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  Dim 2 Sep - 19:57
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  Dim 2 Sep - 19:57

Cela faisait maintenant deux jours que j’avais quitté Valazur en direction de mon village natal. Deux jours de marche et j’allais enfin retrouver ma famille après des mois de séparation. Je n’aurais jamais cru que mes frères et soeurs me manqueraient autant. Bien sûr, partir m’avait permis de rencontrer de nouvelles personnes, de me construire une petite équipe qui allait m’aider pour mon travail à la ferme. Cette aventure m’avait permis de récolter de l’argent pour l’avenir de ma fratrie, mais elle m’avait également fait réfléchir à mon avenir. Travailler à la ferme aux côtés de mon père ? Ce n’était pas vraiment ce que je voulais faire au final. Mais est-ce que je devais vraiment suivre mon rêve ? Est-ce que je devais m’éloigner encore une fois d’eux ? Tant de questions alors que je venais de poser le pied dans le village de Saint-Félix-de-Tournegrin. Il était 9h du matin et tout était déjà en effervescence. Le marché était plein à craquer, des paysans en tout genre criaient et appâtaient les habitués sur leur étales. Je pris une longue bouffée d’air frais. Ici, tout sentait bon. Les fleurs, la nourriture, j’étais bien loin du calvaire d’Elyséa. Je fouillais dans mes poches, il ne me restait pas grand chose. Tout l’argent que j’avais gagné au concours d’Ecremeuh, je l’avais mis de côté. Il me restait quelques Pokédollars, de quoi acheter deux baguettes de pain, tout au plus.

Meumeuh me tira le t-shirt pour me rediriger vers quelque chose d’autre. Finalement, ce fut une seule baguette et deux croissants aux amandes. Après avoir traversé le marché -qui n’était pas si grand que ça, on était après tout dans un village d’à peine plus de 100 habitants-, je continuais ma route vers la ferme Petitpas. Mon coeur battait la chamade. Revenir ici après deux mois tout seul, ça me faisait vraiment bizarre. Est-ce que tout allait être comme avant… ? Est-ce que tout allait être chamboulé ?

« Jé...Jérôme ? »

Je sursautais légèrement, extrait de mes pensées par une voix étrangement familière. Je me retournais en direction du marché. Une femme venait d’en sortir, un panier en osier plein à craquer de fruits et de légumes en tout genre. De long cheveux blonds ondulés. Elle s’était rapproché avec un grand sourire sur le visage puis l’avait tout d’un coup perdu.

« Oh Jérôme, ça faisait tellement longtemps ! Espèce d’abruti, deux mois sans nouvelles, on s’est fait du soucis pour toi ! »

Je vous présente Jessie, ma meilleure amie. Accompagné de sa deuxième phrase, elle me tapa l’arrière du crâne avec une certaine violence. Il faut dire que Jessie n’était pas la fille la plus mince du monde. Elle avait des bonnes formes et une certaine poigne. Je me grattais l’arrière de la tête alors qu’elle enlaçait Meumeuh pour la saluer. « Désolé Jessie, j’eu des problèmes avec l’communication. J’laissé mon portable ici et c’tait l’galère pour en avoir n’autre. » Les excuses acceptés, elle m’invita à boire un coup avant de rentrer chez moi. Personne n’était au courant de mon arrivé, alors que je débarque à 9h ou 10h, cela ne changeait pas grand chose. J’hochais donc la tête. Je pouvais bien prendre une heure pour discuter de tout ce qui s’était passé ici depuis deux mois autour d’un bon chocolat chaud au seul bistrot du village. Louis, le gérant était également heureux de me revoir. « Oh mais si c’serait pas le gamin Petitpas ! Comment tu vas mon grand, j’te sers quoi ? Non attend, comme d’habitude, c’est ça ? » Je me contentais d’hocher la tête en souriant. Certaines choses étaient restées intactes et ça faisait du bien. Je me sentais un peu comme avant. Jessie me parla de ses problèmes de coeur, elle avait d’ailleurs un nouveau copain qu’elle devait “absoooooolument me présenter”. J’en voyais tellement défiler que je savais très bien que je ne devais m’attacher à aucun d’eux. Mais quand elle était amoureuse, Jessie était vraiment passionnée et encore une fois, j’avais l’impression de ne jamais être parti.

