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 Une page à la fois ¤ ft. Chopin

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  Sam 12 Nov - 7:38

Devant moi, une petite créature à quatre pattes marche avec un entrain non dissimulé, sa grosse queue de fourrure dressée bien haut. Le museau allongé, le renard parcoure la ville à la recherche d'odeurs, de saveurs nouvelles. Il se glisse entre les passants, s'éloigne un peu avant de me revenir et de poursuivre son périple, n'hésitant pas à faire sursauter un petit groupe d'enfant entre deux courses effrénées. Il a l'air si heureux, si libre. Il m'inspire. Je devrais faire de même. Je pourrais courir, observer cet endroit avec des yeux d'enfant et m'en émerveiller tout comme lui. À son image, je pourrais m'emmêler les pattes, secouer la truffe et chercher du regard le réconfort d'un dresseur avant de cavaler de plus belle. Je le jure, ce Zorua est un chiot. Une créature innocente malgré la malice, attendrissante par les oeillades qu'elle me lance avec une candeur presque indécente. En retour, je lui offre un sourire doux et replace l'une de mes boucles rouges, la chassant de ma joue d'ivoire. Quand bien même je voudrais pouvoir l'imiter je sais que je ne le peux pas. Ce ne serait pas moi, déjà, et cela me priverait de ma propre perception des lieux. Si Noctis ne voit qu'un gigantesque terrain de jeu, un royaume à découvrir et à parcourir, c'est une toute autre image que dépeignent mes iris turquoise. Cette ville m'est familière alors que je ne la connais pas. Je la devine plus que je l'imagine, une étrange impression de nostalgie guidant mes observations et mes déductions. Même sans leur parler, je comprends les passants. Même sans leur demander, je sais comment ils se sentent.

Fort-de-Flandres partage un passé commun avec Grimecoal, c'est un fait évident. Il suffit de croiser le regard fatigué des doyens, leurs yeux clairs, délavés par le temps. Aucun d'entre eux ne le dira de vive-voix, mais l'on comprend qu'ils ont souffert, qu'ils ont connu des gens qui ont souffert de la fermeture des mines au nord. La différence majeure, entre cet endroit et celui de mon enfance, c'est que la foule est plus variée, plus nuancée. La ville possède d'autres charmes, des attraits touristiques et historiques. Les voyageurs sont agglutinés sur les places publiques, discutant de l'endroit où  ils iront prendre le déjeuner en bataillant avec des brochures claquant au vent. Les enfants ont l'air en santé et la déambulation amène assurément à  croiser l'étal d'un marchand de bijoux ou d'autres produits issus de l'artisanat. Fort-de-Flandres a eu de la chance. J'esquisse un sourire, mes lèvres chargées de carmin se figeant en une expression rêveuse. J'aimerais rapporter un peu d'ici avec moi, le partager avec ceux qui sont restés à la maison, le partager avec tous ceux dont les talons ne claquent par contre le trottoir, tous ceux que la brise n'a pas fait frissonner en se glissant contre une nuque découverte. Le menton plus haut, je commence à fredonner un air, réglant mon pas au rythme de la mesure. Les rouages de mon esprit se mettent en branle et je me fais plus sensible encore à mon environnement, à l'inspiration qui en découle. Si seulement je pouvais capturer l'essence de ces lieux en un son, en une mélodie, quel serait donc le résultat ?

Je ne le saurai pas tout de suite. Noctis s'est attiré des ennuis et revient vers moi en couinant. Je pense qu'il a volé une pâtisserie, un croissant ou autre chose de cet acabit. Je pousse un soupir, m'excusant à la victime qui vocifère contre mon renard à coup d'injures et de blasphèmes. Je le dédommage rapidement et m'éloigne ensuite sans plus attendre, désireuse de poursuivre ma route sans plus d'interruptions. Je lance même un regard de reproches au Zorua, mais il est bien trop fier pour en tenir compte, son butin du jour coincé entre ses dents pointues. Si je ne suis pas libre de déambuler comme je le souhaite et de m'imprégner des lieux jusqu'à plus soif, je dois trouver une autre solution. Je dois me trouver un souvenir à rapporter avec moi. Rien de plus simple, ce n'est pas les vendeurs ambulants qui manquent ici. J'ai repéré de jolies boucles d'oreilles qui pourraient bien me faire, des confitures faites maison par une vénérable dame, des cartes postales et j'en passe. Malgré cette abondance de choix, c'est un chariot un peu en retrait qui attire mon attention. Porteur d'une multitude d'ouvrages d'allures variées, il semblerait que son propriétaire soit pour l'instant absent ou, à tout le moins, hors de mon champ de vision. J'ai toujours trouvé qu'il y avait quelque chose de romantique dans les vieux livres. J'ignore si c'est l'odeur, la reliure qui craque ou simplement la texture des pages épaisses et jaunies, mais c'est irrésistible. La lecture demande du temps, des efforts, un certain engagement. Ce sont des idées qui me font rêver, aussi naïves puissent-elles être.

