. Et puis, avec ma camarade qui s'est occupée de tout le sale boulot, je peux quand même essayer de donner du mien pour avancer dans l'enquête. Ouais, c'est la moindre des choses.

Eh, tu saurais pas où se trouve ton copain spectre. Celui qui s'amuse à refermer les portes. Juste comme ça.

Le fantôme s'arrête dans son mouvement. Je l'aurai pas froissé, quand même ? Nah, on dirait pas. Il tourne trèèès doucement la tête vers moi, puis dirige son regard vers l'armoire d'où je viens. Il lève alors son semblant de doigt vers le mobilier, que je m'empresse de reluquer avec un typique air d'incompréhension sur le visage. Qu'est-ce qu'elle a, l'armoire ? J'essaye de suivre son indication, de me mettre sous le bon angle pour pas me tromper, mais c'est bien ça qu'elle pointe du doigt. Étrangement, le meuble en bois me semble tout de suite moins accueillant que précédemment : impossible de voir le fond, et c'est comme si une brume s'en échappait subtilement dans un murmure inaudible. Ouah, ça fait vraiment film d'horreur, pour le coup.

Je regarde Aby.

Tu te sens d'aller là-dedans, toi ?

Bon, c'est sûrement pas une armoire magique ou un truc de téléportation caché, mais il y a bien des chances qu'on trouve une fissure qui nous mène à une partie un peu creepy du château. Ça m'effraie pas vraiment, surtout quand je pense que je vais pouvoir m'occuper de cet enfoiré de.. Ehm. En tout cas, je le vois gros comme une maison ! Le passage secret basique, avec encore plus de mésaventures et encore plus de malchance, et ma camarade qui va finir par regretter d'être venue avec moi dans cette histoire. Elle a pas l'air bénie d'Arceus, mais me connaissant tel que je suis, je dois pas être un cadeau non plus. Haha.

HRP:
 


Dernière édition par Bell Myers le Mer 23 Nov - 22:59, édité 1 fois
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  Mer 23 Nov - 22:48


Je sais pas ce que c'est, mais ça sent quand même sacrément le nid d'Apitrinis à des kilomètres. Du moins, c'était le léger sentiment qui transperçait le coeur de la native d'Hoenn. Une armoire qui n'a soudainement plus de fond, et qui laisse s'échapper des trucs pas très catholiques, avec des incantations à l'air sataniste, ça ne semble pas être un bon plan pour partir sur les plages d'Alola si vous voulez mon avis... Tout de suite, ça semble moins charmant que l'armoire qui mène au monde de Narnia, comme on dit.

La nonchalance avec laquelle Bell était réapparu serait digne d'une scène de comédie, très certainement, avec la tête légèrement vexée que tirait Abigaël, sentant à plein nez l'eau croupie, tandis que la Branette continuait de lui brosser consciencieusement les cheveux. Mais plus comique encore devait être l'expression que tira la jeune femme aux premiers mots que Bell lui avait lancés.

▬ T'es douée, tu veux pas l'adopter ?

A vrai dire, la jeune femme n'y avait jamais réfléchi, et pire encore, elle ne savait pas exactement comment le faire. Et le traumatisme d'un Tentacool déchaîné lui était resté en mémoire, ce qui fait que mis à part Spratt, elle n'avait pas eu d'autre compagnon de voyage. Malgré tout, la Branette avait un air qui lui plaisait bien. Enfin, le seul problème...

-Et euh... Comment je fais ça au juste ? avait-elle murmuré avec un air dépité.

Et puis Bell lui avait dit qu'elle était douée. Mis à part qu'elle avait l'impression de s'être ridiculisée en beauté, c'était clairement le dernier mot auquel la jeune femme s'était attendu pour la qualifier. Le sourire qu'il lui avait lancé était tout aussi sincère et Aby s'était sentie étrangement grandir d'un coup. Elle avait servi à quelque chose, même si la situation avait tourné à un bazar sans nom pendant plusieurs minutes. Plus encore, elle avait réussi quelque chose.

-Uh, non, je suis pas trop tentée à vrai dire... Enfin, après, si toi, tu veux, ça me dérange pas, mais dis-moi d'abord comment je fais pour qu'il arrête de me brosser les cheveux et comment je fais pour euh... L'adopter ?

On va dire que des cheveux trempés à l'eau croupie, brossés pendant quinze bonnes minutes, ça commence à devenir un peu... Embêtant, pour rester poli. La mine gênée et déconfite, Abigaël rajouta en essayant de faire reculer d'une main - gentille mais insistante - le Pokémon spectre :

-On utilise des Pokéballs, euh, je crois, hein... Enfin, j'en ai pas là, donc je vois mal comment il va me suivre... Et tu sais, le gadget que tu avais qui t'a permis d'identifier le Branette... Le truc tout rouge, oui, comme celui qui flotte dans les airs là... C'est quoi au juste... ?