11h50. Finalement j’étais resté plus longtemps que prévu. Après avoir longuement parlé avec Jessie, j’avais finalement dû la quitter pour aller à la ferme. Je devais voir mon père et ma mère. Accompagné de Meumeuh et de mes nombreuses Pokéballs, je n’étais pourtant pas très rassuré. Un mélange de joie et de peur. Et s’ils apprenaient qui j’étais réellement ? Cette vie s’arrêterait pour de bon. Je soufflais un bon coup. Je n’étais pas toujours très malin, mais j’avais réussi à le cacher à tout le monde pendant deux mois, je m’étais habitué à chasser sans qu’on me remarque, je pouvais également le faire ici.

Je quittais pas après pas le bourg du village. Il s’étendait ensuite bon nombre de champs et de parcelles cultivées par différents paysans. La ferme Petitpas se trouvait encore à une dizaine de minutes de marche. Au bout de seulement deux, j’entendis un klaxon. Un tracteur venait de s’arrêter à côté de moi. Je levais la main pour saluer l’Oncle André. Ce n’était pas vraiment mon oncle, ni même l’oncle de quelqu’un dans ce village, mais c’était comme ça qu’on l’appelait.

« Eh bah alors Petitpas, on est enfin rentré, hihihihihihi. Allez monte devant, je t’amène ! »

Ce petit rire de fouine si caractéristique et une gentillesse à toute épreuve… Je remerciais l’Oncle André et je me précipitais vers la pelle à l’avant de l’engin. J’aidais Meumeuh à s’asseoir également puis l’oncle André mit en route le tracteur. Il leva la pelle au maximum, comme quand j’étais petit et je fus pris d’un fou rire incontrôlable. J’avais je ne m’étais rendu compte de la chance que j’avais de vivre ici. La bonne humeur et la gentillesse de ceux qui m’entouraient… jamais je ne pourrais vivre ça ailleurs ! Meumeuh posa son sabot sur ma main, elle était heureuse également. Elle allait pouvoir retrouver sa famille, ses frères et soeurs Ecremeuh.

Finalement, j’étais arrivé à la ferme en seulement 5 minutes. Je remerciais une nouvelle fois André avant de m’engager dans le chemin de terre de la ferme. Elle était bordée d’une clôture en bois qui manquait de peinture à certains endroits et un immense portail était ouvert. La voiture de maman n’était pas là, elle était sans doute parti faire les courses accompagné des deux plus petits. Le magasin le plus près se trouvait à un quart d’heure de route et ils seraient sans doute rentré dans peu de temps. Un peu plus loin se dressait ma maison. Elle était ancienne, les pierres apparentes donnaient un certain caché à la bâtisse. Perché sur le rebord de la terrasse, se trouvait l’un de mes Pokémons. Moustache, un Miaouss que j’avais capturé deux semaines plus tôt et que j’avais transféré ici. Le très jeune félin avait déjà bien grandi.