Curieuse, je plie les genoux et vais jusqu'à poser délicatement l'un d'eux au sol, prenant bien soin de ne pas abîmer mes collants. J'allonge la main et laisse mes doigts effleurer les ouvrages d'un geste aussi léger que mon souffle. J'ignore si j'ai vraiment envie d'en acheter un ou si je ne suis pas simplement en train de m'amouracher de l'idée de me procurer un livre sans jamais le lire. Il n'y a pas de plus grand luxe que celui de posséder des livres que l'on n'a pas lu. On peut les regarder, leur inventer toute une vie, esquisser une fin qui nous est propre et nous interroger sur la vie de l'auteur sans être brimé par la courte biographie ennuyante que personne ne regarde jamais. Tant qu'on ne l'a pas lu tout est encore possible. Je soupire avant de me mordre la lèvre inférieure. Il n'y a bien que moi pour penser à ces livres de cette façon. Sans doute devrais-je simplement passer mon chemin, laisser la chance à quelqu'un qui saura vraiment profiter de l'encre sur les pages. Je n'ai pas encore été accostée par le vendeur ; il n'est pas trop tard pour faire marche arrière. Personne n'est obligé de savoir que j'ai hésité, que j'ai vraiment contemplé l'idée d'acheter l'un de ces volumes. Personne sauf cet inconnu qui approche dans mon angle-mort. Trop tard.
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  Sam 12 Nov - 15:12

Hmm. Trop de bruit. Le passage incessant, les vendeurs de bibelots ventant leur produits régionaux, les enfants s'amusant avec un ponchiot et tous ces touristes. Agglutinés, autours des stands comme une horde d'apitrini autour de la reine prêt à faire claquer leur portefeuille et à balancer des piécettes sur n'importe quel stand. Y compris celui de Chopin. Mon "dresseur". Quelle idée cet imbécile avait encore eu ! "Ce nous fera plus de clients" avait t'il protesté sous mes râles de félin. Plus de clients ? Il faudrait m'expliquer ça un jour. La nécessité de vendre des bouquins à des badauds. Ah ! Chopin, Chopin a tu donc oublié la fortune qui repose dans les banques ? Fortune qui t'es destinée, je te le rappelle. Hélas.... L'humain est un être fait de bêtise et même celui-ci pour lequel j'ai une certaine affection ne comprend pas. Ne ME comprend pas parfaitement. Il ne peut qu'effleurer ma magnificence et la barrière de la langue reste un frein au partage de mon génie incompris. Me voilà réduit, MOI illustre Miaouss à un être promené un peu partout comme tous ces vulgaires pokémons, dire que Chopin veut me faire combattre. Il peut toujours se lécher où je pense. Mais j'ai beau miauler, griffer, me débattre comme le plus violent des félins, il ne me comprend pas....

"Surveille les livres, je vais m'acheter du café." avait t'il simplement dit face à mes miaulement intempestifs, alors que j'essayais simplement de lui faire comprendre que les bruits de cet endroit m'empêchaient de me plonger dans ma sieste de l'heure. O monde cruel ! Empêcher un si beau Miaouss comme moi de dormir quelques-instants. Quelle Folie !