Tandis qu'elle parlait en cherchant ses mots et la pensée divagante, elle n'avait pas remarqué directement qu'effectivement, la petite boîte rouge que Bell avait utilisé flottait dans les airs, tout doucement, avec quelques vagues, au-dessus de l'armoire infernale.

Les deux dresseurs se tournèrent vers la Branette qui semblait toujours absorbée par sa tâche, jetèrent à nouveau un coup d’œil vers le gadget écarlate. On appelle ça "réaliser" dans le jargon courant, que ce n'était vraisemblablement pas le Pokémon spectre qui s'amusait à leur faire de mauvais tours cette fois-ci. Timidement, Abigaël se pencha quelque peu au-dessus de l'armoire pour attraper le boîtier rouge.


Et là, attention, va falloir suivre.


Parce que si Aby n'avait pas fait ça, le boîtier n'aurait peut-être pas soudainement chuté dans l'armoire pour disparaître, que la native d'Hoenn, surprise, n'aurait peut-être pas perdu l'équilibre, essayé de le regagner pendant quelques secondes, pour se raccrocher tant bien que mal à ce qui était le plus proche d'elle, c'est-à-dire Bell, et que, en ne se raccrochant pas au blondin, elle ne lui aurait pas fait perdre l'équilibre à lui aussi, et ils n'auraient pas chuté en poussant un même cri d'horreur quand le vide les aspira.

Et encore, on ne rajoute pas la liste détaillée des affaires de Bell qui sortirent de son sac, et qui s'éparpillèrent en grand concert pour tomber avec eux. Ni la Pokéball qui sortit du sac, ni la Branette qui les suivit d'un air rêveur et aussi parce qu'elle avait perdu les cheveux à portée de m- de patte.


Que la nuit allait être longue, fut certainement la pensée des deux jeunes gens.


Leur passage dans l'armoire ne fut pas long. Oh que non, il fut même très court puisqu'ils atterrirent lourdement et avec beaucoup de bleus dans un endroit exigu, minuscule, poussiéreux et qui sentait salement le détergent. Comment vous expliquer la catastrophe incroyable qu'était l'enchevêtrement, de pieds, de mains, avec ce qui ressemblait à un truc mouillé et humide et des machins non identifiés mais pas très agréables, comme des toiles d'araignées.

Abigaël avait la tête coincée dans un seau, le dos à moitié écrasé par Bell qui devait avoir affaire à de magnifiques spécimens du même genre. En essayant de se relever en gémissant et en grommelant de douleur, une flopée de flacons lui tombèrent en cascades. Il faisait noir, ça sentait pas très bon, et ils n'avaient clairement aucune idée d'où ils étaient, jusqu'à ce que, oh, miracle !

Le portable du blondin  fit tout juste assez de lumière pour leur faire comprendre deux choses : de un, ils étaient dans ce qui semblait être le placard à balais, de deux, ils n'étaient vraisemblablement pas seuls, dans ce fameux placard en balais, étant donné les grands yeux inquiétants qui brillaient dans le dos d'une Aby toujours aveuglée par son magnifique et nouveau couvre-chef. Et donc Bell put remarquer à quel point la brunette a toujours un temps de retard, avec son ton si calme et doux, naturel à celle-ci :

-Uh, Bell ? Je peux rien voir là, c'est normal ? Et tu pourrais arrêter de me baver dans le cou, c'est un peu dégueulasse, quand même.

SBLAM

La Branette atterrit soudainement dans un coin, une Pokéball la suivant de près, prête à rebondir.

Tadam:
 
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  Mer 23 Nov - 23:35

Deux Pokémons apparaissent !
Bell, tu entends un petit cliquetis autour de toi, mais d'où peut-il provenir ? Il se pourrait bien qu'un Trousselin soit à proximité. Néanmoins, un profond malaise vous traverse. Vous êtes soudainement plaqués aux sols. L'obscurité vous entoure, alors que le silence se fait.

Une goutte d'eau tombe. Une autre. La Branette est partie. Le Trousselin tombe au sol, lui aussi. Le portable de Bell s'éteint, en même temps que derrière vous, la porte du placard se referme.

Vous comprenez que ça n'était peut-être pas une bonne idée de venir ici, finalement. Le bruit de l'eau commence à accélérer, alors que vos esprits semblent finalement de plus en plus lourd.

Le vent se met brusquement à souffler fort. Des craquements se mettent à sonner tout autour de vous, alors que vous sentez une présence insoutenable et écrasante se balader autour de vous. Alors que vous cherchez à vous relever, un sifflement strident vous vrille les oreilles.


Un hurlement vous projette en arrière, de là où vous êtes rentrés, dans la pièce désormais complètement plongée dans l'obscurité. Aucune échappatoire. Votre instinct de survie vous informe très clairement que le danger est autour de vous.

Les ombres glissent lentement sur le sol et vous parvenez à apercevoir difficilement une bouche et des yeux. Un rictus menaçant. Vous êtes face une force l'au-delà et celle-ci semble être prête à offrir ce que vous êtes venu chercher ici : les sensations que l'on ressent en côtoyant l'au-delà.