« Moustache ! Qu’est-c’qu’j’suis content d’t’revoir, t’bien grandi. »

Je le gratifiais de plusieurs caresses. S’il était ici, cela voulait dire que les autres Pokémons que j’avais confié à ma famille pendant mon voyage se trouvaient également dans le coin. Cela voulait dire que papa les avait accepté. J’entrais dans la maison sans même frapper. Après tout, j’étais chez moi. Il n’y avait pas un bruit. La plupart des volets étaient fermés pour garder la fraicheur à l’intérieur et cela faisait un bien fou. Je déposais mon sac à dos dans l’entrée, toutes les chambres étaient à l’étage et pour le moment je n’allais pas monter. Je traversais la maison, évitant miraculeusement tous les coins de table, peu visible avec la pénombre générale. Une fois dans le salon, j’ouvrais la grande baie vitrée qui donnait sur la véritable ferme. Un énorme champ qui s’étendait à perte de vue, entouré de bois. Des dizaines d’Ecremeuh et parmis elles, des Pokémons plus atypiques. Un Malosse notamment. Skull était là et il aboyait sur les Ecremeuh pour les regrouper à droite du champ, vers l’une des nombreuses granges. Un peu plus loin… mon père. Un homme grand, à la carrure impressionnante et un ventre proéminent. Il avait enseigné au Malosse comment regrouper les femelles et il s’en sortait vraiment bien. Je descendais les petites marches qui me séparaient de l’herbe. J’étais enfin chez moi. Je fermais les yeux pour mieux apprécier cet instant. Les odeurs, les bruits environnants, l’herbes mi-haute qui me foutait les jambes… Tout était comme avant. Les aboiements du Malosse se firent de plus en plus présents et, lorsque je rouvris les yeux, je pus m’apercevoir qu’il courait vers moi et que mon père avait remarqué ma présence. Je m’accroupissais pour recevoir le petit chiot dans mes bras. Je lui avais vraiment manqué ! En quelques secondes, je fus recouvert de bave et de griffures incontrôlées.

« Oui, oui, c’moi Skull, haha ! T’vas bien mon grand ? »

Mon père aussi s’était rapproché, je m’étais relevé d’un bond lorsqu’il était à porté. Qu’est-ce que je devais faire ? Le saluer ? Le prendre dans mes bras ? Ne rien dire ?

« P’pa. »

« Fiston. »

Très vite, l’air gênés sur nos deux visages disparurent pour laisser place à une joie évidente. Mon père venait de me taper l’épaule et il semblait très heureux que je sois enfin rentré. J’étais soulagé. J’avais peur qu’il prenne mal mon départ précipité vers Elyséa. Je passais mes journées avec lui, à travailler et perdre son plus fidèle associé du jour au lendemain n’avait pas dû lui faire plaisir. Mon père n’était pas au courant de tout ce que je faisais pour mes frères et soeurs. Tout l’argent que j’économisais pour eux. Ce serait un véritable déshonneur pour lui. Ma mère avait sûrement dû lui retourner le cerveau pour lui expliquer que le premier prix du concours annuel de la plus belle Ecremeuh de l’Empire de Kalos ne comportait pas un si gros pactole que ça. C’est d’ailleurs la première chose qu’il me demanda. Comment c’était la capitale ?

« Oh bah t’sais, c’grand. »

Je venais de sortir la phrase la plus bateau du monde, mais au moins ça avait le mérite de l’avoir fait rire un peu. Je pus discuter quelques minutes en tête à tête avec mon père. Il ne m’avait pas clairement dit qu’il était heureux de me revoir, mais ça se voyait à sa manière de parler.

On se tourna en même temps en entendant le moteur d’une voiture. Maman était rentrée et avec elle les deux plus petits. On rentra dans la maison, mon père en premier, puis moi, un peu en retrait. J’allais enfin revoir ma petite Lou, ma m’man chéri et p’tit Einstein.