Et voilà qu'une passante s'arrête au niveau de ce fichu charriot débordant de livres. Que dois-je faire ? Lui asséner quelques coups de griffes ou me contenter de feuler ? Et si c'était une voleuse ? Après tout grand bien lui fasse, je n'étais certainement pas concerné par ces histoires. Chopin ne pouvait s'en prendre qu'à lui-meme, je n'ai jamais choisi de quitter le confort du manoir, moi ! D'autant plus qu'a ses cotés batifole joyeusement un drôle de spécimen. Un petit truc noir et poilu, un esclave des humains assurément. Preuve en est, le pokémon marche au sol. Beurk, ne sait-il pas tous les saletés qui draine ? Aucun humain ne me ferait faire ça moi. Les humains me caressent, si je le veux. Ils me nourrissent, si je le demande mais il est hors de question qu'ils me fassent marcher sur un sol si sale. Néanmoins, je dois avouer que la bête me fait frissonner, est-ce mon instinct qui m'ordonne de me terrer sous ses livres ? Sans doute. N'ayez pas croire que c'est pas peur ou par crainte.

Voilà, la femme qui s'accroupit doucement à mon niveau. M'a t'elle vu malgré mes talents de ninja ? Non... Elle se contente de... Caresser les livres ? Mais que fait-elle ? Les humains sont vraiment des êtres étranges. Bien sur, Chopin a déjà eu ce genre d'altitude mais c'est Chopin. Un être à part. C'est d'ailleurs bien pour ça que j'ai accepté à contre-coeur de le suivre. Camouflé sous mon ouvrage, j'en profite pour la détailler quelques-instant. C'est une belle femme, c'est indéniable. J'aime beaucoup ses yeux bleus et l'élégance de son visage. Joli cheveux aussi. Si Chopin était là, il n'y pas à parier qu'il aimerait en faire un poème. Ou une nouvelle ? C'est un être si imprévisible.

Quelques-secondes passe avant que j'aperçoive derrière la jeune femme, Chopin qui revient. La rousse affiche un air étrange. Aha. Prise la main dans le sac chapardeuse ! Mais le libraire qui me sert de dresseur ne lui porte pas d'attention, doucement il se contente de poser son sac sans doute remplies de cartouche de café au sol à quelques centimètres de chariot avant de demander de sa voix grave et inexpressive :

"Bart. Ou es-ce que tu te caches ?"

Je sens mes poils qui se hérissent alors qu'il fouille dans les ouvrages, en renversant certains et en retournant les autres. Comme il enlève ma cachette, je tente de cacher mon désarroi et m'étire fièrement, de mes deux pupilles bleus je fixe avec un certain air de défi la rousse. Oui, j'étais là depuis le début, humaine ! J'ai tout vu de ton comportement étrange. Mais je n'ai pas vraiment le temps de la défier davantage, Chopin m'attrape par la peau du coup et me dépose sur son épaule en me gratifiant de quelques-caresses. Et oui, j'ai ronronné. Pardonnez moi, mais je suis si faible face aux caresses. De mon perchoir, je peux voir Chopin qui plonge son regard fatigué vers la dame et je l'entends dire d'une voix monotone, presque machinalement :

"Bonjour, c'est pour quoi ?"

Mon dresseur est toujours aussi expressif, oui. Son sourire blasé et son ton monocorde, on s'y habitue vite je vous l'assure. Mais voilà que le blond, descend le regard et tombe sur la bête. Tiens un frisson inhabituel. Chopin aurait t'il un lien caché avec la bestiole noire ? Ouah. Cette rencontre le perturbe vraiment, je le vois esquisser un sourire. Pas sincère, je le sens crispé, il me sert d'ailleurs un peu trop. Alors avec toute la grâce et la puissance propre à mon espèce, je bondis sur le toit du chariot et fit mine de faire ma toilette en léchant ma patte. D'ici là, je pourrais tout observer, y compris mon dresseur tentait une plaisanterie :

"Je dois bien avoir Le Belle et la Bête, pour vous et votre Zorua"

N'importe qui aurait vu ici, un simple commerçant tenter d'attirer la bienveillance des clients mais de toute ma grandeur. Je sais. Chopin n'est pas à l'aise, son sourire n'en est pas un... Chopin, Chopin que tente tu donc de dissimuler ?