Abigaël, je suis au regret de t'annoncer que tu es désormais la proie d'un ectoplasma chromatique. Celui-ci vous attaque.

           


Qu'allez-vous faire ? Aucune fuite ne semble être possible, alors que le Trousselin, coincé avec vous, semble terrifié...
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  Jeu 1 Déc - 15:30

STOP. J'ai l'impression de me faire balader depuis trois plombes avec tout ce qui arrive, et si il y a un bien un truc que j'aime pas perdre, c'est ma liberté de mouvement. Pour le coup, ouais, c'est pas la meilleure des situations : je me suis fais accuser de baver sur une jeune fille, j'ai été enfermé dans un espèce de placard, j'ai mal au dos, j'ai froid, et je me suis même fais projeter UNE DEUXIÈME FOIS dans la pièce d'où nous venions pour tomber sur.. Un monstre. Un machin pas commode qui s'avance vers nous avec le sourire jusqu'aux oreilles, si tenté qu'il ai des oreilles. Bah ouais, je vois absolument rien dans tout ce foutoir, dans la mesure où j'ai paumé mon portable et mes affaires pendant les montagnes russes et qu'il fait tout noir.

Et j'ai mal au dos. La nouvelle question à trois mille pokédollars : Pourquoi ? Et aussi, qu'est-ce qui me pousse pas à m'inquiéter pour ma collège aventurière ? Tout est lié. C'est simple, on a été projetés vers un mur, je me suis bouffé le mur en premier, et j'ai littéralement servi de coussin amortisseur à Aby. Pratique, sauf pour moi, car à force de me faire mal à chaque pan de mur, je vais finir aussi handicapé de la colonne vertébrale qu'un vieillard centenaire. Et mal au dos, c'est pas très compatible avec la guitare électrique. Qui plus est, horreur fantomatique numéro deux s'approche insidieusement pour nous faire passer un sale quart d'heure, à nous et à.. un Trousselin ? C'est lui le bruit de ferraille qui s'entrechoque depuis un moment ? Le truc fait un boucan pas possible, il tremble dans son coin comme un Magicarpe devant pêcheur Bob et j'ai même l'impression qu'il nous regarde dans les yeux pour implorer notre grâce.

Mais garçon, on est pas plus avancés que toi, c'est même toi le plus apte à se défendre dans les parages.

Bon, pour le coup, on va se faire manger. C'est pas trop mon truc, et j'ai encore un compte à régler avec le voleur de médiator. Et maintenant que j'y pense, et que je peux voir la dentition de plus près, je me dis que ça pourrait bien être lui : j'ai pas tendance à voir un sourire narquois toutes les millisecondes, et celui-ci me rappelle plutôt bien ma vision d'horreur du couloir. Donc pour le moment, on va dire que c'est le voleur. Comme promis, j'ai dis que j'allais m'en occuper, que j'allais moi-même le dresser pour lui apprendre les bonnes matières. Présentement, c'est plutôt ce truc qu'est en passe de m'apprendre à me comporter, mais passons ! J'ai juste besoin d'un plan, et j'ai que cinq secondes pour l'imaginer. Surtout avec Aby qui s'est pas encore décidée à bouger de son tremplin, c'est pas pratique. Je cligne les yeux et prend une bonne inspiration : j'aide ma camarade à se relever, et je me met à mon tour sur mes deux jambes.

OK. Celui-la, je me le fais, c'est pas un spectre lambda qui va me faire peur.

Ouais, je sais bien qu'il est pas commun, mais faut bien se rassurer comme on peut. Et je viens d'avoir une super idée ! Complètement stupide, en réalité, mais j'ai tellement pas mieux que je vais faire avec. Comme je l'avais dans la main juste avant, et que je l'ai rangé dans ma poche, j'ai encore mon pokédex. C'est parti pour les stratégies de folie.

Tu me demandais ce que c'était, nan ? C'est un pokédex, ça sert à enregistrer les données des pokémons que tu captures, avec plus ou moins toutes les informations utiles sur eux. C'est gratuit pour les dresseurs.

Je souris.

Mon plan est en marche. Les pokémons spectres sont faibles aux pokémons ténèbres, ce qui n'est pas leur cas. Je crois bien que j'ai déjà entendu que la plupart des prédateurs des fantômes étaient des ténèbres, justement, donc si je fais le lien, y'a moyen que mon plan d'attaque fonctionne. Au moins, ça va le surprendre, hahaha. Je chope le machin électronique, je met le son à fond et j'appuie sur «Lecture en boucle» pour le cri du pokémon. Et c'est quoi ? Bah c'est Démolosse. Je lance mon outil rouge de façon à le faire glisser jusqu'aux derrière du méchant spectre, et j'attrape vite une pokéball.

Graouh ! Graouh ! Graouh ! Graouh ! Graouh !

EH. Le truc se retourne, il comprend pas ! Comme on dit dans les films, pokéball go.

HRP : Tentative de capture, j'ai 3 pokéballs et des stratégies plutôt swag.
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La chasse à la poisse [Bell]
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