« P’paaaaaa, c’est à qui ce sac dans l’entréééééeeee ? Aaaaah, doucement Moustache, tu me griffes ! », Lou, la fille la plus sociable que je connaissais. Elle ne pouvait pas s’arrêter de parler. Elle s’était bien attaché aux Pokémons que j’avais ramené de mon voyage. « P’paaaaaa, tu m’entends ? Pourquoi tu dis ri-... Jérôme ?! » « Jérôme ?! » « Jérôme ??!!!! »

Trois voix parfaitement synchronisées. Les trois étaient surpris de me voir ici. Je les saluais d’un petit geste de la main tout en souriant. Lou lâcha brutalement Moustache et les larmes commençaient à lui monter aux yeux. Elle n’arrêtait pas de prononcer mon prénom tout en sanglotant. Finalement elle se mit à courir jusque dans mes bras, elle fit un petit bond pour me sauter dessus et s’accrocher à mon cou. Habitué à ces câlins périlleux, je me tenais prêt à la réceptionner. La petite fille avait légèrement changé. Une nouvelle coupe de cheveux, quelques centimètres en plus, mais toujours ce caractère si mignon.

« Pourquoi t’pleures Lou, t’pas contente d’me revoir ? » Un “si” sanglotant parvenu jusqu’à mes oreilles. « C’sont d’larmes de joie ? » Elle hocha la tête tout en resserrant son étreinte. Ce n’était pas la seule à être heureuse au point de pleurer. Ma mère aussi; bien qu’elle essayait de le cacher. Elle s’approcha en même temps qu’Augustin pour me serrer dans leur bras à leur tour. Je serrais ma petite maman dans mon seul bras libre -l’autre aidant à tenir Lou-. Augustin s’était enroulé autour de ma taille, pas très à l’aise quand il s’agissait de donner de l’affection aux autres.

« J’suis content d’vous revoir tous. »

Sentiment partagé par tout le monde dans cette pièce. Je m’installais à la table à manger entouré des deux petits pour leur raconter tout ce que j’avais véçu ces deux derniers mois. Excluant bien évidemment tous les détails qui me reliait à Nox Oscuras. Ma transformation, quand j’avais aidé Azazel a cacher une statue, quand j’avais moi-même tué quelqu’un dans un hôpital et tous les confrères que j’avais rencontré… Je fis également sortir tous mes Pokémons. Une dizaine. Cela faisait pas mal d’animation dans la maison. Mon père leva les yeux au ciel, intérieurement il espérait que ce soit les derniers que je ramène. La ferme était grande, mais on allait devoir nourrir plus de bouches. L’Evoli que j’avais capturé venait de sauter sur la table et il se fit directement happer par Lou qui le serra fort dans ses bras.

« Moi j’adore ma p’tite Lyly ! »
« Mais… c’t’un mâle, Lou. »
« J’sais… normalement c’est Lyros, c’Augustin qui à choisi. Mais pour moi, c’Lyly ! »

Je regardais le pauvre Evoli, il soupirait. Il n’aimait pas vraiment ce surnom, ça le décrédibilisait un peu trop. On commença à manger tous les cinq, les deux plus grands de la fratrie arriveraient plus tard dans la journée. Et je devais bien avouer que la cuisine de maman m’avait terriblement manqué. Ca n’avait rien à voir avec toute la malbouffe que j’avais mangé pendant ces deux derniers mois. Des boites de conserves froides pour le premier mois, chauffés lorsque j’avais enfin capturé un Pokémon feu. La plupart du temps j’achetais les choses les moins chères et pas forcément de meilleures qualité. Alors là, manger une simple quiche au fromage, j’étais l’enfant le plus heureux du monde. J’avais avalé ma part d’une traite et je m’étais resservi sans attendre que tout le monde ai terminé.

« C’délicieux m’man. »

« On dirait qu’t’es transformé en bête sauvage, ralentit un peu l’cadence t’vas t’étouffer ! »

C’est presque ce que je fis en entendant les mots “bête sauvage”. J’avais oublié l’espace de quelques minutes ce que j’étais devenu et ce genre de lacune pourrait me coûter la vie. Je forçais un sourire en continuant mon repas, cette fois-ci plus doucement pour ne gêner personne.

La suite de la journée se déroula sans réel problème, je rattrapais le temps perdu avec ma petite soeur, puis, les deux plus grands rentrèrent enfin. Florent et Valentine. La famille Petitpas au grand complet. La joie que je ressentais à ce moment… j’aurais aimé que tout reste comme ça pour toujours.