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  Dim 13 Nov - 3:59

Son arrivée me tire de mes réflexions absurdes, de mon imaginaire trop fertile. Je sursaute un peu, malgré moi, mais ne tarde pas à me refaire une contenance, me redressant tout en lissant les pans de ma sobre robe noire. Le nouvel arrivant ne me porte pas tout de suite attention, me laissant le temps de le détailler à la dérobée, curieuse comme je le suis des gens qui croisent mon chemin. Sa chevelure blonde a des reflets dorés et son visage révèle une certaine fatigue qui me porte à croire que ces livres lui appartiennent bel et bien. N'est-ce pas le portrait même du libraire un peu tête en l'air, le nez taché  de plomb alors qu'il passe ses journées à éplucher des livres ? On n'aurait pas pu trouver mieux dans une production Pokéwoodienne et je parle en connaissance de cause. Enfin, je dois me résigner à reporter mon attention ailleurs puisqu'un nouvel arrivant fait son apparition, dissimulé à mon regard jusque là. C'est un beau spécimen à n'en pas douter et je connais un renard qui est probablement déjà en train de comploter son prochain mauvais coup. Dans l'instant, néanmoins, le marchand a récupéré le félin et s'en suit une petite séance de caresses qui m'arrache un léger sourire. Dans ma curiosité, j'en ai même oublié que je désirais partir, que je ne suis qu'une simple voyeuse qui reste plus longtemps que de raison. L'inconnu a toutefois la gentillesse de me rappeler que je ne me suis pas encore éloignée, me demandant ce pour quoi je suis ici. Gênée, je baisse les yeux en souriant de plus belle, ne redressant mes iris vers lui que lorsque j'ai repris une expression plus neutre, mon regard rehaussé de noir allant se planter dans le sien, sans me formaliser de son énergie neutre et plate. Mes doigts se tortillent un peu entre eux, mais je redresse aussi les épaules, me rattrapant comme je le peux en cette alliance de confiance et de timidité qui me caractérise si bien. Une force délicate, je pense que c'était ça, l'expression qu'il employait.

《 Je ne faisais que regarder les livres, c'est une belle collection. 》

Voilà une réponse bien peu satisfaisante j'en ai peur, mais c'est tout ce que j'ai trouvé à répliquer. Dans ce court moment de silence, je perçois le regard de l'autre qui tombe sur mon camarade, ce dernier s'étant assis à ses pieds pour l'observer à son tour, bien conscient de sa capacité à rendre le jeune homme inconfortable. Je ne sais si c'est quelque chose dans son sourire ou dans ses yeux, mais la façon dont se comporte le jeune homme me rend moi aussi mal à l'aise, instinctivement. J'ai l'impression de ne pas être tout à fait la bienvenue, comme si je venais d'entrer chez lui sans retirer mes bottes, mais qu'il était trop contenu pour me dire de prendre la porte. Serait-ce mes mots qui l'ont déçu ? Peut être n'aime-t-il pas avoir des clients ? Non, voyons, quelle idée  ridicule. C'est forcément autre chose, mais quoi ? Je dois trouver, ne serait-ce que pour mon confort personnel. L'empathie est à la fois mon don et ma malédiction je suppose. Je me mords l'intérieur de la joue pendant qu'il dépose son Pokémon, ne quittant pas le vendeur des yeux en attendant sa réponse. Je suis si concentrée à éplucher mes hypothèses et à élaborer mes théories que je ne porte pas attention à  Noctis qui, de son côté, a trouvé  de quoi s'occuper.

Sans doute encouragé par l'attitude hautaine du chat de maison, le renard s'est approché du chariot à petits pas feutrés, allongeant le cou pour jauger de la distance. Confiant en ses capacités, le Pokémon ténèbres prends son élan et, de ses pattes arrières, se propulse pour rejoindre le félin. Le voilà, tout fier comme un paon, qui s'installe à côté de lui et commence à se lécher la patte à  son tour, sa silhouette se floutant à vue d'oeil. Taquin, il prends l'apparence du Meowth et le nargue en imitant ses gestes, bien fier de sa petite plaisanterie. S'il ne peut s'occuper avec le vendeur, ce sera avec son camarade. Je ne remarque le tout que du coin de l'oeil, la voix monochorde du libraire me rappelant à lui pour la suite de notre conversation. Pas plus assuré que moi, le voilà qui me propose un ouvrage qui a le mérite d'éveiller en moi toutes sortes d'images, de souvenirs et de saveurs. Malgré ce que l'on peut en penser, il s'agit ironiquement de l'une de mes histoires favorites. Certains parleront du syndrome de Stockholm, je me contenterai de dire qu'il faut beaucoup de courage pour traverser les périples de la vie à deux et ne pas s'abandonner l'un l'autre. J'ose croire qu'elle n'est pas restée par simple conditionnement, mais bien par choix, par amour, car il importe de faire des efforts conséquents lorsque l'on veut partager sa vie et que l'aventure ne sera jamais facile. Plus qu'une leçon sur le fait que les apparences soient trompeuses, j'aime me dire que ce conte nous apprends avant tout à nous résigner ; personne n'est parfait, mais cela ne doit pas nous empêcher d'aimer et de nous engager pour le meilleur et pour le pire. Venant de moi ces pensées ont un goût très amer, je dois l'avouer. Je dois trouver une parade contre mes propres réflexions, ne pas me laisser m'enliser dans les événements d'autrefois.

《 Si ce conte m'a apprit quelque chose, c'est qu'il ne faut pas se fier aux apparences. Peut être suis-je la Bête et mon camarade la Belle ? 》


Des mots presque incontrôlés alors que mon regard se voile, voguant toujours sur les flots de mon inspiration impétueuse. C'est tout de même moi qui suis partie, moi qui ait ma part de défauts et qui n'ait pas su rester. Je partage peut être les mêmes airs que la Belle, mais pas la chanson. Je ne suis pas douée de sa vertue et de son dévouement exceptionnel. J'ai quitté le château. Peut-on véritablement m'en blâmer, toutefois ? Je ne saurais le dire, mais je sais que le jeune homme me fait toujours face et que, une fois de plus, j'ai offert une réponse qui n'en est pas une.

《 Navrée, c'était une réponse tout à fait maladroite. J'ai beaucoup d'affection pour cette histoire, il me ferait un grand plaisir d'acheter votre exemplaire. 》

J'ose espérer avoir réparé les pots cassés par ma maladresse, mais je sais qu'il n'oubliera sans doute pas ma rêverie de si tôt. Certes, l'idée qu'il se fait de moi ne m'est pas cruciale et je n'aurai aucun mal à dormir ce soir, mais je n'ai pas envie de causer chez lui un plus grand malaise encore. Mieux, si je pouvais trouver un moyen d'améliorer l'atmosphère je serais certainement preneuse.
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  Jeu 1 Déc - 4:36

J'aime être en hauteur. Littéralement et symboliquement, du haut de mon statut de Miaouss, j'observe le monde et feule sur ces gredins d'humains, ronronnent pour Chopin et pour ces idiots qui me vénèrent. J'aime être en hauteur. De mon perchoir, interactions perdent tous leurs secrets et deviennent de simples jeux où les humains s'entrechoquent, se fracassent, rebondissent. Prenez cette femme par exemple : timidité cachée ? Confiance en soi bridée ? Poupée de porcelaine sous un masque de fer rougi par le feu ? A vrai dire je m'en fiche, elle n'est qu'un grain de café parmi les multiples que consument Chopin, une cliente de plus parmi le défilé. Q'importe sa contenance, qu'importe sa sagesse, ce n'est qu'une humaine qui effleure mon "dresseur". J'aime être en hauteur. De là haut, je vois mon dresseur qui lève les yeux au ciel sous les dires de la rousse. Je devine ses pensées, il sait que c'est une belle collection, c'est la sienne. Tant bien même elle serait hideuse, il l'aimerait autant car ces livres sont des cadeaux. Sa corde sortie, son escalier doré. Et alors que mon dresseur tente une plaisanterie, je vois cette vile créature qui bondit vers moi. Sans doute attiré par mon éclat.