Malheureusement, cacher mon secret n’avait pas été facile, surtout pendant les deux semaines qui suivirent. Je ne compte plus le nombre de fois où quelqu’un de mon entourage à failli voir ma marque. La première fois ce fut le soir même, alors que je prenais ma douche. Une douche brûlante. Lou était rentrée comme une furie dans la petite pièce pour me demander de lui lire un livre.

« Mais Lou, t’pourrais attendre qu’j’sorte d’la salle d’bain... » Je m’étais enroulé dans le rideau qui protégeait les éclaboussures d’eau. La jeune fille sautillait sur place, impatiente. « Oui, oui, j’arrive ! Laisse moi l’temps d’m’habiller. »

Problème, je ne dormais jamais en t-shirt mais il était hasardeux de se promener sans haut en sachant l’emplacement de cette fichue marque… D’un côté j’étais chanceux, la probabilité que mes proches la voie étaient très minces, mais d’un autre, j’aurais préféré qu’elle soit ailleurs, dans un endroit vraiment invisible. En plus de cacher ma marque, je devais régulièrement me nourrir et je ne pouvais pas faire ça n’importe comment. Je ne pouvais pas tout simplement ponctionner l’énergie des Ecremeuh de la ferme, elles me connaissaient toutes et si elles avaient peur de moi du jour au lendemain, P’pa allait se douter de quelque chose. Je devais donc aller plus loin, chasser des Pokémons sauvages dans les bois qui entouraient la ferme. Toutes les deux nuits, pour ne pas devenir incontrôlable. Une fois que j’avais repris le rythme et que je me sentais prêt à vivre pleinement ma vie ici, malgré cette malédiction, les idées que j’avais de partir et d’ouvrir mon élevage s’étaient évaporées. Je ne voulais pas repartir maintenant que j’avais trouvé ce qui me faisait vraiment me lever le matin. Ce n’était pas pour chasser et satisfaire Yveltal, non, c’était pour voir tous ces visages souriants. J’avais repris ma petite vie, je refaisais des concours d’Ecremeuh, je m’occupais de la ferme avec mon père et Florent le week-end. J’avais même amené mes frères et soeurs à la mer au début du mois d’août, pendant trois jours.



Et c’est lorsqu’on rentra finalement à la ferme que tout bascula.
On était en milieu d’après midi et cela faisait trois jours que je ne m’étais pas nourri. Autant dire que je ne me sentais pas très bien et j’avais prétexté un mal de tête anodin. Puis j’étais parti dans la forêt en pleine après-midi, je devais obligatoirement me nourrir de quelque chose. Skull à mes côtés, il me surveillait pour que j’évite d’ôter la vie à des Pokémons. Sur le passage j’arrachais quelques fleurs, les transformant rapidement en poussière. Il n’y avait pas beaucoup d’énergie dans les végétaux et trois jours sans énergie, c’était un véritable supplice. Aspirer l’énergie des fleurs dans ce cas là, c’était comme donner un biscuit à un affamé toutes les trois minutes, le supplice était insoutenable. Je me jetais presque sur le premier Pokémon sauvage que je voyais. Un pauvre Aspicot sans défense. Quelques éclairs rougêatre et l’instant d’après, l’Aspicot avait pris la fuite. Je me sentais beaucoup mieux.

« J...Jérôme ? C’tait quoi ça ? »

Je me figeais sur place. Avant de me tourner lentement. Florent et Lou m’avaient suivi dans les bois. Les deux restaient en retrait, choqués de ce qui venait de se passer. Je ne savais pas quoi dire. Ils m’avaient vu. Ils savaient ce que j’étais. Je fis un pas en avant. « Je... »

Mais c’était trop tard, ils venaient de prendre la fuite en direction de la ferme. J’avais l’impression que mon coeur allait exploser. Un mois de bonheur qui venait d’être réduit à néant. Je m’étais mis à courir en direction de la ferme, je voulais leur expliquer, les raisonner. Leur dire que tout ça n’était pas grave, que je n’allais jamais leur faire de mal. Mais c’était trop tard. Florent était beaucoup plus sportif que moi et, même en tenant une Lou pleurnichante dans ses bras, le jeune homme de 20 ans avait relié le chemin qui menait à notre domicile en moins de temps que moi. Devant la grande baie vitrée, P’pa se tenait là et Florent, terrifié, me pointait du doigt.

« P’pa, c’pas c’que t’crois, j’t’assure. »

Je m’avançais doucement, les mains en avant. Je ne voulais pas leur faire de mal. Mais mon père, peu diplomate, balança un premier coup de poing. Celui-là je ne l’avais pas volé. Il avait crié à mon frère et ma soeur de rentrer dans la maison.

« P’pa, laisse moi t’expliquer, j’pas voulu l’devenir... »

Un autre coup. Cette fois-ci dans le ventre. Je me tordais de douleur. Derrière la baie vitrée, Meumeuh tapait de toutes ses forces avec son sabot, elle voulait sortir, me venir en aide une énième fois. Mes frères et soeurs regardaient la scène sans rien faire. Ils avaient peur, c’était bien normal. La première à sortir fut M’man. Florent venait de leur raconter ce qu’ils avaient vu et bien que je sois un monstre maintenant, ma mère ne pouvait se résigner à laisser mon père me tuer. Car c’est ce qu’il aurait fait si personne ne serait intervenu. Il me souleva par le t-shirt mais me relâcha bien vite lorsqu’il aperçut la marque noire. Tout ça était vrai et bien réel. Ce qu’il avait lu dans les journaux ou vu à la télé. Son fils était un membre d’une secte.

« P’pa, j’t’en supplie, laisse-moi t’dire-.. »
« Non, j’veux pas d’ça chez moi ! Jamais ! Prends t’bagages et va-t-en. Jamais j’laisserai un d’mes enfants rentrer dans une maudite secte ! »

Il ne me laissa même pas le temps de m’exprimer, de dire un mot. Il me traîna dans ma chambre par le t-shirt, me jeta mon sac à dos dessus. Il rassembla les Pokéballs de tous mes Pokémons. Il n’allait pas nourrir plus de bouche par ma faute. Mais c’était de la folie de partir sur les routes avec une dizaine de Pokémons ! Je n’allais jamais pouvoir m’occuper de tout le monde ! J’avais beau le supplier, lui dire que je ne voulais pas, il ne voulait rien entendre. Je me tournais alors vers ma mère. Elle tenait Lou dans ses bras. Je ne voulais pas être séparé d’eux à nouveau. « M’man, écoute-moi ! » Alors qu’elle semblait prête à m’écouter, mon père se dressa devant moi.

« N’essaye pas d’manipuler ta mère ! »

Et encore une fois il me traîna, cette fois-ci jusqu’à la sortie. Alors que d’un simple contact j’aurais pu pétrifier cet homme, sous l’effet de la colère, j’aurais peut-être pu le faire lâcher, j’étais beaucoup trop triste pour ça. Mon monde venait de s'effondrer en un instant.

« Sache qu’à partir d’ce jour, t’n’es plus l’bienvenue ici. »

Mon père rentra à l’intérieur et barra la route à ma mère. Elle voulait me dire quelque chose, mais je n’avais rien entendu. La porte claqua et je me retrouvais de nouveau seul, accompagné de Meumeuh. Je respirais bruyamment, mon coeur était serré et je n’arrivais pas à réfléchir. Je venais de commettre la plus grosse connerie de mon existence. Je venais de perdre ma famille et tout ça à cause de ce foutu Yveltal. J’avais honte de moi, honte que mon père ne me considère plus comme l’un de ses enfants. Je n’avais pas d’autre choix que de prendre la fuite. Pour le moment, je courais pour aller nulle part, sans aucun but. Je voulais seulement partir loin et le plus vite possible. Je pleurais, je ne pouvais pas me retenir. Plus jamais je ne pourrais vivre comme avant, plus jamais je n’allais les revoir…