Mais... Mais... Que vois-je ? La boule de poils me grime, ma caricature ? Insupportable culot. Mes feulements pourtant ne semblent pas l'affecter, si j'en avais le courage sans doute aurais-je tenter de le griffer, de le mordre mais cette bestiole me répugne. Caractère trop sauvage, trop taquin, trop immature. Alors dans ma grande bonté, je me contente de me retourner. Après tout, si il veut juste m'admirer grand bien lui fasse, je serais bien impoli de ne pas comprendre son besoin de me respecter. Voilà mon attention qui quitte la bestiole, tout en restant aux aguets pour un potentielle esquive d'une tendresse trop affective ou d'un taquinerie trop physique. Donc, reprenons. Mon attention sur fixe sur mon dresseur et sur la femme bien trop élégante pour posséder une bestiole si poilue.

" Si ce conte m'a apprit quelque chose, c'est qu'il ne faut pas se fier aux apparences. Peut être suis-je la Bête et mon camarade la Belle "

Je vois mon dresseur déglutir. Jetant des regards successifs à la belle rousse puis à le bestiole. M'ignore t'il simplement ? C'est honteux. Blessé dans mon orgueil, me voilà qui étire tous mes muscles et qui m'allongent, snobant royalement l'autre pokémon et les humains. Qu'on m'ignore soit ! Mais n'attendez plus un signe de mon attention donc. Mais mon altitude ne semble pas avertir mon beau Chopin qui se contente de gratter la paume de la main et de répondre avec cet éloignement habituel.

"Croyez moi, j'ai bien appris que ce genre de pokémon est plus bestial qu'on ne peut l'imaginez. Mais j'entends bien vos dires, racontars et légendes. Les morales des contes sont bien belles mais la réalité vraie voudrait que la belle abandonne la bête, la laissant mourrir dans son chagrin. Quant à votre nature, que vous soyez belle ou bête ne me concerne pas vraiment."

Chopin est abrupte. Chopin est terre-à-terre. C'est peut-etre surprenant, blessant voire même rebutant pour quiconque ne le connait pas. Mais du haut de mon statut de seul ami, je sais bien que le l'héritier n'est pas à l'aise. Le voilà qui se déplace et se place derrière son stand et attrape ses capsule de café. Je le vois faire bouillir de l'eau. Je connais son addiction, la pauvre bougre crois encore que sa peine est soluble, que la noirceur du monde est consommable. Mais je dois avouer que même moi de toute ma hauteur je ne saisit pas le souci. Chopin semble déchiré, fouetté, brisé par quelque-chose. Comme si ses plaies s'ouvrait au fur et à mesure, je le vois poser sa main sur sa cicatrice. Avant de fouiller son stand, nerveusement. Trouvez ce livre au plus vite et mettre fin à cet entretien au rapidement, doit y penser.

Mais rien. Choux blanc comme le disent les humains. Dans son agitation de plus en plus grande, je le vois perdre ses repères.

"Attendez... Je vais le trouver. Ou est ce fichu bouquin ?"

Mes poils se hérissent. Comme si la tension créaient tant d'électricité que mon corps affecté supplient mon dresseur de s'arrêter. Mais la machine est lancée. Et alors que l'eau bout, déborde je vois mon dresseur s'agiter, s'agiter, s'agiter, s'agiter, s'agiter et craquer ! D'un geste, il léve son bras et frappe de plein fouet sa petite carriole débordant de livres. Choc. Tremblement. Me voilà qui bascule, tombe au sol soulevant un nuage de poussière. Je ne pense même pas à me plaindre, je ne vois pas la saleté que je soulève et qui tache mon poil. Car mon attention est coincé sur mon beau Chopin complètement défiguré : respiration saccadée, poing levé et corps plié, joues rougissantes et perles de sueur. Le voilà qui hurle, maladroitement, partagée entre la peur, la tristesse, la souffrance et la folie.

"Enlevez cette créature de mon chariot ! Enlevez la tout de suite !"

L'héritier a perdu toute contenance. Son calme apparent a disparu alors que ses yeux yeux révulsés sont coincés sur la bestiole qui ne se rend sans doute pas compte de l'effet qu'elle fait à mon dresseur. Timidement, je m'approche de lui et lui tire le bas du pantalon. Rien. Choux blanc. Je commence à peine à saisir cette histoire de belle et de bête ? Chopin serait donc une bête ou bien juste une belle dont le coeur fut dévoré ? Je ne comprend pas, la limite est si floue. Je ne sais. Je suis tout en bas.

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