Quelques heures plus tard, je me retrouvais perdu dans un autre village. Je ne connaissais personne ici et personne ne me connaissait. Personne ne viendrait me voir et me demander ce qui n’allait pas. Tant mieux. Assis par terre, aux côtés de Meumeuh, je me lamentais sur mon sort. Mon père allait appeler la police, me déclarer à l’Empire et j’allais être chasser partout, où que j’aille. Ma vie était foutu. Alors que je me trouvais dans un endroit desert, je fis sortir mes 10 Pokémons. Ma vie peut-être, mais la leur. Ils avaient encore du potentiel, ils pouvaient retrouver des nouveaux dresseurs ou repartir à l’état sauvage. Je leur expliquais la situation et je terminais mon monologue par une phrase qui me déchira le coeur.

« J’vous libère tous, partez maint’nant. »

Je me recroquevillais sur moi-même. J’adorais ma petite équipe et c’était justement pour eux que je faisais ça. Mais ils ne semblaient pas du même avis que moi. Randy, mon Roucarnage me donna un violent coup d’aile. Il ne comptait pas partir. Les autres hochèrent négativement la tête. Eux non plus. J’avais beau leur répéter que j’allais être recherché et que leur vie allait être en danger, mes 9 autres compagnons ne voulaient rien entendre. Ils avaient décidé de me suivre malgré ce risque depuis le début.

« Merci v’tous... mais v’serez prévenu, à partir d’aujourd’hui, la vie s’ra loin d’être facile... »

Comme un signe divin, mon portable se mit alors à vibrer. Un message de… ma mère ? Je m’empressais de l’ouvrir.

Jérôme. Désolé pour le comportement de ton père. Tu n’as pas eu le temps de m’expliquer ce qui t’étais arrivé mais je sais que tu es un garçon bien et je sais au fond de moi que tu n’as pas choisi de devenir… ça. Je vais faire mon possible pour que ton secret soit bien gardé. Ce sera dur de convaincre ton père mais si jamais des rumeurs courent que la famille Petitpas est une traitre à l’Empire, tu te doutes de ce qui va se passer… Ne t’inquiète pas pour Lou, elle va bien également. J’essayerai de te recontacter bientôt, mais il ne faut surtout pas que ton père le sache. Ne me réponds pas, je t’aime Jérôme.

Je serrais le petit combiné contre ma poitrine. Savoir qu’une personne de ma famille m’aimait encore sur cette terre me réchauffait le coeur. Mais pour le moment, je n’avais nulle part où aller, pas d’argent, rien à manger pour moi, ni pour mes 10 Pokémons. La cuisine de m’man me manquait déjà. Je soupirais longuement avant de mettre mes mains dans mes poches. Tiens ? Un papier était passé à la machine à laver. Une petite boule sèche, je l’avais déplié mais l’encre était totalement effacé. Je jetais un coup d’oeil à mon pantalon. C’est celui que j’avais quand j’étais parti à Elyséa. C’est donc celui que j’avais quand j’avais rencontré pas mal de personne. Et l’une d’elle m’avait donné un papier… Mais oui ! Sonaka ! Il m’avait donné l’emplacement où vivait les gens comme moi. Les autres Nox étaient à Dun Scaith ! Mon coeur se pinça. Allez vivre là-bas voulait dire que je renonçais réellement à mon ancienne vie.

J’inspirais profondément avant d’évacuer tout l’air que j’avais dans les poumons. Je n’avais pas le choix. Je ne pouvais pas offrir une vie aussi misérable à mes Pokémons. Je ne pouvais pas me lamenter sur mon sort non plus.



 
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